HSBC : une banque au lourd passé et au présent sulfureux

Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde – CADTM -21 avril par Eric Toussaint
800px-Palacio_Avenida_HSBC_2_curitiba_brasil
Une des succursales de HSBC au Brésil
Le sigle HSBC signifie “Hong Kong and Shanghai Banking Corporation”. Rappelons que le groupe mondial HSBC emploie 260 000 personnes en 2014, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients |1|. Dès ses origines, la banque est mêlée au commerce international de drogues dures. En effet, elle a été fondée dans le sillage de la victoire britannique contre la Chine dans les deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). Ces deux guerres ont joué un rôle décisif dans le renforcement de l’empire britannique et dans la marginalisation de la Chine qui a duré environ un siècle et demi. Au cours de ces deux guerres, le Royaume-Uni a réussi à imposer à la Chine d’accepter les exportations britanniques d’opium en provenance de l’Inde (qui faisait partie de l’empire britannique). La Chine a bien tenté de s’opposer au commerce de l’opium mais les armes britanniques, avec le soutien de Washington, ont eu le dessus. Londres a créé une colonie à Hong Kong et, en 1865, est fondée la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation par un commerçant écossais spécialisé dans l’importation d’opium (à l’époque, 70 % du fret maritime qui passait par Hong Kong concerne l’opium venu des Indes). Depuis ce moment, l’histoire de la banque a suivi étroitement la politique extérieure du Royaume-Uni et les intérêts du grand patronat britannique en Asie. Après 1949 et la victoire de la Chine de Mao, la banque se replie sur Hong Kong, resté territoire britannique. Ensuite, entre 1980 et 1997, elle développe ses activités aux États-Unis et en Europe. Elle ne déplace son siège social de Hong Kong à Londres qu’en 1993, avant la rétrocession du territoire à la République populaire de Chine annoncée pour 1997. HSBC reste incontournable à Hong Kong dont elle émet 70 % des billets de banques (le dollar de Hong Kong). Hong Kong constitue un élément clé dans la chaîne du blanchiment d’argent accumulé par la nouvelle classe dirigeante chinoise.
HSBC impliquée dans d’autres crimes financiers
En plus du blanchiment d’argent de la drogue et du terrorisme |2|, HSBC est impliquée dans d’autres affaires : la manipulation du marché des taux de change (l’affaire a éclaté en 2013 et porte sur un marché quotidien de 5 300 milliards de dollars) |3|, la manipulation des taux d’intérêt interbancaire (dont le Libor) |4|, la vente abusive et frauduleuse de dérivés Dérivés
Dérivé
DÉRIVÉ DE CRÉDIT : Produit financier dont le sous-jacent est une créance* ou un titre représentatif d’une créance (obligation). Le but du dérivé de crédit est de transférer les risques relatifs au crédit, sans transférer l’actif lui-même, dans un but de couverture. Une des formes les plus courantes de dérivé de crédit est le Credit Default Swap* .
sur les taux d’intérêt, la vente abusive et frauduleuse de produits d’assurances aux particuliers et aux PME au Royaume-Uni (la FSA, l’autorité de contrôle britannique, a poursuivi HSBC dans cette affaire qui a révélé que la banque a vendu des assurances ne servant à rien ou si peu ! |5|), la vente abusive de Mortgage Backed Securities aux Etats-Unis, la manipulation du cours de l’or et du cours de l’argent (l’affaire a éclaté en janvier-février 2014 |6|) et l’organisation à une échelle massive de l’évasion fiscale des grosses fortunes (voir ci-dessous).caricature-hsbc-drogue
Hervé Falciani, le Edgar Snowden d’HSBC ?
Hervé Falciani, un citoyen franco-italien, a travaillé aux services informatiques de HSBC Suisse à Genève de 2006 à 2008. Avant de quitter la banque, il a copié 127 000 fichiers qui relient HSBC à des opérations massives de fraude et d’évasion fiscale dans laquelle elle joue un rôle souvent actif Actif En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes). . Il s’installe en France. La Suisse décide de l’arrêter et lance un mandat d’arrêt international via Interpol pour « soustraction de données », « violation du secret bancaire et du secret commercial » et « présomption de service de renseignements économiques ». Il faut souligner que la Suisse n’a pas attaqué HSBC.
Début 2009, le domicile niçois de Falciani fait l’objet d’une perquisition effectuée par la police locale. Les infos qu’il détient sont explosives : parmi les 127 000 fichiers se trouvent des exilés fiscaux français (8 231 selon Falciani), belges (plus de 800), espagnols (plus de 600 noms), grecs (la fameuse liste dite Lagarde car la ministre française l’a remise aux autorités grecques en 2010, elle contient environ 2 000 noms), allemands, italiens, mexicains, états-uniens… Hervé Falciani remet tout ou une partie des informations qu’il détient aux autorités françaises et à celles d’autres pays.
