Santé – « AVC, AGISSEZ ! » du 25 octobre au 1er novembre.

 « AVC, AGISSEZ ! »  Sud-Ouest 29/10/2014
Semaine de prévention de l’hypertension artérielle et de l’arythmie cardiaque, 2 causes principales de survenue des accidents vasculaires cérébraux.

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Troisième cause de mortalité et première cause de handicap en France, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) entraînent une surmortalité des moins de 65 ans en Aquitaine. Cette maladie touche en moyenne une personne par heure en Aquitaine.
Après avoir réalisé une vaste campagne de communication pour faire connaître les signes d’alerte des AVC et le réflexe d’appel au 15, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Aquitaine (ARS) et de nombreux acteurs de santé* souhaitent agir en amont, en organisant une semaine de prévention de l’hypertension artérielle et de l’arythmie cardiaque, deux causes principales de survenue des AVC.
Hypertension et arythmie : deux causes principales de survenue des AVC
L’excès de pression artérielle est impliqué dans 80 % des AVC et des battements de cœur irréguliers (arythmie) sont responsables de 1 AVC sur 5. Par ailleurs, des artères abîmées peuvent également être responsables d’un AVC.
N’attendez pas de faire un AVC, consultez votre médecin !
Vous pouvez faire de l’hypertension et/ou de l’arythmie sans le savoir. Afin d’éviter des risques inutiles, pensez à faire vérifier votre tension et votre pouls lors d’une prochaine consultation chez votre médecin. Un geste simple qui permettra à votre médecin de vous conseiller sur le comportement ou le traitement à adopter. Du 25 octobre au 1er novembre 2014, pensez-y ! AVC, agissez !
Saisissez-vous de votre santé pour éviter les AVC
Pour les AVC, la bonne nouvelle est que la prévention est efficace. Trois comportements simples à adopter pour éviter les AVC
  –  Pratiquer une activité physique régulière,
  –  Adopter une alimentation équilibrée et pauvre en sel,
  –  En cas de traitement contre l’hypertension ou pour stabiliser le rythme cardiaque, bien respecter les prescriptions.

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Une vaste campagne de communication pour sauver des vies
Dans le cadre du Plan national AVC, l’ARS Aquitaine et ses partenaires* ont fait des AVC, depuis 2011, une priorité régionale de santé publique.
Cette année, la campagne de communication reçoit le soutien de 45 personnalités de la région des secteurs de la politique, de la santé, du cinéma, de l’industrie, du vin, de la cuisine, du sport… Alain
Juppé a accueilli l’opération de lancement à la Mairie de Bordeaux le 24 octobre et une conférence débat, ouverte au grand public (entrée gratuite), « AVC, AGISSEZ ! – Accidents Vasculaires Cérébraux : comment les prévenir et les combattre ? » est proposée le mardi 28 octobre à 19h à l’Athénée municipal de Bordeaux. Enfin, de nombreuses structures et professionnels de santé ont choisi de relayer la campagne sur toute la région (diffusion de supports, séances d’information, etc).
* CHU de Bordeaux, Union régionale des professionnels de santé médecins libéraux d’Aquitaine, Mutualité Française Aquitaine, caisses d’assurance maladie d’Aquitaine (CPAM, Direction régionale du service médical, MSA, RSI), Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT), associations de malades (France AVC 33, Amoc 33, Cocerles 47), Comité régional de coordination aquitain.
Les AVC en chiffres
En Aquitaine
  –  8 000 personnes atteintes d’un AVC hospitalisées en 2010, dont près de 3 000 garderont des séquelle
  –  1 personne touchée par heure en moyenne
  –  25 % des AVC touchent des personnes de moins de 65 ans, c’est-à-dire des personnes en âge de travailler
  –  57 % des victimes d’AVC sont des femmes
  –  Le risque de récidive à 5 ans est de 30 à 43 %
Des résultats encourageants en Aquitaine à la suite de la campagne de sensibilisation aux signes d’alerte des AVC et au réflexe d’appel au 15

