Neuf-quinze – Ah, maudit conducteur russe éméché … / Mort du PDG de Total dans un accident en Russie

 neuf-quinze@arretsurimages.eu 21/10/2014
Notre pote Christophe  (de Total)
09h15 – Le savait-on ? La France entière a brutalement perdu un copain, un bon pote, atypique, fraternel, truculent, pas chichiteux, toujours prêt pour une bonne partie de rigolade jusqu’au bout de la nuit. Sacré Christophe ! Parler de Christophe, à des oligarques russes ou chinois, ou à des émirs du Golfe, et c’était la franche marrade assurée, la fraternisation immédiate, à l’évocation de la moustache, la fameuse moustache, la big moustache, une moustache taillée sur mesure pour le Barthes des mythologies, icône à elle toute seule de tous les atypismes, de toutes les transgressions. Dans le civil, PDG de Total, c’est dire s’il en avait, des bonnes histoires à raconter, sur les patrons et les ministres, surtout les ministres, ces culs serrés qui ne veulent pas entendre parler de gaz de schiste. Ah, maudit conducteur russe éméché, de la maudite dé neigeuse de l’aéroport de Moscou.
De l’éloge funèbre des radios du matin à Christophe de Margerie, on dégagera donc, au doigt mouillé, les statistiques suivantes. Première occurrence : il était sympa. Variantes : il tutoyait les journalistes (Lefébure, France Inter), il entrainait les copains dans des beuveries jusqu’à pas d’heure dans les troquets de Davos et d’ailleurs (Stéphane Richard, PDG d’Orange, RTL), il aimait le whisky, les blagues, il était respectueux du personnel (salarié, France Inter). Deuxième occurrence, ex-aequo : c’était un grand Français (Manuel Valls, Laurence Parisot). Il croyait à la France, qu’on pouvait y faire des choses, bien des choses. Et si Total payait si peu d’impôts en France, c’est la faute, qu’on se le dise, à la législation internationale.
915canal cde mplayer_l_75496Troisième occurrence : pour que son entreprise soit aimée (« on est des hommes comme les autres, on fonctionne aussi à l’affectif », Stéphane Richard), il n’hésitait pas à payer de sa personne. Prime spéciale à l’anecdote de la Miss Météo du Grand journal de Canal+ qui, en sous-vêtements, s’était barbouillée de mazout devant lui, un jour de marée noire, « sans qu’il quitte le plateau ». Quant au reste, au rôle de l’extraction pétrolière dans le réchauffement climatique, aux efforts (ou pas) de Total dans la transition énergétique, et autres questions secondaires, il en sera question une autre fois.
Daniel Schneidermann
Le Monde 21 octobre 2014 : Mort du PDG de Total dans un accident en Russie
PDG de Total, Christophe de Margerie, a trouvé la mort lundi dans l’accident de son jet privé au décollage de l’aéroport Vnoukovo de Moscou, ont annoncé de concert la porte-parole de l’aéroport russe et le géant pétrolier.
« Le groupe Total confirme avec une grande émotion et une profonde tristesse que son président-directeur général Christophe de Margerie est décédé cette nuit peu après 22h (heure de Paris) dans un accident d’avion, à l’aéroport de Vnoukovo de Moscou, à la suite d’une collision avec un engin de déneigement », a annoncé Total dans un communiqué.
Le jet privé du PDG est entré en collision avec une déneigeuse, dont le conducteur était ivre, affirme l’AFP. Le groupe pétrolier, deuxième plus grosse société du CAC 40, a précisé que « tous les occupants de l’avion [avaient] trouvé la mort, dont les trois membres d’équipage et Christophe de Margerie. Les premières pensées de la direction et des employés du groupe Total vont à l’épouse, aux enfants et aux proches de Christophe de Margerie ainsi qu’aux familles des quatre autres victimes », a ajouté Total.
Reconnaissable à sa moustache, Christophe de Margerie, âgé de 63 ans, était entré chez Total en 1974 et avait par la suite gravi tous les échelons du groupe. Il occupait la fonction de PDG depuis 2010 et a souvent été présenté par son prédécesseur, Thierry Desmarest, comme « M. Moyen-Orient », une région dont il a eu la charge dans les années 1990. Pour prendre sa succession à la tête du géant pétrolier, les noms de deux dauphins internes sont évoqués, Philippe Boisseau et Patrick Pouyanné
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La méditation laïque, antidote à notre époque effrénée