Ensuite, selon ses dires, il collabore avec les autorités de Washington auxquelles il livre des informations qui font avancer l’affaire du blanchiment par HSBC de l’argent des cartels de la drogue du Mexique et de Colombie. Puis il se rend en Espagne en 2012 afin de collaborer avec les autorités espagnoles. Il y est d’abord arrêté en application du mandat d’arrêt lancé par la Suisse. La Suisse insiste pour que l’Espagne lui livre Hervé Falciani, ce que l’Espagne refuse en mai 2013 car la justice espagnole considère qu’il est un témoin privilégié dans plusieurs grandes affaires de fraude et d’évasion fiscale |7|. En effet, la communication aux autorités espagnoles des données dérobées par H. Falciani avait permis dès 2011 de découvrir une grande quantité d’argent (environ 2 milliards €) déposée en Suisse par des membres de la famille d’Emilio Botin, le président de Santander. Celui-ci, acculé, a versé aux autorités espagnoles 200 millions € d’amende. Les données livrées par H. Falciani ont également débouché sur le scandale du financement frauduleux du Parti Populaire, le parti du premier ministre Mariano Rajoy |8|. La justice espagnole fournit une protection policière permanente à Hervé Falciani. Les autorités belges et françaises rencontrent H. Falciani et utilisent les données fournies, instruisent des dossiers. Il n’est pas du tout certain que cela débouchera sur des condamnations pour fraude car il est plus que probable que des arrangements financiers (en Belgique, cela s’appelle des régularisations fiscales) permettront aux fraudeurs d’y échapper.
Il faut souligner que, dans cette affaire, non seulement la Suisse cherche à arrêter le lanceur d’alerte, c’est le cas également en Grèce où la justice a arrêté l’éditeur de la revue « Hot Doc », Kostas Vaxevanis, parce qu’il avait osé publier en octobre 2012 la liste Lagarde-HSBC-Falciani que les autorités grecques avaient égarée depuis trois ans3. Suite aux réactions citoyennes en Grèce et sur le plan international, le journaliste a finalement été acquitté lors de son procès. Il n’est pas facile de dénoncer une banque et les riches fraudeurs qu’elle protège ou, ce qui revient à peu près au même, de dénoncer les riches fraudeurs qui protègent les banques et leur sacro-saint secret bancaire. Il y a bien une véritable symbiose entre les grandes banques et la classe dominante, comme existent des passerelles permanentes entre les gouvernants et les grandes entreprises, en particulier celles de la finance.
HSBC a décidé de contourner une directive de l’Union européenne
En 2013, l’Union européenne a annoncé qu’elle fixait une limite aux bonus que pouvaient recevoir les dirigeants et les traders Traders
8721157-grenouille-mafieux-de-dessin-anime-avec-un-chapeau-et-un-cigareTrader
Le terme « trader » est d’origine anglo-saxonne. Il signifie littéralement « opérateur de marché ». C’est un opérateur spécialisé qui achète et vend des valeurs mobilières (actions, obligations, produits dérivés, options…), des devises, pour le compte d’un tiers (OPCVM, entreprise, personne, institutionnels…), ou pour l’établissement qu’il représente en tentant de dégager des profits.
d’une banque. Le bonus ne peut pas être supérieur au double de la rémunération salariale fixe. Si un dirigeant a une rémunération fixe de 1,5 million d’euros par an, les bonus ne pourront pas dépasser 3 millions d’euros (donc une rémunération totale de 4,5 millions). Qu’à cela ne tienne, la direction d’HSBC a annoncé en février 2014 qu’elle allait fortement augmenter la rémunération fixe de ces dirigeants afin que leur bonus ne soit pas réduit |9|.
Conclusion
Le groupe mondial HSBC devrait être fermé, la direction licenciée sans indemnités et poursuivie en justice (de même que les grands actionnaires). Le mastodonte HSBC devrait être divisé sous contrôle citoyen en une série de banques publiques de taille moyenne dont les missions devraient être strictement définies et exercées dans le cadre d’un statut de service public.
Notes
|1| Voir son site officiel : http://www.hsbc.com/about-hsbc
|2| Voir Eric Toussaint, « Les barons de la banque et de la drogue », publié le 14 avril 2014, http://cadtm.org/Les-barons-de-la-b…
|3| Voir Eric Toussaint, « Comment les grandes banques manipulent le marché des devises », publié par Le Monde.fr le 13.03.2014 http://cadtm.org/Comment-les-grande…
|4| Voir la partie 5 de cette série qui paraîtra le lundi 28 avril 2014.
|5| Le Monde, “Cernée par les scandales, HSBC ternit un peu plus la réputation de la City”, 1er août 2012.
|6| Financial Times, “Fears over gold price rigging put investors on alert. German and UK regulators investigate”, 24 février 2014.
|7| Le Soir, « Vol de fichiers bancaires chez HSBC : le récapitulatif », 8 mai 2013, http://www.lesoir.be/239380/article…
|8| Le Monde, "Evasion fiscale : le parquet espagnol s’oppose à l’extradition de Falciani, ex-employé de HSBC", 16 avril 2013 http://www.lemonde.fr/europe/articl… The New York Times, "A Banker’s Secret Wealth", 20 septembre 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/21/b… "The French government passed on to Spain data that it had obtained from Hervé Falciani, a former employee in HSBC’s Swiss subsidiary, naming almost 600 Spanish holders of secret bank accounts. Among those was one belonging to the estate of Mr. Botín’s father." http://www.nytimes.com/2011/09/21/b…
|9| Financial Times, “HSBC plans to sidestep EU Bonus cap revealed”, 25 février 2014.
Lire aussi :http://resistanceinventerre.wordpress.com/2012/10/03/mafia-et-finance-la-crise-favorise-les-liaisons-dangereuses/
Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Prochain livre : Bancocratie, Aden, 1er semestre 2014
Publié dans Economie, Justice | Tagué