 

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Logement étudiants : vivre dans d’anciens bureaux…

Siné Mensuel – octobre 2014 – par Thibault PRÉVOST
S’il y a bien un point commun entre la précarité étudiante et le prix des loyers en zone urbaine, c’est leur constante augmentation. La faiblesse des uns faisant souvent le profit des autres, une solution alternative apparaît : la location de bureaux vides, transformés en espaces d’habitation. Un procédé à mi-chemin entre gardiennage et location.
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Comment ça marche ? Pour l’instant, une seule société propose ce service en France : Camelot Housing Après une inscription sur leur site, il ne vous restera plus qu’à choisir un « espace » et attendre un entretien. Même s’il est obligatoire de « garantir des revenus réguliers », les conditions sont plus souples qu’en location classique. Une fois sélectionné, vous voilà prêt à emménager dans un open space aménagé et entièrement vidé, avec cuisine et salle de bains communes. A vous de gérer le trop-plein d’espace !
Avantages et inconvénients : Aucune caution à fournir, un loyer plafonné à 200 euros, charges incluses, indépendamment du prix des loyers aux alentours : c’est là tout l’argumentaire de vente de Camelot Ne rêvez pas, ces avantages ne viennent pas seuls. En contrepartie, il vous sera interdit de fumer, d’amener des animaux et même d’inviter quelques amis (surtout s’ils se comportent comme des animaux) dans votre « chambre », 60m2 ou pas. Enfin, si une entreprise reprend les locaux, vous devez vider les lieux dans le mois.
Comme écrit clairement sur le site de l’agence, « la résidence temporaire n’est pas une location » : étant avant tout considéré comme une alternative gratuite au gardiennage d’immeuble, vous n’avez donc pas les mêmes droits qu’un locataire. Mais à l’heure de la paupérisation, que pèsent encore quelques droits face à un loyer abordable ?
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Sassou N’Guesso et Balkany : les mêmes goûts de luxe

Charlie Hebdo – 29/10/14 – Laurent Léger
Les sommes donnent le tournis, comme souvent dès qu’il s’agit de l’argent dépensé en folies par les potentats, mais à, on en reste bouche bée.
Celui du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, a acheté pour 18 millions d’euros de meubles de luxe en deux ans seulement, entre 2012 et 2014. Le tout chez un seul fournisseur : Bertrand Prestige. C’est ce que révèle une note de Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy, transmise le 4 juillet dernier au procureur de Paris et aux juges qui enquêtent sur les « bien mal acquis » des dictateurs africains que Charlie a consultée.
Faut dire que les meubles Bertrand – qui n’ont pas donné suite à notre demande d’explications – ont tout pour plaire à cet esthète de Sassou : ils ont fourni aussi le riad-des-Balkany-qui-ne-leur-appartient-pas, à Marrakech, pour quelque « mille kilos » d’objets… La plupart, on peut s’en rendre compte sur le site de cette société parisienne, dégoulinent de velours draperies ou plissés.

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Royal ou presque ! Mais pas seulement : comme le signale une revue spécialisée, on y trouve aussi du contemporain et de l’Art déco : « Pour que ces pièces s’adaptent à un intérieur contemporain, quelques notes de modernité son insufflées, avec finesse, dans les formes, les accessoires ou les teintes du mobilier. Mais toujours dans les règles de l’art », écrit très gentiment la rédactrice.
00150015_bd5ad8ddaa32d39ae3de764d07af1be0_arc614x376_w614_us1Tracfin, qui a décortiqué ces achats, a constaté que les paiements de Brazzaville émanaient de la direction du domaine présidentiel, de la direction générale du Trésor et de la délégation générale des grands travaux. Mais les petits fonctionnaires de l’État congolais, on s’en doute, n’ont pas assis leur derrière dans le VIIIème arrondissement de Paris. Les meubles acquis avec l’argent du pétrole ont visiblement atterri dans les différents palais de Sassou : Kinkala (un palais tout neuf à 75 kilomètres de Brazzaville, Djambala (également tout neuf) ou encore Sibiti. Depuis 2004, le vertueux Sassou, qui tient d’une main de fer le pouvoir congolais depuis trente ans, s’est fait construire 8 nouveaux palais. Soit des milliers de mètres carrés à meubler !
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Le Placide – ANFFA : Assemblée nationale Fraudeurs du Fisc Anonymes