Du magazine Clés – octobre 2014 – Philippe Jost

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Les psys la prescrivent contre l’anxiété, le stress, la dépression, et les médecins reconnaissent ses effets sur la santé. Hors de toute croyance, la méditation est plus facile à pratiquer qu’on l’imagine. Pourquoi ça marche ? Comment s’y mettre ? Enquêtes et conseils.
La méditation de « pleine conscience » consiste à ramener son attention sur l’instant présent. Elle a des effets positifs avérés sur le mental, mais aussi sur la santé. Quelques minutes de pratique régulière suffisent pour ressentir ses bienfaits.
D’une voix monocorde, le coach entame sa leçon de méditation. « Laissez filer vos pensées. Ne tentez pas de les retenir. Observez ce qui se passe en vous. Sans jugement. » J’essaie depuis une demi-heure, mais je n’arrive pas à chasser une pensée qui revient comme une mouche s’interposer entre moi et le nirvana : qu’est-ce que je fais là ? Je suis assis en tailleur sur un coussin, les yeux mi-clos, dans le studio du centre Qee, temple branché du bien-être parisien, avec une douzaine de personnes, la plupart de jolies femmes en jogging, et c’est déjà suffisamment difficile de ne pas me focaliser sur cette idée. Je m’efforce de me concentrer sur le va-et-vient de ma respiration, puis sur mes sensations corporelles, même si ces dernières ont tendance à irradier en fourmillements dans ma jambe gauche, puis dans la droite, et bientôt dans mon dos.
Je finis par apprivoiser un peu « les chevaux indisciplinés du mental », comme disent les sages zen. En dérive, comme quand on laisse son bateau aller au gré des vents, j’essaie d’entrer en relation avec l’instant présent. Et mon esprit, curieusement, parvient à se calmer. Je me sens apaisé. Pas longtemps, car j’ai soudain cette illumination : je ferais bien de me mettre à la méditation. Si j’en crois les dernières découvertes en neurosciences, ses adeptes ont sur moi un avantage certain : ils vont probablement me survivre de quelques années grâce à un système immunitaire plus fort, une meilleure gestion du stress et un vieillissement cellulaire ralenti. Ils seront aussi plus sereins, se connaîtront mieux et leurs relations avec les autres en seront améliorées. Bref, ils seront en meilleure santé et sans doute plus heureux.
« Les bienfaits de la méditation ne sont pas réservés aux initiés, dit Christian Gicquel, le coach de Qee. L’idée n’est pas de souffrir le martyre deux heures par jour en position du lotus, mais de s’octroyer régulièrement, dans la posture que l’on peut tenir, un quart d’heure de sérénité. Méditer revient à offrir à son esprit les soins que l’on prodigue d’habitude à son corps : une douche pour le purifier, un peu de gym pour l’entretenir, un massage pour le relaxer… »
J’ai souvent « médité » sur le temps, en me demandant pourquoi les années passent si vite, mais je n’avais jamais pratiqué « la méditation ». J’étais plutôt circonspect devant l’enthousiasme des people : Gwyneth Paltrow, Yannick Noah, Clint Eastwood, Jennifer Aniston, Richard Gere, David Lynch et j’en passe, qui déclinent ses bienfaits à longueur d’interviews. Intrigué quand même par l’ampleur du phénomène : 20 millions de pratiquants aux États-Unis selon le quotidien « USA Today ». Deux fois plus qu’il y a dix ans. 20 à 30 % d’adeptes supplémentaires chaque année en France depuis cinq ans, dont 60 % de femmes, selon l’association ADM. Etonné surtout par l’intérêt croissant des scientifiques et des médecins pour une de ses versions, la mindfulness ou « pleine conscience », une méditation laïque qui est en train de conquérir le monde.
Du mal de dos au mal de vivre
Depuis deux mille six cents ans, la pleine conscience est décrite par les bouddhistes comme la voie directe pour dissiper souffrances et insatisfactions. A la fin des années 1960, Jon Kabat-Zinn étudie le zen auprès d’un maître coréen, Seung Sahn. Convaincu de l’efficacité de ces pratiques, il cherche à les rendre « acceptables » par l’Occident. La solution : supprimer l’aspect religieux et l’intégrer à un protocole de soins rigoureux. Docteur en biologie moléculaire et diplômé du prestigieux MIT, il met au point sa méthode, la mindfulness, en s’inspirant du zen, du yoga et du vipassana (« comprendre la vraie nature de la réalité », en sanscrit) pour lutter contre les états anxieux, les douleurs chroniques et les émotions destructrices associées aux maladies cardio-vasculaires, au sida et au cancer. Baptisée MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction, « réduction du stress basée sur la pleine conscience »), la technique s’avère si efficace que sa prescription s’étend au traitement des chocs postopératoires, du syndrome post-traumatique et de l’hyperactivité des enfants. Ce n’est pas surprenant : 60 % des visites chez le médecin sont liées au stress. La méditation est bientôt prescrite contre les phobies, l’insomnie, les maux de tête, le mal de dos et plus généralement le mal de vivre. Avec d’autres techniques proches, comme la MBCT (Mindfulness-Based Cognitive Therapy) développée à Toronto par le docteur Zindel Segal, on réussit à réduire de 50 % les risques de rechute dans la dépression chez les patients ayant subi au moins deux épisodes pathologiques (lire p. 48).
« Le succès de la pleine conscience s’explique par son efficacité thérapeutique, dit Jon Kabat-Zinn, mais aussi par l’approche adoptée pour l’enseigner : on l’associe à une écoute profonde et chaleureuse des patients, bien trop rare dans nos centres médicaux surchargés. » Antidote contre un monde trop pressé ou besoin de spiritualité, la pratique a en tout cas conquis l’Amérique. Employée dans 250 hôpitaux et cliniques, elle est enseignée dans certaines écoles, dans les universités de Yale, Columbia, Harvard, et même à l’académie militaire de West Point où on l’a rebaptisée « la voie du samouraï ». Il existe aussi des programmes pour couples, pour futures mères. D’autres enseignent l’art de « manger en pleine conscience » pour garder la ligne, et on la prescrit parfois pour remplacer le Viagra. Des prisons la proposent aux détenus et aux gardiens, et on trouve des salles de méditation dans les aéroports, à côté des chapelles et des aires de wifi. 
Le plus étonnant est qu’elle séduit le monde du business. Cadres suractifs, ingénieurs, traders, avocats, participent à des retraites pour réduire leur stress et insuffler de la conscience dans leur travail ou leur vie. Chez Yahoo, IBM, Cisco, Hugues Aircraft, on démarre désormais la journée assis en tailleur sur son zafu. Chez Apple, les employés du siège de Cupertino disposent d’une salle de méditation où ils peuvent se rendre une demi-heure par jour, encouragés par la direction. Même rituel chez Google : depuis 2007, on y organise des séminaires « Cherchez en vous-même ». « La technologie nous conduit à réagir de plus en plus vite, dit Chade-Meng Tan, l’initiateur du programme pour Google. Nous devons nous adapter aux nouvelles façons de travailler et la méditation est la voie idéale. Nous avons ici des ingénieurs au QI très élevé. Ils ne se laissent pas bluffer. Quand vous leur parlez des bienfaits de la méditation, ils répondent : “Prouvez-le !” Mais une fois qu’ils pratiquent, beaucoup deviennent accros. La méditation leur donne une clarté et un calme étonnants, vu le niveau de tension et d’anxiété de ce genre de travail. Ils se trouvent plus en forme, moins sensibles à la pression, plus aptes à se concentrer et à écouter. Ils changent jusqu’à leur façon de répondre aux e-mails “en pleine conscience”, en tenant compte de l’impact de leurs messages sur autrui. »
Une modification de la structure du cerveau
Aurait-on enfin découvert la méthode idéale pour mieux vivre avec soi et les autres – et en meilleure santé ? J’interroge de nouveau Jon Kabat-Zinn. « Peut-être, répond-il de sa voix douce et apaisante. Nos recherches ont montré que huit semaines de méditation en pleine conscience, à raison de 30 minutes par jour, suffisent pour que le cerveau mette en place des mécanismes réparateurs et préventifs qui font baisser la tension artérielle et chuter le stress. Mais pas seulement. Une étude montre qu’elle renforce l’action de la lampe à ultraviolets sur le psoriasis : ceux qui méditent pendant les séances guérissent quatre fois plus vite que les autres. Une autre étude a été menée chez des patients qui risquent des attaques cérébrales parce que leurs artères sont remplies d’athéromes. Les plaques de cholestérol ont commencé à fondre après six mois de méditation : celle-ci réduit la sécrétion de cortisol et d’adrénaline, responsables de l’accumulation d’athéromes. Une autre étude montre que les femmes qui méditent ont des niveaux plus élevés de cellules immunitaires contre les tumeurs du sein. »
Plus de 600 études scientifiques valident les effets de la méditation sur la santé. A Berkeley, Princeton ou Harvard, les neurobiologistes ont lancé des recherches, d’abord sur les cerveaux surentraînés de moines et de lamas bouddhistes, puis sur des novices. Les résultats sont si époustouflants qu’on commence à parler des « neurosciences contemplatives ». Une étude de l’Hôpital général du Massachusetts a démontré que la matière grise de 20 personnes méditant 40 minutes par jour était plus épaisse de 5 % que celle de non-méditants. Conclusion – prudente – des chercheurs : la méditation pourrait ralentir l’amincissement qui se produit naturellement avec l’âge de cette fine zone corticale abritant la prise de décision, l’attention et la mémoire. Cette étude a été réalisée sur des quidams de la région de Boston. « Une démonstration, dit le Dr Sara Lazar, directrice de l’étude, qu’il n’est nul besoin de méditer toute la journée pour modifier la structure même de son cerveau. »
En un mot comme en mille, prendre le temps, dans nos vies surbookées, de vivre l’instant présent, en pleine conscience, semble être une activité plus que salutaire.
Fabienne Verdier /Peintre et calligraphe
“La plénitude active du cercle m’attire comme un aimant”
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« Terrorisme » à géométrie variable

Le Monde Diplomatique – 19 octobre 2014 – Alain Gresh
« Une guerre mondiale contre le terrorisme » : c’est le mot d’ordre de la communauté internationale. Depuis treize ans, cette guerre a abouti à une augmentation de la violence dans la région, et au chaos. Cette fois, la campagne rassemble à peu près tous les pays du monde, des Etats-Unis à l’Arabie saoudite, de la France à la Chine, de la Russie à l’Egypte, du Qatar au Maroc. Le seul problème est que personne n’est d’accord sur les objectifs de cette guerre, ni sur ce que recouvre ce mot — « terrorisme ». Je l’ai écrit souvent, dès le début de ce blog en 2006, le « terrorisme » est un concept vide de sens.
Lire « “Guerre contre le terrorisme”, acte III », Le Monde diplomatique, octobre 2014, en kiosques.Nous en avons eu ces derniers jours deux confirmations. Le premier au Kurdistan syrien. Les Etats-Unis ont confirmé qu’ils coordonnaient leurs bombardements sur Kobané, la ville attaquée par l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), avec les combattants locaux. Comme le confirme Radio France Internationale (RFI), le 17 octobre (« Les Américains rencontrent les Kurdes, tout en ménageant Ankara ») : « La porte-parole du département d’Etat a pour sa part révélé que les Américains avaient eu à Paris leurs premiers contacts directs avec des Syriens kurdes, représentant le Parti de l’union démocratique (PYD), dont une milice combat actuellement les intégristes à Kobané. Le problème est que ce parti se rapproche, à la faveur des récents événements, du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, ennemi juré de la Turquie. » Ce que l’article ne dit pas, c’est que le PYD, comme le PKK, est classé par Washington et Bruxelles sur la liste des organisations terroristes. Ainsi donc, l’Occident peut avoir une coordination militaire avec des organisations terroristes. Quant au régime turc, qui ces dernières semaines a changé sa politique à l’égard des Kurdes, il avait lui-même ouvert une négociation avec les « terroristes » du PKK il y a deux ans.

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Autre exemple — en dehors de la région qui nous occupe —, le Nigeria. On a entendu, depuis des mois, parler des exactions de Boko Haram [1], notamment l’enlèvement de jeunes filles, mais aussi des massacres de villageois. Or RFI annonce, le 18 octobre, un cessez-le-feu entre les autorités nigérianes et Boko Haram sous l’égide du Tchad : « Les deux parties ont accepté le principe d’un règlement de leur différend par le dialogue et convenu de poser des actes de bonne volonté. »
« Selon Ndjamena, poursuit l’article, “la récente libération des otages chinois et camerounais et l’annonce d’un cessez-le-feu constituent la concrétisation de ces engagements”. Les pourparlers, d’après les Tchadiens, ont “prévu également la libération par Boko Haram des jeunes filles enlevées à Chibok et celles de certains partisans de ce groupe détenus dans les prisons nigérianes”. Mais les modalités de ces libérations doivent encore être décidées. » Il serait donc possible de discuter avec cette organisation que les médias occidentaux ont présenté, depuis des mois, comme la quintessence du mal. Bien sûr, nul ne sait si le dialogue aboutira, mais le gouvernement a en tout cas décidé que c’était la voie à suivre.
Le danger, avec ce terme de « terrorisme, “à dimension variable” », c’est qu’il empêche la réflexion politique et donc toute stratégie efficace [2].
imagesLire Jacques Derrida, « Qu’est-ce que le terrorisme ? », Le Monde diplomatique, février 2004.Quelques mois avant sa disparition en octobre 2004, il y a tout juste dix ans, le philosophe français Jacques Derrida rencontrait l’Allemand Jürgen Habermas pour penser le « concept » du 11-Septembre. Leur dialogue philosophique, retranscrit dans les colonnes du Monde diplomatique, mérite d’être (re)lu aujourd’hui [3] : « La terreur organisée, provoquée, instrumentalisée, en quoi diffère-t-elle de cette peur que toute une tradition, de Hobbes à Schmitt et même à Benjamin, tient pour la condition de l’autorité de la loi et de l’exercice souverain du pouvoir, pour la condition du politique même et de l’Etat ? »
Notes[1] Lire Alain Vicky, « Aux origines de la secte Boko Haram, Le Monde diplomatique, avril 2012.[2] Lire Alexis Varende, « Du bon usage du mot “terrorisme” et de quelques autres termes », Orient XXI, 14 octobre 2014.[3] Lire « Symptômes du 11-Septembre », par Giovanna Borradori.
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Bulgarie : Les clients de la CCB, quatrième banque du pays, ont leur argent bloqué !