En Europe, la moitié des terres est contrôlée par 3% de gros propriétaires

Conscience Citoyenne responsable2ccr le 22 avril 2014
Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. Les gros propriétaires terriens sont aussi très actifs au sein de l’Union européenne. C’est ce que montre une infographie publiée le 14 avril par l’organisation Transnational Institute basée à Amsterdam. Les données sont effarantes : 3 % des plus grandes exploitations agricoles contrôlent 50 % des terres dans l’Union européenne ! A l’instar de ce qui se joue en France ,ces exploitations s’agrandissent au détriment des petites fermes. Entre 2003 et 2010, le nombre de fermes inférieures à 10 hectares (ha) a par exemple diminué d’un quart. Dans le même temps, les exploitations de plus de 50 ha se sont étendues sur 7 millions d’ha, soit la surface de l’Irlande !
terre1-300x241Cette course aux hectares agricoles touche d’abord les pays d’Europe de l’Est. La Hongrie, la Roumanie et la Serbie sont les pays européens les plus convoités par les investisseurs étrangers. 500 000 hectares en Serbie, soit 15 % du foncier agricole, ont ainsi été accaparés par des sociétés commerciales, relève le Transnational Institute A ces phénomènes de concentration et de financiarisation des terres agricoles, se mêle le problème de l’artificialisation des terres. Entre 2005 et 2010, la surface agricole a perdu 227 200 hectares en France, soit la superficie du Luxembourg récupérée au profit du bétonnage et de zones commerciales. Mais dans ce domaine, c’est l’Allemagne qui caracole en tête.
Le Transnational Institute met aussi l’accent sur le rôle de la Politique agricole commune (PAC) qui incite à l’agrandissement des exploitations et à la concentration des terres. Depuis 1992, les soutiens apportés aux prix des produits agricoles ont été remplacés par des subventions à la production. Autrement dit, plus la surface d’une exploitation est importante, plus l’agriculteur reçoit des aides. Résultat, en 2011, 1,5 % des plus grandes exploitations agricoles ont perçu un tiers des subventions de la PAC. Ces inégalités dans l’attribution des aides sont aussi géographiques : l’Europe de l’Ouest, qui représente 44 % des fermes, a reçu 80 % des subventions – contre 20 % pour l’Europe de l’Est.
340501595Qui sont les principaux bénéficiaires de ces aides ? Ce ne sont pas des agriculteurs mais des entreprises du secteur agroalimentaire. Depuis 1997, Friesland Campina, une coopérative néerlandaise de produits laitiers, a ainsi perçu 1,6 milliards d’euros de subventions ! L’entreprise française Saint Louis Sucre (filiale de l’allemand Südzucker) a bénéficié de 196 millions de subventions depuis 2004. Et au Royaume-Uni, la multinationale Nestlé à perçu 197 millions d’euros. Cette infographie s’appuie sur les données d’un rapport de ECVC (Coordination européenne de la Via Campesina) et de l’Alliance Hands-Off The Land . Ces organisations appellent les pouvoirs publics à « réduire la marchandisation de la terre et à promouvoir la gestion publique des territoires ». Elles demandent à ce que la priorité soit donnée aux petits agriculteurs qui promeuvent l’agriculture paysanne et la production alimentaire soutenable. Et proposent la création d’une banque de données permettant de suivre les transactions foncières des gouvernements et entreprises. Avec l’objectif, espèrent-elles, d’endiguer la disparition programmée des petits paysans.
Source
« Aides et subventions , des cadeaux de riches aux riches et des cadeaux de pauvres aux pauvres »
Publié dans Europe

Gaz de schiste : des risques de malformations cardiaques

Nexus – N°91 mars/avril 2014
La proximité d’un puits favorise certaines pathologies La proximité de puits d’extraction de gaz de schiste ou de gaz conventionnel augmenterait de près de 30% le risque de malformations cardiaques chez les nouveaux-nés, indique une étude à paraître dans la revue américaine Environmental Health Perspective*
PLANTE~1Diligentée par Lisa McKenzie de la Colorado School of Public Health, l’étude passe en revue quelque 125 000 naissances enregistrées dans le Colorado entre 1996 et 2009. Les chercheurs ont considéré le lieu de résidence de chaque future mère et ont relevé l’ensemble des puits de gaz naturel – gaz de schiste ou gaz conventionnel – présents dans un rayon de 15 km. Dans le seul état du Colorado, 26% des 47 000 puits de pétrole ou de gaz sont situés entre 50 m et 300 m d’habitations ou de bâtiments destinés à une occupation humaine, rapporte le quotidien.
En modélisant l’exposition des lieux d’habitation aux divers gaz fugitifs émanant des puits (méthane, benzène, toluène, xylène,etc.), l’étude montre une corrélation significative entre le seuil d’exposition des futures mamans et l’état de santé de l’enfant à sa naissance. Naissance prématurée, malformation du tube neural, malformations buccales (bec-de-lièvre, etc.)  ou anomalies cardiaques comptent parmi les anomalies relevées par les auteurs. Le benzène, en particulier, est suspecté d’avoir joué un rôle dans l’augmentation des malformations cardiaques chez les enfants dont les foyers étaient très exposés. Si d’autres travaux de ce type sont nécessaires pour confirmer ces résultats, la sonnette d’alarme est tirée par les autorités sanitaires américaines…
———————-
La Presse Canadienne Canada – octobre 2013 ….
Violente manif contre le gaz de schiste au N.-B.: 40 arrestations
Des dizaines de personnes ont été arrêtées, jeudi, lors d'une manifestation... (Photo Twitter)
Des dizaines de personnes ont été arrêtées, jeudi, lors d’une manifestation contre l’exploitation des gaz de schiste au Nouveau-Brunswick, après que des cocktails Molotov eurent été lancés sur des policiers et que des véhicules eurent été incendiés, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
* Birth Outcomes and Maternal Residential Proximity to Natural Gas Development in Rural Colorado.
Publié dans Energie | Tagué

Pas contente la Russie ! … : Le Premier ministre sur le devant de la scène pour annoncer des sanctions