27 octobre 2014 – Un député encore en délicatesse avec le fisc

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Afrique – Vie d’opulence

Les milliardaires mènent une existence à part, loin des tracas du quotidien de « l’homme de la rue ». Mais comment vivent-ils en Afrique, continent en pleine croissance ? C’est ce qu’a voulu savoir Jeune Afrique, qui dresse le portrait d’une élite ultra privilégiée.
Le Monde 29 octobre 2014

Dossier : comment vivent les riches en Afrique

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Fortune | Dossier : Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique
C’est l’histoire d’une élite pour laquelle l’argent n’est pas un problème. Une histoire faite de virées en bateau, de fêtes somptueuses, de greens où pas un brin d’herbe ne dépasse. En cinq chapitres, J.A. vous raconte l’Afrique des grandes fortunes.
Pour fêter son diplôme, la fille d’un président d’Afrique francophone donne une réception dans sa propre villa, en plein coeur de la capitale. Derrière l’imposant portail, à l’abri des regards, les 4×4 s’alignent comme à la parade. Des huit-cylindres flambant neufs, mais pas de Hummer, définitivement passé de mode chez ces adeptes du bon goût. La maîtresse des lieux, étudiante à Londres à ses heures perdues, profite de ses vacances pour renouer avec ses amis de la bonne société, sans oublier bien sûr de passer voir papa. Il sait se montrer si généreux.

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Dès l’ascenseur privé qui dessert les étages supérieurs de l’édifice, la soirée bat son plein. Les portes s’ouvrent sur des bouteilles de dom-pérignon empilées dans les seaux à champagne débordant de glace, pendant qu’une dizaine de jeunes gens s’encanaillent sur la piste au son des meilleurs tubes du moment. Tous éclatants de santé et portant beau le vêtement griffé, à l’instar de leurs aînés, dont ils ne font que reproduire le style de vie, entre outrance et outrage. Pour cette jeunesse dorée et mondialisée, l’argent n’a jamais été un problème. À peine un sujet de discussion. Pourquoi s’abaisser à parler de soucis matériels lorsqu’ils n’existent pas ?
ajeune afrique028082014121642000000JA2796p026Quelques semaines plus tôt, dans une autre capitale africaine, les proches d’un autre chef d’État décident, d’un coup de jet privé, d’aller fêter l’anniversaire de l’un de leurs, étudiant à Shanghai. La métropole de la Chine populaire est aujourd’hui une destination très prisée des Africains fortunés. Une sorte d’éden pour VIP, sans paparazzis malintentionnés ou scandale de biens mal acquis à l’horizon. Au contraire ! Dans un pays plus que jamais fasciné par l’argent facile et où les grandes fortunes croissent à la vitesse d’une Porsche Cayenne, quoi de plus normal que d’étaler sa richesse ?
Voilà donc comment vivent les riches en Afrique, où là aussi ils se multiplient. D’ici à 2023, le nombre de milliardaires augmentera de 52 %, soit la plus forte progression mondiale ! Les spécialistes estiment même que le continent doit devenir l’espace géographique le plus propice à la création de richesse. Le yacht à 43 millions de dollars acquis en 2013 par l’Africain le plus fortuné, le Nigérian Aliko Dangote, pourrait très vite ne plus être l’exception. Prière de ne pas déranger, SVP !!!
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Lire aussi notre dossier Opulence et démesure, voyage au coeur de la planète fric
Photo : Une Laraki Fulgura, voiture de sport made in Maroc. Prix : 300 000 euros. © DR  
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Australie : un espoir pour les koalas malades

Un vaccin chez les koalas frappés par les chlamydiae

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Des chercheurs australiens ont testé chez des koalas sauvages, avec des résultats prometteurs, un vaccin contre les infections à la chlamydiae, maladie sexuellement transmissible qui fait des ravages chez ces marsupiaux endémiques de l’île-continent.
La population de ces petits marsupiaux à fourrure qui ressemblent à des nounours, classés espèce vulnérable par le gouvernement, est en forte diminution en raison notamment de la perte de son habitat et de maladies.