Les moutons enragés – 20/10/14 – Benji
La quatrième banque de Bulgarie a bloqué l’argent de ses clients qui ne peuvent plus retirer un centime. En France, la banque postale déjà sacrément plombée par la Dexia (vous savez, la banque des prêts toxiques protégée par la BCE et le gouvernement français…) est placée en « surveillance négative » par Fitch, agence de notation dont nous pouvons réellement douter de la fiabilité puisqu’elle monte et dégrade les notes en fonction des intérêts étasuniens.
Et dans le même temps, sûrement un hasard, la Banque d’Angleterre a vu son système informatique victime d’un krash, empêchant tout virement…2014-10-20_17h16_53
La crise ukrainienne menace la fourniture de gaz russe à la Bulgarie cet hiver, alors que le pays n’a pas d’alternatives pour se chauffer et faire fonctionner ses entreprises. L’Union européenne a suspendu le paiement de centaines de millions d’euros de fonds européens pour cause d’irrégularités dans les marchés publics.
Comme le rapporte Le Monde :
Massés devant la Banque centrale de Bulgarie, à Sofia, ils avaient juré de bloquer le bon déroulement des élections législatives si leur banque ne rouvrait pas ses portes avant le 5 octobre, date du scrutin. Les petits épargnants de la Corporate Commercial Bank (CCB) ont échoué. Leurs comptes restent bloqués dans les coffres de la quatrième banque du pays depuis la mystérieuse panique qui a mis à terre l’établissement, en juin. Selon le site d’information bulgare Novinite, entre 200 000 et 500 000 particuliers mais aussi collectivités et organisations publiques sont concernés.
Pour les clients en colère, dont nombre de retraités alléchés par les rendements mirobolants offerts par la CCB, l’Europe représente un maigre espoir. En septembre, la Commission européenne a mis le pays en demeure au nom de la défense des épargnants. Mercredi 15 octobre, Sofia a dû s’expliquer. Rumen Porozhanov, ministre de l’économie par intérim, jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé, a promis que les épargnants seraient remboursés à partir de novembre à hauteur de la garantie en vigueur dans l’Union européenne : 196 000 leva (100 000 euros).
Mais les clients de la CCB n’ont pas confiance. Et restent furieux. Ils redoutent que l’État les rembourse en obligations, et non en cash. « nous n’allons pas remettre la main sur nos dépôts rapidement »
http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/10/16/bulgarie-colere-des-clients-de-la-banque-ccb_4507324_3214.html
Hors comme le note Charles SANNAT, cette garanti des dépots à hauteur de 100 000 euros est un mythe total, impossible à mettre en place (le fond de garanti s’élève à 2 milliards …) , les clients concernés craignent d’être remboursés en « obligations » 
Un petit article du Monde sur les clients en colère d’une banque en Bulgarie, oh rien de grave, juste des gens ruinés et pas contents, ce qui est assez normal.
En effet, « leurs comptes restent bloqués dans les coffres de la quatrième banque du pays depuis la mystérieuse panique qui a mis à terre l’établissement, en juin. Selon le site d’information bulgare Novinite, entre 200 000 et 500 000 particuliers mais aussi collectivités et organisations publiques sont concernés ».
Bon, pour le moment, les gens n’ont toujours pas vu la couleur du concept de « dépôt garantis ». Eh oui, là-bas c’est comme ici, c’est l’Europe et normalement les dépôts sont garantis jusqu’à 100 000 euros sauf quand l’État censé vous donner cet argent ne l’a pas non plus évidemment… Alors l’Europe peut se rouler par terre, pour le moment et depuis plusieurs mois les clients ne voient rien venir.
Cela doit vous permettre de prendre conscience que la garantie des dépôts est un mythe… Un mythe pas inutile dans la mesure où il est censé rassurer les gens, éviter les paniques et donc précipiter les faillites bancaires. Alors certes c’est une bien belle histoire, comme le père Noël, mais vous être désormais de grands enfants, inutile de croire que des pays en faillite puissent, en cas de gros problème, venir rembourser 100 000 euros par personne dans les banques.
L’agence de notation Fitch Ratings a annoncé vendredi qu’elle plaçait La Banque Postale sous « surveillance négative ».
bouger-avec-poste-L-1Une décision qui laisse présager une prochaine dégradation de la note de l’établissement, qui reste pour l’heure à « A+ ». Fitch avait déjà revu à la baisse en juillet dernier la perspective de la banque publique française, passée de « stable » à « négative ».Ce passage à une surveillance négative intervient dans la foulée du placement sous surveillance négative de la France, intervenu mardi. L’agence considère que si la note de la France devait être dégradée, cela diminuerait sa capacité à soutenir le secteur bancaire. Or, La Banque Postale appartenant à l’État, elle est forcément plus dépendante des financements publics que les autres établissements bancaires français.
http://www.cbanque.com/actu/48086/fitch-place-la-banque-postale-sous-surveillance-negative
Article complet sur Metatv.org
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France générosités – Dons des Français

afrance_generositesLes dons aux grandes associations et fondations ont progressé en 2013, mais se sont tassés au premier semestre 2014, a rapporté jeudi le syndicat professionnel France générosités.
En 2013, le don moyen par chèque a progressé de 4,1 %, pour atteindre 59,7 euros.
Par prélèvement automatique, il a crû de 1,5 %, pour s’élever à 12,7 euros, et le montant moyen pour un don en ligne a connu une hausse de 7,5 %, à 95 euros

adons internet.

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Le Placide – intervention de mamie Nova

Le Placide

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Zemmour l’imposteur – Sébastien Lafargue ce journaliste de la rédaction de France 2 a réussi là où Caron, Salamé, Bourdin et les autres, vedettes de la profession, ont échoué : Les mensonges démontés