Libération AFP 22 avril 2014

Sanctions: la Russie va «punir» les groupes américains Visa et Mastercard

Le premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a ordonné de «punir» les groupes américains Visa et Mastercard qui ont appliqué en mars des sanctions ciblées de Washington contre des établissements bancaires jugés proches du Kremlin.
A la suite de ces sanctions, en vertu desquelles Visa et Mastercard avaient cessé d’assurer leurs services de paiement aux clients de plusieurs banques russes dont la banque Rossia, contrôlée par un milliardaire réputé proche de Vladimir Poutine, la Russie a annoncé qu’elle allait créer son propre système de paiement électronique.
alibé-russe-dimitri-medvedev-devant-la-douma-chambre-basse-du-parlement-russe-le-22-av
S’exprimant mardi devant la Douma (chambre basse), Dmitri Medvedev a jugé que l’implication des opérateurs de systèmes de paiement électroniques dans les sanctions contre la Russie ne devait «pas rester impunie». «C’est sans aucun doute une violation des accords existants. Il faut faire le nécessaire pour rendre le sens de la réalité aux opérateurs étrangers en question», a déclaré le Premier ministre.
«Qu’ils ne se cachent pas derrière des cas de force majeure et des ordres de présidents et de parlements», a-t-il ajouté. «Ils doivent en répondre dans le cadre du système existant de relations économiques», a souligné M. Medvedev, sans préciser la nature des mesures envisagées.
Le Premier ministre a par ailleurs affirmé que la Russie était prête à faire face à de nouvelles sanctions occidentales touchant des secteurs clés de son économie. «C’est une voie sans issue, mais si certains de nos partenaires occidentaux décident tout de même de s’y engager, nous n’aurons pas d’autre choix que faire face avec nos propres forces. Et nous gagnerons», a déclaré M. Medvedev lors de son discours.
Les Etats-Unis et l’Union européenne, qui ont déjà pris des sanctions ciblées contre des personnalités ou des établissements financiers russes en raison du rattachement de la Crimée à la Russie, envisagent de mettre en oeuvre un nouveau train de sanctions, notamment économiques, alors que la situation dans l’est de l’Ukraine se détériore.
«Je suis convaincu que nous saurons minimiser leurs conséquences», a dit M. Medvedev. «Bien sûr, nous ne renonçons pas à la coopération avec des entreprises étrangères, notamment des pays occidentaux. Mais nous seront prêts à faire face à des mesures inamicales», a-t-il poursuivi.
Le Premier ministre a indiqué que les secteurs qui pouvaient être touchés par les sanctions, comme celui de la défense ou des biens d’équipement, recevraient du gouvernement «le soutien nécessaire».
AFP
Publié dans Economie, International, Politique | Tagué ,

Ukraine : passe d’armes sur l’accord de Genève

alemonde_des-hommes-armes-sans-uniforme-distinctif-sur_257aa304a05c8fd8d603d26932cd73c7
L’accord quadripartite de Genève destiné à apaiser la situation en Ukraine a subi hier de nouveaux coups de boutoir, les séparatistes prorusses de l’est du pays ne manifestant aucune volonté apparente de mettre fin à leur occupation de bâtiments officiels.
La confrontation sur le terrain se double d’un affrontement diplomatique entre les Etats-Unis, qui appuient le nouveau pouvoir à Kiev, et la Russie, qui accuse cette dernière de bafouer "grossièrement" l’accord de Genève et d’être responsable de la situation actuelle.
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a appelé la Russie à prendre "des mesures concrètes pour aider à la mise en œuvre de l’accord en appelant publiquement les séparatistes à évacuer" les bâtiments occupés illégalement, a indiqué la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki.
Le département d’Etat américain a dévoilé lundi des images fournies par Kiev montrant, selon lui, que des séparatistes armés dans l’Est ukrainien sont en fait des militaires ou officiers de renseignement russes.
Le vice-président américain Joe Biden se rend mardi à Kiev pour apporter son soutien aux autorités ukrainiennes pro-occidentales. Il est le premier haut responsable américain à se rendre en Ukraine depuis la visite de M. Kerry, le 4 mars. Il doit rencontrer le président par intérim Olexandre Tourtchinov et le PM Arseni Iatseniouk.
Le Monde 22/04/2014
Publié dans International | Tagué ,

Retour de Syrie – Le calvaire des otages français

aOtages-en-Syrie-Twitter_scalewidth_630
Une kalachnikov pointée sur la tête et le calvaire commence pour les journalistes, otages dix mois en Syrie : les coups, la faim, le froid, l’obscurité, un jeu d’échecs bricolé…
Les ex-otages ont livré, sur Europe 1 pour Didier François et Edouard Elias, France 24 et Arte pour Nicolas Hénin, leur quotidien éprouvant, depuis l’enlèvement par un groupe djihadiste jusqu’à la "première odeur de liberté" à la frontière turque

aotages arrivée

Le journaliste Édouard Elias, l’un des quatre otages français libérés samedi en Syrie, était accueilli par ses proches dimanche à son arrivée à la base aérienne de Villacoublay, près de Paris.
Publié dans International, Politique, Résistance | Tagué

Pages-clés de l’histoire du XXe siècle, British Pathé donne libre accès à 85 000 vidéos

L’information est un peu passée inaperçue dans l’Hexagone, pourtant elle mérite le détour.

a-BRITISH-PATH-640x468-300x300

Le 13 avril dernier, British Pathé a mis en ligne sur YouTube 85 000 films, soit l’intégralité de ses archives. Pionnier des actualités cinématographiques, le groupe, fondé par le producteur français Charles Pathé, avait dès 1902 installé une branche à Londres, produisant des contenus de 1910 aux années 1970.
Ces reportages ont été diffusés dans les cinémas britanniques jusqu’à l’avènement de la télévision. Ce sont ainsi des pages-clés de l’histoire du XXe siècle que l’on peut découvrir, classées par rubriques : grandes dates qui ont changé le monde, inventions, catastrophes aériennes, célébrités, etc.
On peut par exemple visionner l’exploit de l’aviateur Charles Lindbergh — sa traversée en solo de l’océan Atlantique en 1927 ; les Beatles reçus à Buckingham Palace en 1965 pour être faits commandeurs de l’ordre de l’Empire britannique ; ou, sur une note plus légère, Arnold Schwarzenegger remportant son premier titre de Monsieur univers en 1969.
Rouen en 1949

abpRouen-Pathe-630x0

Publié dans Culture, Loisirs Tourisme, Médias | Tagué , ,

Mexico – Cérémonie hommage à Gabriel Garcia Marquez,

alemondeh_11_ill_4405050_garciamarquezap
Les présidents colombien et mexicain ainsi qu’une foule nombreuse étaient rassemblés lundi à Mexico pour rendre hommage au Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, qui s’est éteint jeudi à l’âge de 87 ans.

agabriel-garcia-marquez

 

Publié dans Culture, International | Tagué

Le CSA, futur censeur du Net ?