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Un koala du Quennsland au Zoo de Schooenbrunn à Vienne, le 27 août 2014 afp.com -
Après cinq années de recherches, une équipe de microbiologistes de l’Université de la Sunshine Coast ont testé un vaccin avec des résultats de bon augure pour l’animal. « C’est très prometteur, du point de vue de la réponse immunitaire mais aussi car il protège un nombre significatif d’animaux », a dit à l’AFP le professeur Peter Timms.
koalaarbre10Peter Timms et son collègue Adam Polkinghorne ont vacciné un premier groupe de 30 koalas tandis qu’un groupe témoin de 30 animaux a été laissé en l’état.
Cette maladie sexuellement transmissible, très prévalente chez certaines populations de ces marsupiaux, peut provoquer la cécité et la stérilité.
Au sein du premier groupe, certains étaient en bonne santé et d’autres présentaient des symptômes de la maladie comme des infections aux yeux et de l’appareil reproducteur. Sept animaux sur huit ayant des infections aux yeux ont vu leur état de santé s’améliorer.
Parmi le groupe témoin, les infections oculaires chez quatre des six animaux atteints de ce symptôme se sont aggravées.
Les koalas atteints par la bactérie dans le groupe vacciné n’ont pas développé de symptômes, ont également découvert les chercheurs.
Cette maladie est l’un des facteurs qui contribuent au déclin du nombre des marsupiaux. « Ce vaccin pourrait faire la différence », a ajouté le professeur Timms.
Les chercheurs souhaitent poursuivre leurs essais sur des groupes plus importants d’animaux.

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Au moment de l’arrivée des premiers colons britanniques en 1788, les koalas étaient plus de 10 millions, selon les estimations. Il pourrait aujourd’hui n’en rester que 43.000. Comme ils vivent haut perché dans les arbres, leur nombre est difficile à évaluer.

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 TV5MONDE Sydney (AFP) – 29.10.2014 © 2014 AFP
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Twitter – Grande-Bretagne : Prévention des suicides

Une association britannique lance une application pour détecter les tweets suicidaires
Pour tenter de prévenir les suicides, une association caritative britannique lance mercredi une application informatique destinée à vous avertir si l’un de vos amis écrit des tweets se révélant inquiétants.

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Le compte officiel de Twitter sur le réseau social afp.com – Damien Meyer
L’application gratuite lancée par l’organisation Samaritans, spécialisée dans l’aide psychologique, détecte des messages contenant les mots comme « fatigué d’être seul », « je me hais », « déprimé« , « besoin d’aide » ou « besoin de parler à quelqu’un« .
Ceux qui ont souscrit à l’application reçoivent immédiatement un courrier électronique les avertissant de l’existence de ces tweets et leur donnant des informations sur la manière dont ils peuvent apporter leur aide.
L’application baptisée Radar app est destinée aux personnes âgées de 18 à 35 ans, les plus actives sur les réseaux sociaux.
« Nous savons que les personnes qui souffrent vont souvent en ligne pour trouver de l’aide, explique Joe Ferns, l’un des responsables de l’association. Nous avons besoin d’instruments comme le Samaritans radar pour encourager les gens à faire attention les uns aux autres en ligne, les aider à chercher et à trouver de l’aide ».
TV5MONDE Londres (AFP) – 29.10.2014 © 2014 AFP
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Neuf-quinze – Etrange cancanement : le tam-tam médiatique