Nouvel Obs – 17-10-2014 Par Bruno Roger-Petit Chroniqueur politique
 Une leçon de journalisme pour Ruquier et Taddeï : La leçon donnée par Sébastien Lafargue dans le 20h de Pujadas pèse lourd, très lourd, tant elle est accablante pour Ruquier, Taddeï et tous ceux qui ont fait divertissement avec Zemmour, en toute irresponsabilité, ces derniers jours.
Sur France 2, le 20h de Pujadas démonte les mensonges de Zemmour: une leçon de journalisme
LE PLUS. Éric Zemmour n’hésite pas à prendre ses distances avec les faits. Mardi 13 octobre, le 20h de France 2 a démonté les mensonges sur l’immigration contenus dans « Le suicide français », le dernier livre du polémiste. Une leçon de journalisme à montrer dans les écoles et aux vedettes de télé qui l’affrontent sans connaitre leurs dossiers, estime notre chroniqueur Bruno Roger-Petit.
Connaissez vous Sébastien Lafargue ? Non. Et pourtant, ce journaliste de la rédaction de France 2 a réussi là où Caron, Salamé, Bourdin et les autres, vedettes de la profession, ont échoué. Il a mis en pièces, en moins de deux minutes, les mensonges d’Éric Zemmour sur l’immigration.
 Sébastien Lafargue, encore ni vu, ni connu, a révélé au grand jour l’imposture de l’auteur du « Suicide français », qui est d’abord et avant tout le meurtrier de la vérité.  Oui, incroyable. Le 20h de France 2 a dépecé Éric Zemmour. Et ses ignobles mensonges avec. Dispersé façon puzzle le polémiste. Ventilé. Correctionné. Les faits rien que les faits.
 Et tout cela par un journaliste qui n’est pas chroniqueur vedette dans une émission d’infotainment, ou animateur collectionneur de rouges-bruns pour plateau télé. Un journaliste. Rien qu’un journaliste. Du journalisme. Rien que du journalisme. Et pour une fois, France 2 digne de France 2.
Trois mensonges démontés admirablement
 On a souvent ici critiqué l’information à la sauce Pujadas sur France 2 pour ne pas manquer de saluer ce qui mérite de l’être, en regrettant de ne pas en avoir plus souvent l’occasion.
 Donc, Sébastien Lafargue a réussi là où Caron, Salamé, Ruquier, Bourdin et tant d’autres, confrontés à Zemmour ces derniers jours, ont échoué. Il a démonté les mensonges délirants d’Éric Zemmour sur l’immigration. En deux minutes. Preuves et spécialistes à l’appui (à voir sur ce lien, à partir de 29’29).
 Démontage du mensonge en trois exemples.
  1. Il n’y a pas 12 millions d’étrangers en France
 Zemmour claironne partout qu’il y existe une étude de l’Insee révélant que la France compte 12 millions d’étrangers (5 millions d’adultes, parents de 7 millions d’enfants).
 Cette « donnée » lui sert à construire la peur du « grand remplacement », théorie en mode David Vincent facho-parano que Zemmour emprunte à l’écrivain Renaud Camus, et qui vise à expliquer que les Français vont être remplacés sur leur sol par des envahisseurs. Discours de la haine et de la peur, c’est un grand classique de Zemmour, qu’il a repris sans être contredit dans l’émission « Ce soir ou jamais », vendredi dernier.
 France 2 est allée interroger l’un des auteurs de l’étude, Fabrice Lenglart, de l’Insee. A priori, il est effectivement mieux placé que Zemmour pour savoir ce qu’il a lui-même rédigé. Question simple :
 « Y a-t-il 12 millions d’étrangers en France ? »
 Réponse toute aussi simple : « Non, il y a 3.7 millions d’étrangers en France ».
 Et un mensonge de démonté. Un.
  1. Il n’y a pas 7 millions d’enfants étrangers de moins de 4 ans
 Mieux encore, face à Aymeric Caron, dans « On n’est pas couché », Zemmour a proféré un autre mensonge : il existe en France 7 millions d’enfants étrangers âgés de moins de 4 ans qui ne sont pas français jusqu’à l’âge de 18 ans.
 Mensonge destiné à susciter crainte, rejet et haine, une nouvelle fois révoqué en quelques secondes par Fabrice Lenglart de l’Insee. Il y a 800.000 naissances en France par an, par conséquent, le nombre d’enfants de moins de 4 ans en France est de 3.2 millions, le tout en comptant tous les enfants nés en France.
 Et deux mensonges de démontés. Deux.
  1. Seuls 13% des mariages concernent un Français et un étranger
 Toujours mieux : lors de sa dernière intervention sur RMC, face à Jean-Jacques Bourdin, Éric Zemmour a encore délivré un énorme mensonge. À l’en croire, « un tiers des mariages en France sont avec des étrangers, 90.000 sur 270.000 ! »
Une nouvelle fois, Fabrice Lenglart de l’Insee remet Zemmour à sa place de plus gros menteur que Jean-Marie et Marine réunis. Il est prononcé 200.000 mariages par an en France, et seuls 13% d’entre eux concernent un citoyen français et un citoyen étranger, soient 26.000, bien loin des 90.000 avancés par Zemmour.
Et trois mensonges de démontés. Trois.
 Conclusion de l’enquête : Sébastien Lafargue indique qu’il a tenté de joindre Eric Zemmour pour obtenir quelques éclaircissement sur ses chiffres et conclusions, mais que le message est resté sans réponse.  On se demande encore pourquoi. Zemmour se serait-il dégonflé ? Redouterait-il davantage un journaliste travailleur et accrocheur de France 2 plutôt que le grand Jean-Jacques Bourdin de RMC ?
 Zemmour use et abuse de la liberté d’expression qu’il revendique
 De cette séquence, trois leçons sont à tirer.
 D’abord qu’Eric Zemmour ment de manière éhontée. Que ses mensonges sont énormes. Qu’il ment de manière pathologique. Qu’il dupe les téléspectateurs, les auditeurs et les pauvres lecteurs qui achètent son dernier livre. Qu’il est urgent de le faire savoir. Que l’enquête de Sébastien Lafargue mérite d’être décrétée d’utilité publique et de bénéficier d’un maximum de viralité sur le net.
Ensuite, qu’il est incroyable de constater que pas un de ceux qui ont eu Zemmour face à eux ces derniers jours, en dépit de leur posture « Vous allez voir ce que vous allez voir », n’ont réussi à démonter de manière aussi incontestable et irréfragable les mensonges de Zemmour. Ni Caron, ni Salamé, ni Bourdin, ni Attali, ni Autain, ni personne. Eric Brunet étant hors concours, pour des raisons évidentes…
 Dans « On n’est pas couché », Aymeric Caron a bien essayé de démonter les mensonges zemmouriens sur l’immigration, mais le direct, la confrontation, le caractère infotainment de l’émission et la redoutable tactique du déni propre à Zemmour ont montré les limites de l’exercice. Soit la preuve que pour démonter un mensonge, il ne faut pas être confronté au menteur, car il lui est loisible de rajouter du mensonge au mensonge. Et à l’arrivée, par faute de temps notamment, c’est le menteur qui gagne.
 Enfin, que Zemmour use et abuse de la liberté d’expression qu’il revendique, lui, le pseudo-proscrit que l’on voit et entend partout, pour mentir et tromper la France entière. De ce point de vue, les figures médiatiques qui contribuent à entretenir le phénomène Zemmour, en le hissant au rang de grand intellectuel des temps modernes, doivent s’interroger sur leur rôle dans cette hallucinante émergence.
 Inviter Zemmour, c’est jouer avec le feu de la haine
 On a déjà dit ici qu’il est problématique de lui ouvrir ainsi plateaux télé et studios radios, sans mesurer la responsabilité que l’on prend. Surtout quand on n’est pas équipé politiquement et techniquement pour affronter un formidable manipulateur de télévision comme Zemmour, qui maîtrise parfaitement ce média du sentiment qu’est la télé.
Brandir le spectre des 7 millions d’étrangers qui grandissent sans être français sur le sol national, c’est produire un discours émotionnel qui joue avec la peur des uns et des autres en période de crise. Créer l’image de 7 millions d’égorgeurs potentiels qui, devenus grands, sémeront la terreur dans le pays, c’est bien cela que Zemmour entend créer dans l’esprit du téléspectateur prêt à gober ses mensonges, c’est un procédé monstrueux.
 Il est dommage, autant que tragique, que face à lui, personne ne soit parvenu à démonter la mécanique Zemmour aussi facilement que Sébastien Lafargue dans le 20h de France 2.
On le dit, et on le répète : inviter Zemmour à venir mentir sans se donner les moyens de contrôler, rectifier, corriger, dénoncer les mensonges de l’intéressé, c’est prendre une lourde responsabilité. C’est jouer avec le feu de la haine, de la xénophobie et du racisme. C’est aussi trahir la première mission de la télévision publique : créer du lien entre tous.
 Une leçon de journalisme pour Ruquier et Taddeï
 La leçon de journalisme donnée par Sébastien Lafargue dans le 20h de Pujadas pèse lourd, très lourd, tant elle est accablante pour Ruquier,Taddeï et tous ceux qui ont fait divertissement avec Zemmour, en toute irresponsabilité, ces derniers jours.
 C’est la preuve que l’on est pas obligé de tendre un micro à Zemmour à heure de forte audience pour traiter du phénomène. Et mieux encore, elle devrait créer l’obligation de barrer les plateaux télévisés à un propagandiste délirant.
 Lafargue n’a pas voulu mettre en scène le spectacle de son choc avec Zemmour. Il a d’abord travaillé. Il s’est demandé comment informer sur les mensonges du polémiste le plus discuté de France. Il a cherché les interlocuteurs adéquats. Il a sélectionné. Il a hiérarchisé. Il n’a pas voulu faire un show, mais de l’info.
 Le journal de France 2, fait par des journalistes comme Sébastien Lafargue, peu connus et reconnus (hélas) est une leçon de journalisme pour Ruquier et Taddeï, qui ont offert, sur la même chaîne, tribune libre aux mensonges de Zemmour sur l’immigration et ses élucubrations sur le « grand remplacement » qui se prépare, sans aucun contrôle ni encadrement éditorial.
 On ne peut pas jouer avec un menteur et manipulateur comme Zemmour pour le simple plaisir de produire un moment de télévision. Il est temps pour France 2 de sortir l’information de la schizophrénie qui plonge parfois cette chaîne de service public dans des contradictions mortifères. L’information est une chose trop sérieuse pour être confiée à l’infotainment.
Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Aude Baron

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Appel de Médiapart : Nous, citoyens contre la corruption