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) fait, dans son rapport 2013, publié lundi 14 avril, de nombreuses propositions.
Parmi celles-ci, appliquer à Internet les grands principes moraux déjà mis en place à la radio et à la télévision, notamment en matière de protection de l’enfance.
Le CSA voudrait exercer un contrôle sur tous les acteurs proposant des contenus audiovisuels sur Internet.
Publié dans Droit de l'humain, Internet, Médias | Tagué ,

Berlin invente le "magasin d’emprunt"

Ouest-France – mardi 22 avril 2014 -
Sans titreSans titre 21
Publié dans Insolite, Social

Drôme, Grand Barry : l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) inaugure la première réserve privée de vie sauvage

LE MONDE | 21.04.2014 |

Dans la Drôme, des terres rendues à la vie sauvage

Pour pallier les carences de l’Etat, une association rachète des terrains qu’elle transforme en réserve, vierges de toute intervention humaine.
alemonde drome61_ill-4404857-1f71-dsc01830_a4676b293741d30ea7b1b4c63d3cca43
A perte de vue, des falaises de calcaire s’élèvent, majestueuses, tapissées d’un dense couvert forestier. En contrebas, un ruisseau, le Riousset, s’étire longuement, bordant quelques rares bâtisses de pierres du hameau de Véronne.

alemonde drome_ill-4404755-0c6a-rvs-grand-barry3-remi-collange_7f9945e74b4a74ab0d070bd1f2a05814

C’est dans ce lieu majestueux, au coeur de la Drôme et aux portes du Vercors, que l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) va inaugurer, mardi 22 avril, la première réserve privée de vie sauvage, celle du Grand Barry. Objectif de ce lieu inédit en France : laisser la nature s’exprimer sans la moindre intervention humaine. Et prendre le relais d’une gestion publique des aires protégées jugée « déficiente ».
« Alors que les parcs et réserves naturelles ne protègent plus autant la biodiversité, en autorisant fréquemment la chasse et l’exploitation forestière, nous avons développé un nouvel outil pour assurer une protection pérenne des milieux naturels : l’acquisition foncière, explique Pierre Athanaze, le président de l’Aspas, reconnue d’utilité publique. Depuis 2010, nous rachetons des terrains avec comme seul mode de gestion la libre évolution. »
FONDS PRIVÉS
Pour financer ses espaces, l’association, qui refuse d’être subventionnée par l’Etat, ne recourt qu’à des fonds privés : ce sont les cotisations de ses 11 000 adhérents, ainsi que des dons, legs et un coup de pouce de la Fondation pour une Terre humaine, qui ont permis de réunir les 150 000 euros nécessaires à l’acquisition des 110 hectares de terrains du Grand Barry, achetés à des particuliers.

alemonde drome745_6_d128_ill-4404745-2527-dscf6388_2108541db0aec45f7e539d8f7313dfbf

Des opérations similaires menées dans les Côtes-d’Armor et dans la Haute-Loire permettent aujourd’hui à l’association de totaliser 300 hectares « sauvages ». Pour l’instant, seule la zone du Grand Barry a été labellisée « réserve de vie sauvage », une marque déposée par l’Aspas. Elle a par ailleurs intégré en février le réseau européen Rewilding Europe, qui regroupe 27 réserves et vise à atteindre, d’ici à 2020, un million d’hectares.
CAHIER DES CHARGES EXIGEANT
Le cahier des charges de ces « îlots de naturalité » est des plus exigeants. Sont interdits la chasse et la pêche, l’exploitation forestière et agricole, l’élevage, les feux, les dépôts de déchets, le passage de chiens non tenus en laisse et même la cueillette. Seule la promenade non motorisée, sur les sentiers, est autorisée.
Ce niveau de protection très élevé et unique en France correspond à la catégorie 1b (zone de nature sauvage) du classement des aires protégées, réalisé par l’Union internationale de conservation de la nature, qui mesure, sur une échelle de 6, l’intervention humaine sur la nature. Une demi-douzaine d’agents assermentés – bénévoles – seront bientôt formés pour faire respecter la charte dans cet espace en libre accès, et des panneaux d’information seront installés.
EFFETS VISIBLES DANS PLUSIEURS GÉNÉRATIONS
alemonde drome4a_ill-4404728-44cf-chevreuil3-remi-collange_4e60900ab8fd16994eaf5576adcfb538
« Depuis près de deux ans que les terrains sont interdits à la chasse, nous avons observé un retour des grands ongulés », s’enthousiasment Roger Mathieu et Françoise Savasta, administrateurs de l’Aspas dans la Drôme, en faisant découvrir la réserve.

alemonde drome_un-chamois-dans-la-reserve-du-grand-barry_bb57d89edc0020fc384d02a94c2a4bd2

Lors de la visite, on n’apercevra aucun des nombreux chamois, chevreuils, biches ou cerfs qui arpentent les sentiers et rochers de la zone, en raison de la chaleur et des fortes bourrasques de vent. Mais les multiples traces et crottes, ainsi que les pièges photo installés sur des arbres, attestent des fréquents passages des herbivores.
alemonde drome889c-vautour-fauve-remi-collange_59f53867b4048925fcbb400432377900
« La biodiversité est exceptionnelle ici. On procède à un inventaire de la faune et la flore », indique Roger Mathieu, en suivant avec ses jumelles des aigles royaux, circaètes, éperviers et vautours fauves qui paradent dans le ciel.

alemonde drome9_6_2e89_ill-4404739-942c-amlanchier-dscf0286_0dfdc297bccd81ad055b0c0f150b6a8a

amélanchiers fleurissant au pied des chênes pubescents et des pins sylvestres.