neuf-quinze@arretsurimages.eu 29/10/2014

 – Du nivèlement des scandales

09h15 – Le Canard n’est pas content. Dans son numéro d’aujourd’hui, le volatile reproche à mots couverts à Mediapart d’avoir « jeté en pâture » le nom de Gilles Carrez, président de la commission des finances de l’Assemblée (1), parmi les quelque 60 parlementaires « en délicatesse avec le fisc ». Motif : les discussions entre Carrez et le fisc n’ont pas encore abouti.
Etrange cancanement : c’est pourtant le volatile lui-même qui, dans son numéro précédent, dévoilait ce chiffre : 60 parlementaires. Les discussions, alors, n’avaient pas davantage abouti. Certes, Le Canard ne donnait pas les noms. Mais même sans les noms, l’info était tout aussi susceptible d’entretenir « l’antiparlementarisme ».
Dans l’enquête de Mediapart, le point de vue du contribuable Carrez était exposé en détail. A chaque lecteur de se faire son opinion sur sa bonne ou sa mauvaise foi. A quel moment, d’ailleurs, la publication des noms des parlementaires aurait-elle été conforme à la déontologie du Canard ? A la fin des discussions entre le fisc et les parlementaires ? Et alors, dans quel cas exactement ? Si le fisc donnait raison aux parlementaires ? Dans le cas contraire ? Les deux ? Aucun ? Depuis l’affaire Cahuzac, les parlementaires vivent dans un nouvel écosystème, plus transparent, même s’il est loin de l’être totalement. C’est évidemment moins confortable pour eux. Mais Le Canard préférait-il l’ancienne mare ?
Plus pertinente, s’il faut trier entre les sujets d’attention et d’indignation, est, à mes yeux, l’importance respective accordée par le tam-tam médiatique à ces différents scandales. Dans le même numéro, l’hebdo satirique révèle que les travaux de l’appartement de fonction du secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon auraient coûté 130 000 euros -et encore, la CGT a renoncé au home cinéma et à la cave à vins (2). En réponse, la CGT fait valoir que c’est la première fois que son scerétaire général n’est pas parisien, et qu’il a bien fallu le loger. Dans les journaux radio du matin, l’affaire recueille autant de place que la réunion de Berlin, au cours de laquelle va être finalisé l’accord sur un échange d’informations entre 46 Etats et territoires sur la fraude fiscale. Enjeu de la récupération de l’évasion fiscale : des milliards d’euros, soit de quoi rénover les appartements de quelques milliers de secrétaires généraux de la CGT (avec home cinéma et cave à vins).
Autre exemple, ce lancinant débat sur les fraudes à Pôle Emploi (l’affaire dite « des chômeurs qui ne cherchent pas vraiment de travail ») feuilleton récurrent des medias. On rappelait ici (3)que le montant de ces « fraudes à Pôle Emploi » ne porte que sur 1% du montant des fraudes en France, la masse la plus importante étant celle de la fraude fiscale. A longueur de semaines, le tam-tam nivelle ainsi des scandales dont les montants n’ont aucune commune mesure. Certes, en fonction de son auteur, de ses circonstances, de son degré d’impunité, un petit détournement peut être plus scandaleux qu’un gros. Mais il est utile d’avoir toujours les montants en tête.

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(1) http://www.arretsurimages.net/breves/2014-10-26/Carrez-en-delicatesse-avec-le-fisc-Mediapart-id18126
(2)http://www.lepoint.fr/societe/la-couteuse-renovation-de-l-appartement-de-fonction-de-thierry-lepaon-28-10-2014-1876569_23.php
(3)http://www.arretsurimages.net/articles/2014-10-27/Chomeurs-ne-cherchant-pas-d-emplois-bataille-de-chiffres-entre-Elkabbach-et-Libe-id7177
Daniel Schneidermann
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Nigeria : Femmes et jeunes filles enlevées : le supplice des victimes de Boko Haram

Le Monde 29/10/2014
Après avoir été arrachées à leurs proches, que deviennent les victimes de Boko Haram ?