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19 octobre 2014 |  Par La rédaction de Mediapart
Déjà plus de 4 000 signataires ! Signez ici l’appel contre la corruption, ce fléau « qui met l’Etat de droit en péril et installe une insupportable fatigue démocratique », lancé dimanche 19 octobre à Paris par  les journalistes Fabrice Arfi, Benoît Collombat, Antoine Peillon et Edwy Plenel, rejoints par des magistrats, juristes, avocats, policiers, criminologues, sociologues, économistes, anthropologues et philosophes et Roberto Scarpinato, procureur auprès du parquet de Palerme (Italie).
Nous, citoyens, journalistes, magistrats, juristes, avocats, policiers, criminologues, sociologues, économistes, anthropologues et philosophes constatons une généralisation de la corruption qui met l’Etat de droit en péril et installe une insupportable fatigue démocratique. Cette menace sur notre République se nourrit certes de la banalité des conflits d’intérêts et des petits arrangements avec la morale civique, mais aussi de la faiblesse croissante des moyens de lutte contre ce dangereux fléau pour la démocratie.
Alors que le chaos politique n’est plus une hypothèse invraisemblable dans la France d’aujourd’hui, les signataires de cette alerte, forts de leurs expériences diverses, appellent les citoyens de notre pays à une mobilisation civique pour faire sauter les verrous institutionnels, culturels, politiques et judiciaires qui empêchent l’efficacité et autorisent le pire. Il est urgent de s’opposer réellement à la corruption.
Des solutions existent : indépendance du parquet, criminalisation de la corruption, suppression de la Cour de justice de la République, recrutement massif de magistrats, de policiers, de douaniers et d’agents du fisc, suppression du “verrou de Bercy” dans la lutte contre la fraude fiscale, réforme du système de déclassification du “secret défense”, réforme de l’article 40 du Code de procédure pénale pour une meilleure protection des lanceurs d’alerte dans la fonction publique, confiscation préventive des biens mal acquis et leur attribution au bien commun (associations, musées ou municipalités), vote d’une nouvelle loi bancaire instituant une séparation véritable entre les dépôts des épargnants et les fonds spéculatifs.
Les signataires de cette alerte citoyenne s’engagent à développer, avec toutes celles et tous ceux qui les rejoindront, leurs expertise et dénonciation communes de la corruption. Ils continueront de porter publiquement la double exigence de vérité sur les affaires et de vertu régénératrice de la République.
Les signataires invitent tous les citoyens à signer cet appel, sur Mediapart.
Premiers signataires
Pour consulter la liste des signataires en ligne, cliquez ici
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Neuf-quinze – Pape François

neuf-quinze@arretsurimages.eu 20/10/2014

Pape François, la révolution ensablée

09h15 – En début de semaine, c’était fait : « le pape François force l’église à faire sa révolution sur la famille », titrait Le Monde, à la Une. Sonnez hautbois, résonnez musettes, « les couples non mariés, les divorcés remariés, les homosexuels, en couple ou non, y compris avec enfants », allaient être « considérés autrement ».  Comment ? Les couples gays avec enfants ? Mais oui. Lisez plutôt le rapport d’étape qui justifiait le gros titre (1): « Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne  (…) Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Eglise prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant sur le fait que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang. »
Certes, relus attentivement, ces articles n’exprimaient aucune « révolution ». Leur objectif, analyse le sociologue Nicolas de Brémond d’Ars, dans une analyse publiée sur un blog de Rue89 (2), était de donner l’impression « que rien ne change, alors que tout change. Ou inversement ». Bref, c’était beau comme du « parler double » de Hollande (3) (comment plaire à la fois aux couples gays cathos, et à la Manif pour tous) ? Quant aux homos, « ils restaient des personnes qualifiées de blessées ou en souffrance, fragiles, dont il faut “prendre soin” avec bienveillance et compassion, comme on le fait des prisonniers et des fous » renchérissait dans le même article la théologienne Myriam Tonus.
Mais c’était encore trop. Patatras, samedi, après une semaine de réflexion, rien n’est fait. Les évêques ont finalement voté contre les trois articles problématiques, ceux qui faisaient la Une du Monde. Ces articles, pour être adoptés, devaient réunir les deux tiers des voix : ils n’ont pas passé la barre. Bien sûr, le pape aura le dernier mot. Un jour. Bien sûr, dans l’article du Monde, ces réserves étaient faites. Comme souvent, le corps de l’article tempérait la proclamation de la manchette. « Les « pères synodaux » invités à en débattre disposent de la semaine pour tenter, s’ils le souhaitent, d’infléchir cet état des lieux de leur réflexion » rappelait le journal. N’empêche que la manchette a dégainé trop vite. Pour la révolution, prière de repasser l’an prochain. L’Eglise, qui a l’éternité devant elle, a rappelé sa loi au temps médiatique.

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 (1)http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2014/10/14/un-esprit-d-ouverture-souffle-sur-l-eglise_4505896_3214.html
Daniel Schneidermann
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Les Indégivrables – frustration

Le Monde du 20/10/2014

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Cartes bancaires occultes en Espagne: Rodrigo Rato, ex-patron du FMI, inculpé

Libération.fr – 16/10/2014 – AFP
L'ex-patron du FMI, Rodrigo Rato, quitte le 16 octobre 2014 le tribunal à Madrid, dans le cadre d'un scandale de cartes bancaires L’ex-patron du FMI, Rodrigo Rato, quitte le 16 octobre 2014 le tribunal à Madrid, dans le cadre d’un scandale de cartes bancaires (Photo Dani Pozo. AFP)
Safaris, objets d’art, bijoux, maroquinerie de luxe et restaurants payés avec des cartes bancaires professionnelles: le dernier scandale judiciaire en date en Espagne touche quelque 80 personnalités de la classe dirigeante, y compris l’ex-patron du FMI Rodrigo Rato dont l’inculpation a été confirmée jeudi.
L’ex-directeur général du Fonds monétaire international (2004-2007) a été auditionné pendant environ deux heures jeudi après-midi par le juge Fernando Andreu de l’Audience nationale, la juridiction chargé des affaires financières à Madrid. Il a été accueilli à son arrivée par des manifestations qui l’ont traité de «voleur».
Le juge, après avoir confirmé son inculpation pour infraction au droit des sociétés, lui a donné trois jours pour verser une caution de trois millions d’euros, faute de quoi ses biens pourraient être saisis, a indiqué une source judiciaire.
Fernando Andreu a aussi entendu l’ex-directeur financier de Caja Madrid, Ildefonso Sanchez Barcoj, et l’ex-directeur de Caja Madrid de 1996 à 2009, Miguel Blesa. Rodrigo Rato lui avait succédé au moment où Caja Madrid fusionnait avec six autres caisses d’épargne pour donner naissance à Bankia en 2010.
M. Barcoj s’est défendu d’avoir mis en place ce système de cartes bancaires occultes et a expliqué au juge que l’argent dépensé l’a été uniquement pour des frais de représentation, selon une source judiciaire. M. Rato, qui aurait dépensé 99.000 euros, a lui déclaré qu’il considérait que l’usage de ces cartes faisait partie de sa rémunération et que les sommes tirées étaient déduites de son salaire, selon une source judiciaire.
Miguel Blesa, lui, doit régler une caution de 16 millions d’euros.
Le scandale éclabousse aussi bien la classe politique que des responsables syndicaux et du monde économique, mettant notamment en difficulté le Parti populaire (PP) au pouvoir (conservateurs), dont est issu Rodrigo Rato.
Il suscite aussi l’indignation dans un pays où un quart de la population active est au chômage et tombe mal pour le gouvernement près d’un an avant les prochaines élections générales.
Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy a assuré mercredi avoir fait «tout ce qu’un gouvernement doit faire» dans cette enquête, qualifiée par le petit parti Izquierda plural (Gauche plurielle) de la plus grande faute de la démocratie».
- De grosses sommes d’argent retirés en liquide -
Quatre-vingt-six dirigeants et membres du conseil d’administration ont reçu entre 1999 et 2012 des cartes de crédits de Caja Madrid puis de Bankia et 83 d’entre eux les ont utilisé pour des achats d’un total de 15,5 millions d’euros.
Dans le cas des dirigeants, ces cartes «B», le nom donné par la presse, venaient s’ajouter à leur carte de crédit professionnelle officielle. Les membres du conseil d’administration, eux, ne disposaient que de cette carte pour payer leurs frais de représentation, selon une source proche du dossier.
Mais dans certains cas, leurs bénéficiaires s’en sont servis pour bien d’autres choses. Miguel Blesa, avec un salaire annuel d’environ trois millions d’euros, s’est offert des safaris en Afrique pour 9.000 euros et a dépensé 10.000 euros en vin, rapporte la presse.
D’autres ont retiré des centaines de milliers d’euros en liquide, acheté des bijoux, des vêtements de luxe, de l’électro-ménager, réglé restaurants et hôtels avec ces fonds dont l’origine reste inconnue, détaillent les journaux.
Certains ont remboursé les sommes dépensées. Les démissions se sont multipliées.
Rodrigo Rato a, lui, rendu près de 55.000 euros, sur 99.000 euros, selon un audit interne mené par Bankia. Cet audit a été transmis au parquet, entraînant l’ouverture d’une information judiciaire.
L’affaire pourrait coûter à l’ancien ministre de l’Économie ses postes actuels de conseiller dans plusieurs grandes entreprises. Il n’a cependant pas pour l’instant été écarté du PP, qui a créé une commission interne pour décider de l’avenir de ses 16 membres mis en cause. Le parti socialiste PSOE a fait le ménage en expulsant dix de ses membres.
L’ex-numéro un du FMI est aussi mis en cause dans un autre volet judiciaire touchant à Bankia. Il est poursuivi pour escroquerie, détournement de fonds et falsification des comptes lors de l’entrée en Bourse de la banque en juillet 2011.