alemonde drome9-ophrys-becasse-remi-collange_3231bef81ffe7defc1e834cdfaca889e

alemonde 87-gesse-de-hongrie-dsc00308_95fa3c17bd999ed602e1d57a9af63244

A hauteur de sol, ce sont des hépatiques, colchiques ou encore gesses de Hongrie qui fleurissent au pied des chênes pubescents et pins sylvestres. « En France, c’est inimaginable que l’on achète et privatise des terrains pour ne rien en faire, si ce n’est regarder la nature évoluer », regrette Françoise Savasta, passionnée de botanique. Mais les effets véritables de cette renaturalisation ne seront visibles que dans plusieurs générations.
SEULEMENT 1 % DU TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN PROTÉGÉ
La protection française des espaces naturels a pris son envol au début des années 1960, avec la création progressive d’une vingtaine d’outils et de statuts, tels que les parcs nationaux (au nombre de dix), les parcs régionaux (48), les réserves naturelles (166 nationales, 129 régionales et 6 corses), les sites Natura 2000 ou encore les arrêtés de biotopes.

alemonde drome chamois_a0f4_ill-4404740-7764-chamois-roger-mathieu_65183efaaaa06cf6fe1791618650b9f8

Malgré tout, seulement 1 % du territoire métropolitain est aujourd’hui « sous protection forte » – un chiffre qui est censé doubler d’ici à 2019 en vertu des engagements du Grenelle de l’environnement. « Nous avons des lacunes en termes de protection par rapport à nos voisins européens, regrette Daniel Vallauri, chargé de la biodiversité et des forêts pour WWF France. En France, l’homme a toujours façonné l’ensemble de ses paysages, notamment par l’agriculture, l’exploitation forestière et l’urbanisation. Et nous avons des propriétaires et des usages privés partout, qu’il faut satisfaire. »
« LA LOI DE 2006 A ABAISSÉ LES EXIGENCES »
La loi de 2006, qui réforme le statut des parcs nationaux, a accru l’empreinte humaine sur ces espaces naturels. En ouvrant les conseils d’administration des parcs aux élus locaux, et en renégociant leur charte avec les communes, elle les a davantage soumis aux pressions économiques et touristiques. « L’objectif était de concilier impératif de protection et développement économique, afin de favoriser l’acceptabilité de l’ensemble du parc par les élus et citoyens », explique Alby Schmitt, directeur adjoint de l’eau et de la biodiversité au ministère de l’écologie.
« La loi a abaissé les exigences de protection du coeur des parcs, ceux-là mêmes qui devraient être des sanctuaires », rétorque Anthony Turpaud, secrétaire de la branche espèces protégées au Syndicat national de l’environnement et agent technique au parc du Mercantour. « Nous avons moins de temps à consacrer aux zones centrales car nous avons des nouvelles missions de développement local dans les zones périphériques, poursuit-il. Surtout, le lobbying des différents groupes d’intérêts est devenu plus fort. »
acalanques
Ainsi la chasse a-t-elle été autorisée dans le cœur du dernier-né des parcs nationaux, celui des Calanques – de même que dans 70 % des réserves naturelles.

acevennes-213f118

Le parc national des Cévennes, de son côté, a demandé à être une zone d’exclusion pour le loup.

alemondel-4404741-44da-circate-grard-grassi_54780da3af781be9a6dbf6429e69fa85

A l’inverse du Grand Barry, où les animaux sauvages sont désormais maîtres de leur territoire.
Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale ) Journaliste au service Planète du Monde

 

Publié dans animaux, Ecologie, Nature | Tagué , , , ,

Pour rendre la monnaie de sa pièce à l’Europe…

TerraEco magazine – avril 2014 -S.B.
Faudra-t-il s’étonner si le Front national et l’abstention sortent victorieux des élections européennes ? "La montée des extrêmes droites un peu partout en Europe est l’évident symptôme" de la négation de toute "souveraineté populaire" par l’Union européenne (UE), répond Frédéric Lordon. Pour l’économiste et philosophe, l’essor du parti grec néonazi Aube dorée est un "reproche vivant fait à l’Europe libérale, supposément justifiée pour que ‘plus jamais ça !‘ et dont tous les actes concourent inexorablement à faire revenir ‘ça’"…
La charge est virulente contre le couple franco-allemand, dont les élus, socialistes comme de droite, ont fait de l’UE un "laboratoire du néolibéralisme" (spéciale dédicace à Jacques Delors et Pascal Lamy…), où la politique est déconnectée des suffrages et résulte de dispositifs gravés dans le marbre des traités : indépendance de la Banque centrale européenne, seuils absurdes de déficit (3% du PIB) et de dette (60%).
imagesCAAJVFD6Qu’importe si l’austérité génère un taux de chômage dépassant les 25% en Europe du Sud, voire une baisse de l’espérance de vie… Qu’importe si les peuples disent stop (référendum de 2005)… l’Europe s’enferre dans ses carcans – voir le renforcement des sanctions prévu par le pacte budgétaire européen. En cause "l’obsession monétaire" de l’Allemagne, allergique à toute intervention politique pour faire marcher la planche à billets, analyse Frédéric Lordon, esprit brillant peu soupçonnable de germanophobie. On lui doit notamment D’un retournement l’autre (Seuil, 2013), pièce de théâtre en alexandrins, formidable d’humour et de pédagogie, sur la transformation de la crise des subprimes en crise des dettes souveraines. Des évènements dont on paye aujourd’hui la facture : pour sauver les banques, les gouvernements européens ont creusé leurs dettes, de près de 50% en France à plus de 400% en Irlande !
Irréformable Union
"Il faut répéter que nous ne sommes pas comptables [de ce surplus de dettes]. Et que par conséquent, nous ne le paierons pas." L’économiste évalue toutes les conséquences et les conditions du défaut de paiement, à commencer par la sortie de l’Euro, préalable à une "monnaie commune", avec ou sans l’Allemagne.
Cette "stratégie du choc" sera d’abord nationale, car l’UE est irréformable, juge l’auteur. Plus souverainiste que ses collègues des "Économistes atterrés", il récuse l’amalgame avec le FN, dont il démonte les entreprises de récupération idéologique. On peut, selon lui, s’opposer à "la mondialisation des conteneurs sans tourner le dos à toutes les autres manières (…) de s’ouvrir au monde"… Lucide et décapant.
lordonFrédéric Lordon est un économiste et philosophe français d’inspiration spinoziste né le 15 janvier 1962. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE). Il est membre du collectif « Les Économistes atterrés ».
Un livre qui, dans la perspective des élections européennes, sera au cœur du débat.
L’européisme est devenu le pire ennemi de l’Europe. Ne voulant plus que « l’Europe » intransitivement, c’est-à-dire sans le moindre égard pour ses contenus concrets, prêt s’il le faut à martyriser des peuples entiers, en Grèce, au Portugal ou en Espagne, il est devenu une obstination aveugle auquel il est temps de mettre un coup d’arrêt. Au-delà de ses pires désastres économiques, sa tare majeure, et congénitale, est politique : le déni absolu de toute expression des souverainetés populaires.
v_book_85Certains, à gauche, continuent cependant de croire qu’on pourra changer l’euro austéritaire en un euro social. Mais, la crise présente l’a assez démontré, une monnaie unique aimable suppose d’être parachevée par une union politique authentique… que l’européisme présuppose sur le mode de la pure pétition de principe sans jamais vouloir en analyser les exigeantes (et improbables) conditions de possibilité. Aussi bien l’urgence économique et sociale que la disponibilité immédiate des institutions matérielles et symboliques de la souveraineté commandent alors de réexaminer de près l’option des monnaies nationales. Sous deux codicilles cependant : 1) reconstruire les concepts de souveraineté et de nation d’une manière qui les rendent irrécupérables par l’extrême-droite ; 2) réaffirmer que défaire la monnaie européenne, de toute façon aussi mortifère que non-viable, n’exclut nullement de continuer à œuvrer pour l’approfondissement résolu de tous les autres liens entre les peuples européens – et enfin de faire Europe autrement que par l’économie ! –, ni même de penser à refaire un commun monétaire européen, sous la forme non plus d’une monnaie unique mais d’une monnaie commune.
 La Malfaçon : Monnaie européenne et souveraineté démocratique
Date de parution : 26-03-2014 / ISBN : 9791020900937 /14.5*22 cm cm / 304 pages / 20.50 €
Publié dans Débats Idées Points de vue, Europe | Tagué