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Dans un rapport rendu public lundi, Human Rights Watch répond à cette lancinante question. Principal enseignement de ce document de 63 pages, riche en témoignages : les femmes et les jeunes filles enlevées par le groupe islamiste nigérian – plus de 500 depuis 2009, chrétiennes pour l’essentiel – sont envoyées « en première ligne » afin de combattre l’armée régulière, rapporte la BBC.
De la chair à canon utilisée sans scrupule sur la ligne de front d’un conflit qui a déjà fait plus de dix mille morts. Celles qui ont eu la chance de recouvrer la liberté décrivent toutes, avec des mots parfois crus, l’horreur de leur captivité : les mariages forcés, les conversions à l’islam sous la contrainte, les viols – autant de récits édifiants dont le Time, le CS Monitor et le LA Times se font l’écho.
La cruauté n’est pas l’apanage des seuls combattants : leurs femmes aussi les pousseraient à commettre les pires exactions, souligne le Daily Telegraph. Lorsque, par un heureux hasard, elles parviennent à échapper à cet enfer, les jeunes infortunées, malgré leurs nombreuses séquelles physiques et psychologiques, sont rarement soutenues. Au contraire, elles se heurtent à une « culture du silence » qui les pousse à ne pas s’épancher. « Quand je suis rentrée à la maison après m’être enfuie, on m’a dit de ne pas m’appesantir sur ce que j’avais vécu », explique l’une d’elles, citée par The Independent.
Et que dire des 219 lycéennes enlevées en avril, toujours retenues captives ? Seront-elles bientôt libérées ? L’incertitude demeure car, notent The Week et le Huffington Post, Boko Haram est une organisation émiettée, dont les différentes factions ne visent pas le même objectif. Murtala Opoola, du Daily Trust, appelle à la prudence, échaudé par le prétendu cessez-le-feu du 17 octobre qui, une fois de plus, s’est mué en « attente déçue ».
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Pour l’organisation d’un référendum sur l’accord de libre-échange UE-Canada (CETA), le traité transatlantique (TAFTA) et l’accord sur le commerce des services (TISA)

22/10/2014 – Pétition de l’Union Populaire Républicaine
Trois traités commerciaux internationaux sont actuellement négociés par l’Union européenne, au nom de la France, sans que les Français ne soient ni informés des conséquences prévisibles sur leur vie quotidienne, proprement phénoménales, ni consultés pour savoir s’ils sont ou non d’accord avec ces conséquences. Ces trois traités sont :
1) le CETA, qui est un accord de libre-échange entre l’UE et le Canada,
2) le TAFTA, traité transatlantique ou « Trans-Atlantic Free Trade Agreement », qui est un projet de libre-échange quasiment total entre l’Union européenne et les États-Unis, négocié en catimini par Bruxelles depuis le mois de juillet 2013,
3) l’accord sur le commerce des services, ACS ou TISA, qui reprend et approfondit le volet des services du TAFTA élargi à 50 pays membres de l’OMC*.
L’adoption de ces traités placera définitivement les Français sous la coupe de grands intérêts économiques, qui n’ont que faire de leur niveau de vie, de leur santé, de leurs emplois et de leur liberté.
Pour l’organisation d’un référendum sur l’accord de libre-échange UE-Canada (CETA), le traité transatlantique (TAFTA) et l’accord sur le commerce des services (TISA)
L’UPR  lance une grande pétition pour demander à François Hollande l’organisation d’un référendum sur les traités de libre-échange TAFTA, CETA et TISA, actuellement négociés secrètement par l’Union européenne.

Je signe la pétition maintenant !