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 Jamais deux sans trois… indécents financiers, empêtrés dans des malversations financières, et donneurs de leçons aux gouvernants de la planète…
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L’Allemagne entame sa plus grosse grève de trains depuis 2008

Libération 18/10/2014

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Les chemins de fer allemands ont entamé samedi leur plus grosse grève depuis 2008, jusqu’à lundi et sur tous les types de lignes, sur fond de conflit salarial et de lutte de pouvoir entre syndicats.
Depuis le début du mouvement, à 02H00 locales samedi (00H00 GMT), 30% seulement des trains grandes lignes circulent, recense Deutsche Bahn dans un communiqué. La grève doit s’achever lundi à 04H00 locales (02H00 GMT).
Les perturbations touchent également les trains régionaux et urbains, ainsi que le transport de marchandises, «fortement» atteint depuis vendredi après-midi, ajoute la compagnie, fournissant des données très disparates selon les régions
Au total, avec le dispositif de substitution mis en place, «au moins un tiers du trafic devrait être assuré» sur l’ensemble du week-end et le retour à la normale sera «garanti» dès lundi matin, promet la Deutsche Bahn.
Dans la journée, la compagnie publique a précisé qu’elle concentrait ses efforts sur les lignes principales. A l’inverse, il circulera «peu ou pas du tout de trains» sur certaines lignes secondaires, précise-t-elle.
En plein chassé-croisé des vacances d’automne, et alors que la Bundesliga attire chaque semaine 100.000 supporteurs de football dans les gares, cette grève traduit l’enlisement d’un conflit social inhabituellement long dans un pays habitué à négocier.
Il s’agit du troisième mouvement en deux semaines, après déjà deux grèves d’avertissement en septembre. La Deutsche Bahn n’avait plus connu de conflit aussi long depuis celui de 2007-2008, qui avait traîné plusieurs mois. «Des grèves aussi rapprochées et d’une telle ampleur sont totalement irresponsables et à la limite de l’irrationnalité», s’est irrité le directeur des ressources humaines de la Deutsche Bahn, Ulrich Weber, dans le quotidien à grand tirage Bild.
Le syndicat des conducteurs de locomotives GDL réclame entre autres une augmentation des salaires de 5% et une réduction de deux heures de leur semaine de travail, mais les négociations sont dans l’impasse. «On ne trouvera de solutions qu’à la table des négociations», a exhorté samedi le ministre des Transports Alexander Dobrindt dans le journal «Passauer Neue Presse».
Les discussions achoppent notamment sur un préalable posé par la Deutsche Bahn: que GDL renonce à représenter les catégories de personnel autres que les conducteurs de train, alors que plusieurs syndicats et accords salariaux cohabitent au sein de la compagnie.
Le chef adjoint de l’EVG, syndicat rival représentant les autres personnels de bord, a reproché au GDL d’envenimer les relations entre organisations représentatives, se montrant pessimiste sur un règlement rapide du conflit.
«Je pars du principe que malheureusement, la situation va encore empirer dans les prochains jours», a déclaré Klaus-Dieter Hommel à la radio WDR5.
AFP

 

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Medias –  » Atteinte grave au secret des sources  » : Les rédactions françaises unanimes contre Valeurs Actuelles / plainte et enquête pour espionnage

 Les rédactions des grands médias français ont tous condamné vendredi l' »atteinte grave au secret des sources » et les méthodes du journal Valeurs Actuelles, qui a divulgué cette semaine les rendez-vous de deux journalistes du Monde enquêtant sur Nicolas Sarkozy.
« Nous, journalistes, dénonçons collectivement et fermement les méthodes employées par le journal Valeurs Actuelles, qui a publié le 15 octobre un article intitulé +Retour de Sarkozy : les rendez-vous secrets des deux journalistes du Monde+ ».
« Cette atteinte grave au secret des sources est indigne de notre métier », disent dans un communiqué les sociétés des rédacteurs et des journalistes de nombreux médias.
Parmi les signataires figurent Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, Le Nouvel Observateur, Le Point, Les Echos, Radio France, Mediapart, Rue89, L’Express, Libération, Europe1, RFI, TF1, France 2, Télérama et l’AFP.
« Nous soutenons nos confrères Gérard Davet et Fabrice Lhomme, chargés du suivi des affaires judiciaires au Monde, dont Valeurs Actuelles a détaillé les rendez-vous. Nous tenons à rappeler qu’il n’y a pas de sources sans protection des sources. Qu’il n’y a pas d’information libre sans sources. Que c’est la démocratie qui est menacée quand il n’y a plus d’information libre », poursuivent les rédactions signataires.
Le Monde a annoncé mercredi qu’il allait demander l’ouverture « d’une enquête pour espionnage et déposer une plainte pour diffamation et injure », après la parution de l’article -- non signé — de Valeurs Actuelles, qui laisse entendre que l’Elysée aiderait Le Monde à enquêter sur les affaires impliquant Nicolas Sarkozy.
Valeurs Actuelles affirme que les deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont été reçus lundi 6 octobre au Pôle financier après un rendez-vous à Elysée le 3 octobre, juste avant la publication d’une nouvelle enquête sur l’affaire Bygmalion.
« Nous avons la conviction qu’on a été et qu’on est peut-être encore suivis, il n’y a pas d’autre explication pour que notre agenda ait été donné de manière aussi précise », ont affirmé Fabrice Lhomme et Gérard Davet sur France Inter jeudi soir. « On a été alertés à maintes reprises depuis plusieurs mois que dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on voulait nous faire des ennuis car on publiait trop d’articles », a-t-il lancé.

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Le journaliste du Monde Gérard Davet, le 13 septembre 2010 à Paris afp.com – Pierre Verdy
Fabrice Lhomme et Gérard Davet se déplacent avec des gardes du corps car ils déclarent avoir reçu des menaces de morts contre eux et leurs familles.
« Il apparaît maintenant que les faits et gestes de nos collaborateurs étaient surveillés et qu’ils ont été probablement suivis », a déclaré Gilles Van Kote, directeur du Monde, dans un éditorial mercredi, critiquant une « atteinte au secret des sources totalement inacceptable ».
« Doit-on souligner qu’ils ont été tous deux, très récemment, de même que leur famille, l’objet de menaces circonstanciées, ce qui leur a imposé d’être placés sous protection policière permanente depuis septembre ? », a demandé le directeur du Monde.
« Je constate dans l’éditorial du Monde qu’ils ne démentent aucun des éléments factuels de notre papier sur les moyens que le pouvoir donne à leurs deux journalistes pour enquêter sur Nicolas Sarkozy », avait répondu à l’AFP Yves de Kerdrel, directeur de Valeurs actuelles. « Nous avons fait notre enquête comme eux on fait la leur, mais sans bénéficier des moyens de l’Etat », a-t-il lancé.
Fabrice Lhomme et Gérard Davet se sont inquiétés que Valeurs Actuelles en divulguant leur agenda ait « brisé un tabou » dans lequel d’autres pourraient s’engouffrer.
L’hebdomadaire, clairement positionné à droite, déclenche régulièrement de vives polémiques.
Début septembre, le PS a saisi la commission des sondages à propos d’un « sondage confidentiel » cité par Valeurs actuelles, selon lequel Nicolas Sarkozy serait en mesure de l’emporter largement face à Marine Le Pen à la présidentielle. L’institut Ipsos, à qui le sondage avait été attribué, avait démenti l’avoir réalisé.
En septembre 2013, l’hebdomadaire avait publié en Une la statue d’une Marianne voilée et un mois plus tôt un numéro intitulé « Roms l’overdose ». Ces unes avaient conduit le Mrap et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) à porter plainte contre l’hebdomadaire pour incitation à la haine raciale.
 TV5MONDE Paris (AFP) – 17.10.2014 © 2014 AFP
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Astronomie – Une comète « frôle » Mars, une première en un million d’années

Une première dans le système solaire depuis un million d’années: une comète, Siding Spring, a « frôlé » dimanche la planète Mars, à près de 136.000 km et à la vitesse de 56 km/seconde.
A 18H27 GMT dimanche, la comète « s’est approchée au plus près » de la Planète rouge à exactement 135.895 km, soit un tiers de la distance de la Terre à la Lune, a annoncé sur Twitter l’Agence spatiale européenne (ESA).