Dessin de Dussault – Ukraine : Poutine et sa rhétorique …

Le Monde  22 avril 2014

apoutine titre!cid_image009_png@01CF5D73

apoutine le monde!cid_image010_png@01CF5D73

Publié dans Humour, International | Tagué , ,

France – Organisation patronale du pays : Les Français ont une mauvaise opinion du Medef

Le Medef impopulaire auprès de 57% des Français
Près de six Français sur dix (57%) ont une mauvaise opinion du Medef, une impopularité qui frappe aussi le président de l’organisation patronale Pierre Gattaz, selon un sondage BVA à paraître dimanche dans le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui
Seulement 37% des Français reconnaissent avoir une bonne opinion du Medef, première organisation patronale du pays, selon ce sondage réalisé auprès d’un peu moins de 1.000 personnes.
Parmi les sympathisants de gauche, ils sont 84% à affirmer avoir une mauvaise opinion tandis que les sympathisants de droite sont 61% à déclarer une bonne opinion.
Cependant, si les trois-quarts des sympathisants UMP ont une bonne opinion du Medef (74%), les sympathisants du Front national, à l’inverse, sont 61% à en avoir une mauvaise.
Le Medef est perçu par 61% des Français comme un bon représentant des chefs d’entreprises mais une écrasante majorité considère que l’organisation patronale "défend davantage les grandes que les petites entreprises" (77%) et qu’il "défend surtout les intérêts des plus riches" (69%). Plus de 60% estiment aussi qu’il "ne comprend pas les problèmes des salariés" (62%) et qu’il est "politiquement trop libéral" (61%).
gattaz_medef_0_0L’impopularité du Medef touche encore davantage son président Pierre Gattaz : seulement 17% des Français disent l’apprécier contre 49% en ayant une mauvaise opinion et 34% affirmant ne pas le connaître suffisamment pour se forger un avis.

Pierre-Gattaz-version-Guignol_pics_390

Capture d’écran les guignols de l’info
Parmi ceux qui estiment le connaître, Pierre Gattaz ne bénéficie que de 25% de bonnes opinions contre 75% de mauvaises. Les 66% des Français qui disent le connaître considèrent aussi que Pierre Gattaz est un mauvais président du Medef (59%) et c’est l’avis non seulement de 75% des sympathisants de gauche, mais aussi de 45% des sympathisants de droite et même de 29% de ceux ayant pourtant une bonne image du Medef.
La mauvaise image de l’organisation patronale et de celle du patron des patrons français "a encore été dégradée par les récentes critiques de Laurence Parisot et par la proposition très impopulaire de Pierre Gattaz d’instaurer un salaire minimum inférieur au smic +pour encourager l’embauche des jeunes+", commente Eric Bonnet, directeur des études politiques de BVA.
aParisotcoulCes récents propos de M. Gattaz ont provoqué un rejet du gouvernement et une réaction indignée des syndicats.
Laurence Parisot, qui l’a précédé à la tête du Medef, a également estimé que proposer un salaire en-dessous du Smic s’apparentait à "une logique esclavagiste".
TV5MONDE Paris (AFP) – 19.04.2014 © 2014 AFP

 

Publié dans Débats Idées Points de vue, Economie, Politique | Tagué , , ,

Russie – Vladimir Poutine : La Hongrie, un atout dans son jeu ?

LE MONDE |  20.04.2014 à 15h22 |

La Hongrie, un atout dans le jeu de Vladimir Poutine ?