L’adoption du TAFTA, par exemple, empêchera les États d’édicter librement les normes sanitaires et environnementales propres à protéger les citoyens et leur cadre de vie. Ce traité soumettra les États à un chantage financier permanent puisque des multinationales pourront les attaquer via des tribunaux d’arbitrage privé, pour peu qu’elles considèrent telle ou telle décision, résultant d’un choix électoral majoritaire, comme nuisible à leurs investissements.
Concrètement, cela signifie qu’une loi contre la tabagie, une mesure de nationalisation ou un relèvement de l’impôt sur les sociétés, décidés par les députés élus par les Français, pourront être contestés devant une cour arbitrale par des grands groupes étrangers ou français. À titre d’illustration, plusieurs fabricants de cigarettes ont d’ores et déjà menacé la France d’une action en justice pour lui réclamer 20 milliards d’euros si des mesures anti-tabac devaient être prises.
Il s’agira, ni plus ni moins, d’un véritable coup d’État opéré par une oligarchie financière et industrielle contre la souveraineté des peuples, comme l’explique cet article. Cette nouvelle organisation sociale s’apparentera à un terrifiant retour à la féodalité du Moyen-Âge, avec ses seigneurs d’un côté et ses serfs de l’autre.
Si le TAFTA et le CETA portent déjà des coups sérieux aux services publics (eau, gaz, électricité, transport, santé, etc.), si chers au peuple français depuis des siècles, le TISA, qui concerne 50 pays, leur assènera l’estocade finale.
Sans que les Français ne s’en rendent bien compte, la Commission européenne agit dans leur dos en œuvrant pour la conclusion rapide de ces traités, à la demande du gouvernement américain. Elle s’est déjà donnée un mandat de négociation très large tant pour le CETA que pour le TAFTA, et est directement à l’initiative du TISA.
Aucun argument recevable ne permet de justifier la précipitation et l’opacité des négociations. Quant à leur bien-fondé, il ne fait jamais l’objet d’un examen approfondi et contradictoire. Leurs partisans ne font que répéter les slogans habituels qui affirment qu’il en résultera des gains de croissance mirobolants, en évoquant de vagues études sorties d’un chapeau.
L’Union Populaire Républicaine (UPR) invite les Français à ne pas croire une seule seconde ces prophéties, qui sont rangées au magasin des farces et attrapes dès que les traités sont ratifiés. L’UPR signale qu’en 1992 les mêmes experts euro-atlantistes avaient sorti d’un même chapeau le même type de prévisions fantastiques de croissance pour convaincre les Français de voter « Oui » au traité de Maastricht et à l’euro. Avec 22 ans de recul, chacun peut mesurer ce que valaient ces prévisions.
L’UPR souligne que l’avis du Parlement européen sur la négociation des traités n’est que peu contraignant, la Commission et le Conseil ayant seuls le pouvoir d’agir dans ces domaines (article 207 alinéa 3 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne). Il ne s’agit que d’une consultation du Parlement, qui valide ou non les traités en l’état. La Commission peut, de toute façon, faire passer des décisions sans l’aval du Parlement.
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L’UPR appelle donc solennellement le gouvernement à organiser un référendum pour savoir si les Français sont pour ou contre la participation de leur pays au TAFTA, au CETA et au TISA.
Si le non l’emporte, le gouvernement français devra respecter le verdict populaire en mettant son veto à la poursuite des négociations en cours au niveau de la Commission européenne. Le référendum de 2005 a montré que le peuple français ne se laissait plus faire par les injonctions médiatiques et les sommations des prétendus « partis de gouvernement ». Gageons, qu’à nouveau, il fera entendre sa voix souveraine, puissante et indépendante.
Enfin, l’UPR rappelle que le seul moyen d’éloigner définitivement la menace des traités que la Commission européenne veut imposer aux Français est le retrait unilatéral de l’Union européenne, grâce à l’article 50 du Traité sur l’Union européenne.
*Australie, Canada, Chili, Taiwan, Colombie, Costa Rica, Hong Kong, Islande, Israël, Japon, Liechtenstein, Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Corée du Sud, Suisse, Turquie, États-Unis, et les 28 membres de l’UE (Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, République Tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Ireland, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède et Royaume-Uni).
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Comment les économistes médiatiques nous enfument