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 Une peinture artistique représente la comète Siding Spring et la planète Mars afp.com -
La concurrente américaine de l’ESA, la Nasa, avait prévu un passage exactement à la même heure mais à 139.500 km de Mars.
Le noyau de Siding Spring (C/2013 A1), qui fait environ 1,6 km de diamètre, est aussi compact qu’une balle de talc et file dans l’espace à la vitesse de 202.000 km/h, soit 56 km/seconde. L’astre n’avait aucune chance de percuter la Planète rouge, voisine de la Terre.
Mais les scientifiques terriens se délectaient de pouvoir étudier sa trajectoire et sa traînée. Ils ont braqué les instruments électroniques des satellites artificiels orbitant autour de Mars et les caméras des deux robots Opportunity et Curiosity, qui arpentent son sol, pour recueillir le plus de données possibles sur le passage de la comète.
Curiosity et Opportunity devraient envoyer leurs images vers la Terre dans les jours, semaines et mois qui viennent selon l’agence spatiale américaine.
La Nasa a éloigné ses engins en orbite autour Mars en les mettant à l’abri derrière la planète pour les protéger des débris de Siding Spring.
Même si ces satellites Mars Reconnaissance Orbiter, Mars Odyssey et Maven ont été repositionnés afin d’éviter également qu’ils ne soient saupoudrés de poussières nocives, les scientifiques espèrent recueillir de précieuses informations sur ce passage en rase-motte spatial.
-Vieille de plusieurs milliards d’années -
La comète a été découverte en janvier 2013 par Robert McNaught à l’observatoire australien de Siding Spring, qui lui a donné son nom. Elle se serait formée il y a plusieurs milliards d’années dans le nuage d’Oort, une sphère à la frontière de notre système solaire qui sert de réservoir à comètes qui « n’ont quasiment pas changé depuis la naissance du système solaire », selon la Nasa.
« Après 4,5 milliards d’années, il est très étonnant que les comètes existent encore: elles se sont développées très, très loin du Soleil et sont congelées », relevait la semaine dernière Carey Lisse, astrophysicien au laboratoire de physique appliquée de l’université américaine Johns-Hopkins.
Siding Spring fait la taille d’une petite montagne mais sa consistance est probablement poudreuse, ou comme une meringue qui fondrait dans la bouche, a comparé M. Lisse.
Elle doit être composée de glaces très volatiles (méthane, monoxyde de carbone), qui fondent très facilement. Elle n’a jamais vraiment été soumise à une forte chaleur auparavant, selon lui.
La comète a voyagé plus d’un million d’années pour sa première rencontre avec Mars, et ne devrait pas se représenter avant un autre million d’années lorsqu’elle aura effectué sa prochaine boucle autour du Soleil.
 TV5MONDE Washington (AFP) – 19.10.2014 © 2014 AFP
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Polémique Zemmour – « Vichy, une collaboration active et lamentable : » Le zèle de Vichy dans la déportation des juifs – La police de Pétain et Laval livrait des enfants juifs aux nazis

LE MONDE | 18.10.2014 par Robert O. Paxton, professeur émérite d’histoire Columbia University (New York) (Traduit de l’anglais par Frédéric Joly)
Dénoncer les crimes du maréchal Pétain ce n’est pas critiquer la France
Dans sa longue complainte sur le déclin de la France, Eric Zemmour laisse percer un mince rayon de lumière : au moins la France de Vichy parvint-elle à sauver 75 % des juifs de France du monstre nazi…
Il est difficile de croire qu’il a véritablement lu les statuts de Vichy concernant les juifs. Aucune « préférence nationale » n’y apparaît. Toutes les mesures de Vichy concernant les juifs visaient autant les citoyens français que les immigrés, mise à part celle du 4 octobre 1940 ordonnant l’internement des « ressortissants étrangers de race juive ». Certaines dispositions, il est vrai, furent prises afin d’exempter les vétérans de guerre et les juifs qui avaient rendu à la France des services particuliers (qui n’étaient pas nécessairement citoyens français), ainsi que des familles installées dans l’Hexagone depuis cinq générations. Dans les faits, toutefois, peu de personnes bénéficièrent de ces exemptions, et il arriva que certaines d’entre elles finissent par être déportées.
Le régime de Vichy appliqua ses mesures de restriction aux juifs avec zèle. Des chercheurs français établirent le chiffre précis de ceux qui furent exclus de la fonction publique et interdits d’exercer leur profession. La commission Mattéoli a déterminé très exactement combien d’entre eux furent victimes de spoliations. Les juifs français, davantage intégrés que les immigrés, ont particulièrement souffert de ces mesures. Lorsque les déportations débutèrent, ils étaient déjà extrêmement fragilisés par la perte de leurs professions et de leurs biens.
ANTISÉMITISME CULTUREL FRANÇAIS
Les juifs assimilés comme Léon Blum furent les cibles d’un opprobre tout particulier. Xavier Vallat, le premier commissaire général aux questions juives, brouillait la différence existant prétendument entre l’antisémitisme culturel français et l’antisémitisme racial allemand. Vallat était convaincu que des juifs comme Blum, bien que nés français, étaient fondamentalement incapables de devenir d’authentiques Français.
Tous les historiens ayant travaillé sérieusement sur la France de Vichy détectent un changement à l’été 1942. Lorsque la « solution finale » commença à être mise en œuvre en France, avec les arrestations de masse, et la séparation des mères de leurs enfants. Même ceux qui s’étaient récemment plaints du nombre trop élevé à leurs yeux d’immigrés montrèrent de la répulsion. Cinq évêques dénoncèrent ces arrestations. Pierre Laval, le chef du gouvernement, n’obtint qu’un report de l’arrestation des juifs français. Les Allemands acceptèrent de déporter en priorité les juifs étrangers, pourvu que la police française assure un nombre suffisant pour remplir les trains. Ils dirent toujours très clairement à Laval qu’ils finiraient par s’occuper des juifs français aussi. Il n’y eut jamais aucun accord, ni écrit ni oral, sur cette question.
En fin de compte, les Allemands s’emparèrent de tous ceux qu’ils purent, français ou non. Un tiers des 76 000 juifs déportés était des citoyens français, dont, il est vrai, des enfants nés en France de parents immigrés. L’extermination de 25 % des juifs de France ne fut pas une issue positive. La France avait bien plus de possibilités de dissimuler les juifs que la Belgique et les Pays-Bas, où la présence allemande était plus forte. L’exemple de l’Italie permet d’établir une meilleure comparaison. L’occupation allemande y débuta plus tard, mais se termina plus tard aussi, en mai 1945. Ne pouvant compter ni sur l’aide de l’Etat italien ni sur celui de sa police, les nazis ne furent en mesure de mettre la main que sur 16 % des juifs d’Italie. Si en France la police de Vichy participa activement aux arrestations, elle le fit avec de moins en moins de zèle à partir du début de l’année 1943.
Plus stupéfiant encore, le régime de Vichy envoya spontanément 10 000 juifs étrangers de la zone libre de l’autre côté de la ligne de démarcation pour les livrer à une mort certaine. Une telle mesure n’eut pas d’équivalent en Europe de l’Ouest, et n’en eut que peu en Europe de l’Est. On peut tenter d’expliquer ce zèle en l’interprétant comme une réaction à l’avalanche de réfugiés dans les années 1930. La France en accueillit proportionnellement plus que les Etats-Unis, mais pas davantage en nombre absolu, comme le prétend M. Zemmour. Après 1940, Vichy tenta de convaincre l’Allemagne de « reprendre » ses réfugiés. Au printemps 1942, Berlin obtempéra et put compter sur le plein concours de Vichy.
DES GENS DE BIEN
Bien comprendre la situation allemande permet de saisir l’importance pour eux de la collaboration policière française. Une constante pénurie de main-d’œuvre sévissait en Allemagne. Engagée dans des combats de grande ampleur sur le front de l’Est, elle comptait en France sur Vichy et sa police pour combler ce manque. Ce fait n’est pas de mon invention, contrairement à ce qu’insinue M. Zemmour ; il ressort avec évidence des archives allemandes. « Etant donné que Berlin ne peut pas détacher du personnel », écrivit le 7 juillet 1943 Heinz Röthke, l’officiel chargé de diriger les actions allemandes contre les juifs, « l’action [d’arrestation de juifs] devra être exécutée presque exclusivement avec des forces de la police française ».
Il existe, dans cette lamentable histoire, quelque chose dont il est permis de se féliciter. Je pense ici aux efforts que menèrent de nombreux Français pour venir en aide aux juifs, particulièrement aux enfants. Michael R. Marrus et moi-même leur avons dédié notre ouvrage paru en 1981, Vichy et les Juifs (Calmann-Lévy), car nous ne concevions pas que la critique de Vichy puisse équivaloir à une critique de la France et des Français (comme le pense Zemmour). L’aide humanitaire apportée aux juifs ne fut pas une spécificité française, mais elle joua un rôle important reconnu par Vichy qui traqua et arrêta parfois ces gens de bien.
Le livre d’Eric Zemmour rencontre le succès parce qu’il exploite avec habileté la peur du déclin. Le lecteur est porté par sa verve, son talent pour l’invective, son don de conteur et son goût de la provocation. Mais tout ce qui est abordé dans ce livre l’est au travers des verres déformants. Sa nostalgie de l’autorité masculine ne fait guère de proposition constructive pour surmonter les problèmes du moment. Je ne crois pas qu’ils seront nombreux à vouloir sérieusement revenir à l’époque d’avant 1965 alors que les femmes ne pouvaient ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leurs maris, un changement que Zemmour semble regretter. Une fois que l’énergie criarde de ce livre aura fait son petit effet, l’engouement du moment disparaîtra.
Vues de l’étranger, les idées noires exploitées par Zemmour ne semblent pas si exceptionnelles. Jadis puissance militaire et culturelle, la France en est venue à occuper une position certes honorable mais moyenne. Aucun Etat n’échappe au relâchement des liens nationaux et sociaux, au commerce mondialisé et à l’individualisme débridé. Aux Etats-Unis aussi, on redoute la déchéance. Le Tea Party est parvenu à bloquer le gouvernement fédéral. Le système électoral américain est archaïque. Le président n’est pas apprécié par la population. Un mouvement « néoconfédéré » vigoureux s’enorgueillit de la cause sudiste telle qu’elle fut défendue au cours de la guerre civile des années 1861-1865. Ce mouvement accuse les historiens qui critiquent la société esclavagiste d’être quelque peu antiaméricains. Eric Zemmour se sentirait chez lui en leur compagnie.
(Traduit de l’anglais par Frédéric Joly) Robert O. Paxton, professeur émérite d’histoire Columbia University (New York)