Moscou passe pour le principal mécène du JOBBIK, le parti d’extrême droite hongrois

alemonde hongrie3b_gabor-vona-le-president-du-parti-d-extreme_6dd4276c248c35c3f5e6a2b51bed71bc

Gabor Vona, le président du parti d’extrême droite hongrois Jobbik, au Parlement, le 14 mai 2010, revêtu du gilet noir de l’uniforme de la Garde hongroise, organisation paramilitaire interdite. | AFP/ATTILA KISBENEDEK
La Hongrie, qui a pris les armes en 1956 contre la tutelle soviétique, est devenue un atout dans le jeu de Vladimir Poutine, bien qu’elle fasse partie de l’Union européenne et de l’OTAN. Ce paradoxe, au moment où l’Europe affronte une crise aiguë avec la Russie, est accentué par les résultats des législatives du 6 avril.
Les gagnants du scrutin, le Fidesz du nationaliste conservateur Viktor Orban (44,5 % des voix) et le Jobbik, le parti d’extrême droite dirigé par Gabor Vona (20,3 %), dénoncent à l’unisson la faillite morale de l’Occident et se retrouvent, à des degrés divers, dans la sphère d’influence de Moscou, fer de lance de « l’union eurasienne ».
Aujourd’hui, le Fidesz n’a pas besoin du Jobbik pour gouverner. Mais la situation pourrait changer en cas d’aggravation des problèmes économiques : la convergence idéologique avec M. Vona, notamment sur l’attitude à adopter envers la Russie, sera alors beaucoup plus puissante qu’avec la gauche libérale, que M. Orban traite en ennemie.
Les liens du Jobbik avec Moscou n’ont cessé de se renforcer, selon l’analyse publiée, sous le titre The Russian Connection, par le Political Capital Institute de Budapest. Moscou passe pour le principal mécène du parti de M. Vona, en vertu de ce que la « doctrine eurasienne » de M. Poutine, exposée en 2011 dans le quotidien russe Izvestia, appelle les « moyens actifs » pour soutenir les partis « amis » dans toute l’Europe.
Dans son programme de 2010, le Jobbik soulignait l’importance des bonnes relations avec « une Russie toujours plus influente ». En mai 2013, lors d’une conférence à l’université Lomonosov de Moscou, M. Vona a présenté la Russie comme la gardienne de l’héritage européen, à la différence de l’UE qui ne ferait que le « trahir ».
En 2013 encore, durant la réunion, à Kaliningrad, du Groupe de travail interparlementaire entre la Russie et l’UE, le député européen du Jobbik, Bela Kovacs, a demandé à un sénateur russe s’il voyait « une possibilité, dans le futur, qu’un pays membre de l’Union européenne puisse débuter des négociations en vue d’adhérer à l’“union eurasienne” ».
Comme nombre de partis d’extrême droite, le Jobbik veut participer au Forum national russe prévu à Saint-Pétersbourg, les 4 et 5 octobre. Les objectifs de cette vaste rencontre (1 500 invités) sont de définir une « nouvelle doctrine nationale pour la Russie et l’Europe » et de créer un « comité de coordination permanente ». En clair, un « Komintern » des nationalistes, de Dunkerque à Vladivostok.
La droite extrémiste hongroise aime M. Poutine – de même que M. Orban admire l’homme fort de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan. Elle s’est placée à son côté dans la controverse autour de l’Ukraine, comme elle l’avait fait, en 2008, lors du conflit armé entre la Russie et la Géorgie. L’annexion de la Crimée et la perspective d’une structure fédérale en Ukraine lui permettent de rêver à un sort comparable pour les territoires habités par des minorités magyares, séparés de la Hongrie par le traité de Trianon en 1920 après la première guerre mondiale.
CONTRAT NUCLÉAIRE AVEC MOSCOU
Mais qu’en est-il du Fidesz, qui prône aussi de nouvelles alliances économiques avec l’Asie ? Avant de revenir au pouvoir, en 2010, M. Orban avait vu plusieurs fois M. Poutine. Les débuts furent difficiles : le dirigeant hongrois avait bâti sa légende sur le discours qu’il a prononcé en juin 1989 à Budapest pour exiger le départ des soldats soviétiques. « Puis Poutine a pris conscience qu’Orban pouvait être un allié très utile », affirme Peter Balazs, ancien représentant de la Hongrie à Bruxelles, qui fut ministre des affaires étrangères de 2009 à 2010.
En pleine montée des tensions en Ukraine, à la mi-janvier, M. Orban a signé un contrat de 10 milliards d’euros avec Moscou, pour augmenter la capacité de la centrale nucléaire de Paks. La Hongrie est le second pays de l’UE, après la Finlande, faire appel aux Russes dans le nucléaire civil. Mais, alors que le contrat finlandais a été conclu avec une coopérative des futurs usagers industriels, celui-ci a été passé entre Etats et constitue un véritable cheval de Troie introduit par Moscou dans la forteresse européenne.
La surprise vient de la précipitation de M. Orban, qui avait assuré qu’aucune décision ne serait prise avant les législatives. Le Jobbik a été seul à l’applaudir, et les détails ont été tenus secrets, jusqu’à ce que Moscou les publie, le 15 mars : les contribuables hongrois ont alors appris que les pénalités, en cas de retard dans le remboursement du crédit, seraient de 50 %. Aujourd’hui encore, les raisons de ce choix stratégique sont mystérieuses. S’agissait-il d’amadouer Moscou en vue d’obtenir de meilleurs tarifs pour le gaz russe ?
M. Balazs, qui négocia jadis l’adhésion de la Hongrie à l’UE, voit des motifs plus terre à terre : « La technologie nucléaire sera fournie par les Russes. Aux Hongrois, il restera le béton. Mais des quantités phénoménales de béton. » Or le roi du béton, en Hongrie, Lajos Simicska, patron de l’entreprise Közgep, est un ami de longue date de M. Orban.
Si cette hypothèse est la bonne, elle jette une lumière sinistre : car le plus inquiétant, souligne un diplomate européen en poste à Budapest, est moins la percée électorale du Jobbik que « l’émergence, au sein de l’UE, d’un système oligarchique » semi-autoritaire – sur le modèle de la Russie de Vladimir Poutine.
stolz@lemonde.fr Joëlle Stolz (Vienne, correspondante) Journaliste au Monde
Publié dans Europe, International, Politique | Tagué ,