 Polémique Zemmour : « La France de Pétain est totalement associée à la solution finale contre les juifs »

LE MONDE |  19.10.2014 
Pour Serge et Arno Klarsfeld, ce n’est pas Vichy qui a sauvé des juifs, ce sont les Eglises et les Français. Même Pierre Laval le reconnaît…
En 1940, il y avait en France près de 190 000 juifs français et 130 000 juifs étrangers. En octobre, leur statut aggravé de la main même de Pétain ainsi que la loi sur l’internement administratif des juifs étrangers ont été une manifestation spontanée d’un antisémitisme profond de la part de Vichy entrant en concurrence avec les Allemands.
Ciblés comme boucs émissaires de la défaite, dépossédés de leurs biens, transformés en parias alors que le gouvernement de Vichy n’ignorait pas que les juifs internés mourraient de faim, de froid et de misère physiologique dans ses camps de la zone libre et ceux de la zone occupée.
Le 11 juin 1942, après la mort de Reinhard Heydrich, les Allemands lancent la « solution finale » en Europe de l’Ouest : déporter des familles juives de France dans des centres d’extermination – 40 000 juifs – à partir de la mi-juillet. Le 16 juin, René Bousquet, secrétaire général à la police, face aux chefs SS, accepte une première livraison en provenance de la zone libre – où il n’y a pas de soldats allemands – de 10 000 juifs étrangers considérés comme apatrides. Le 25 juin, Theodor Dannecker, chef du service des affaires juives de la Gestapo, entame avec Jean Leguay, délégué de Réné Bousquet en zone occupée, la procédure d’arrestation en zone occupée du contingent souhaité par des rafles d’une ampleur inégalée, qui doivent être conduites par la police française. Dannecker attend de Leguay une proposition concrète pour l’arrestation à Paris et sa banlieue de 22 000 juifs de 16 ans à 40 ans, dont 40 % de nationalité française.
LA POLICE CONDUIT LES RAFLES
Le 2 juillet, lors de sa rencontre avec les chefs SS, Bousquet déclare : « A la suite d’une intervention du Maréchal, Laval a proposé que ce ne soit pas la police française qui procède aux arrestations en zone occupée. C’est au contraire aux forces d’occupation qu’il voudrait laisser ce soin. Pour le territoire non occupé, Laval a proposé, en raison de l’intervention du maréchal, d’arrêter et de transférer pour le moment seulement les juifs de nationalité étrangère. » Ce serait là sceller le sort de la rafle ; rafle impossible à mener par les forces de police allemandes. Bousquet accepte pourtant que la police française conduise les rafles sur tout le territoire et qu’elle livre le nombre de juifs voulu par les Allemands. Selon le compte rendu de la réunion : « Bousquet a déclaré que du côté français on n’avait rien contre les arrestations de juifs, c’est leur exécution par la police française qui est gênant à Paris. »
Il n’y a pas eu de marchandage : la police de Bousquet est la seule alors à pouvoir se saisir des juifs. S’il avait refusé d’engager sa police, ni les juifs étrangers ni les juifs français n’auraient été arrêtés. Refuser de faire arrêter des juifs étrangers par la police française aurait été la meilleure protection des juifs français. On aurait pu parler de marchandage, si l’exclusion des juifs français avait été définitive et scellée par un accord écrit ou si le marchandage avait porté sur un nombre de juifs bien réduit.
La conclusion du 2 juillet a été entérinée par Pétain et Laval le 3 juillet au conseil des ministres. Le 4 juillet, « le président Laval a proposé que, lors de l’évacuation des familles juives de zone non occupée, les enfants de moins de 16 ans soient emmenés eux aussi. Quant aux enfants juifs qui resteraient en zone occupée, la question ne l’intéresse pas ».
C’est sans doute là la plus mauvaise action commise dans l’histoire de France : la livraison à l’ogre nazi de 3 000 enfants français, en majorité déportés vers Auschwitz dans des conditions matérielles et une détresse morale effroyables – sans leurs parents, déportés peu avant. Entre le 17 juillet et le 30 septembre, 3 300 juifs arrêtés par des policiers français seront déportés. Fin 1942, plus de 42 000 juifs auront été déportés, dont 6 500 juifs Français.
Ce freinage de la coopération policière n’est pas dû à Vichy, mais à la pression exercée sur Vichy par les Eglises et les Français à la suite des rafles et des livraisons en zone occupée de familles juives en provenance de la zone libre. Les documents le prouvent : le 2 septembre 1942, Laval a exprimé à Oberg que « les exigences que nous lui avions formulées concernant la question juive s’étaient heurtées à une résistance sans pareille de la part de l’Eglise… Eu égard à cette opposition du clergé, le président Laval demande que, si possible, on ne lui signifie pas de nouvelles exigences sur la question juive. Il faudrait en particulier ne pas lui imposer a priori des nombres de juifs à déporter. On avait exigé par exemple que soient livrés 50 000 juifs pour 50 trains qui sont à notre disposition. Il nous prie de croire à son entière honnêteté quand il nous promet de régler la question juive, mais, dit-il, il n’en va pas de la livraison des juifs comme de la marchandise dans un Prisunic… »
 FATAL ENGRENAGE
Sur les 80 000 juifs victimes de la Shoah en France, 25 000 étaient français. Ils ont été arrêtés soit par les Allemands, soit par la police française avec l’accord de Vichy. La meilleure défense des juifs français aurait été de ne pas instituer le scabreux statut des juifs. Il aurait été de ne pas mettre la main dans un fatal engrenage en livrant les juifs étrangers d’une zone où il n’y avait pas un seul soldat allemand. Il aurait été de ne pas proposer par un mélange de méchanceté, de lâcheté et de cynisme de se débarrasser d’enfants français pour les envoyer à la mort. La meilleure défense des juifs français aurait été de dire : « Cet abominable travail, faites-le vous-même, ce n’est pas dans nos traditions. Nous ne sommes pas des monstres. Nous sommes la France ! » Et, au lieu de cela, Vichy a fait arrêter des familles juives en zone libre, a fait séparer les mères des enfants à coups de crosse. Que pouvaient penser les Allemands ? Que Vichy protégeait ses juifs ?
Pour répondre « Non ! » quand la partie s’est jouée en 1942, pour préserver la vie des juifs et l’honneur français défendu par les Eglises et les braves gens qui ont aidé les persécutés : Vichy avait l’empire, l’économie française qui tournait pour l’effort de guerre allemand. Vichy avait ses forces de police, les seules à pouvoir opérer des rafles assurant la sécurité de l’armée allemande. Le crime commis par l’Etat français a été de s’associer dans le déroulement de la « solution finale ». Cette responsabilité de Vichy a été reconnue et condamnée par les présidents Jacques Chirac et François Hollande dans leurs discours du Vel d’Hiv.
Serge Klarsfeld, président des Fils et filles des déportés juifs de France, et Arno Klarsfeld ancien avocat des Fils et filles des déportés juifs de France.
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