Siné Mensuel – octobre 2014 – Interview de Laurent Mauduit
Les imposteurs de l’économie
En France, une vingtaine d’experts, souvent autoproclamés, monopolisent le débat public. Dette, chômage, fiscalité, mondialisation… leurs analyses et solutions sont reprises en boucle par les journaux et à la télévision, tandis que gauche et droite se les disputent pour donner du crédit à leurs projets économiques.
Mais, qui a eu l’idée d’expertiser ces experts ? Quelles sont au juste leurs compétences ? Pourquoi la plupart d’entre eux ont-ils été incapables de prévoir la crise économique et financière sans précédent qui ébranle le monde depuis 2008 ? Surtout, ces donneurs de leçons sont-ils vraiment indépendants et leurs avis désintéressés ? Rien n’est moins sûr…
Outre les invraisemblables bourdes commises par plusieurs « économistes » de renom, Laurent Mauduit révèle l’affairisme, les compromissions, les conflits d’intérêts mais aussi le double jeu politique dont certains d’entre eux se rendent coupables. En toute impunité ! Car, aujourd’hui en France, une petite caste, soumise au pouvoir de la finance, a fait main basse sur le débat d’idées, les grands médias et même l’Université. Et elle n’a qu’un seul intérêt : le sien.
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Laurent Mauduit, cofondateur de Mediapart et auteur de À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient (éd. Don Quichotte), est interviewé ce mois-ci dans Siné Mensuel  (extraits) :
Dessin de Faujour - Comment les économistes médiatiques nous enfumentLa formation des économistes est-elle en cause ? Il y a une OPA de la finance sur les milieux intellectuels et c’est un danger. La loi de 2006 a autorisé les grandes universités à créer des fondations et des chaires financées par les grands groupes comme L’Oréal, AXA, Total, BNP Paribas, Crédit agricole… C’est une bombe logée au sein de l’université dans les disciplines économiques : avec une université sous la coupe du privé disposant de rémunérations trois à quatre fois supérieures à celles de la fonction publique.
Pourquoi et comment ces économistes ont-ils pris un tel pouvoir ? Au cours de mon enquête, j’observe aussi qu’une partie des journalistes est dans ce même système de corruption. Je prends l’exemple d’une émission qui est totalement à pensée unique, la pensée unique néolibérale, C dans l’air, d’Yves Calvi. Les seuls économistes invités sont précisément ceux dont je parle dans mon livre, ceux qui siègent au Conseils d’administration des banques, etc. et qui, de fait, médiatisent « l’économie » de leurs clients. Ils sont invités non-stop, partout, dans tous les médias. On ne voit pratiquement, on n’entend qu’eux, ils nous expliquent la crise et ses solutions à leur manière, néolibérale. Un scandale. Parmi ceux que l’on entend et voit partout, il t en a qui sont présentés comme des économistes alors qu’ils ne le sont même pas, comme Marc Fiorentino qui détenait lui-même une société de placement en Bourse et qui avait fait l’objet de trois sanctions de l’Autorité des marchés financiers. Ce qui est très grave, c’est qu’une grande partie des journalistes économiques s’est couchée et a accepté ces mœurs. Un naufrage…
On est en fait dans une société proche du second empire : un pouvoir fort, pas de contre-pouvoir, le Parlement est méprisé, la presse est rachetée par des oligarques… Je pense qu’on est pas dans un état de droit; je pense que la France est un pays malade et que ce système de remise au pas de la presse et des économistes a été beaucoup plus loin que dans d’autres démocraties… Imaginez vous aux qu’aux États-Unis, pays libéral s’il en est, le plus grand quotidien économique soit la propriété du plus grand patron du pays ?
julieDans ce mouvement là, la corruption a gagné jusque dans les rangs du PS et une partie du personnel politique a été totalement gangrénée par le camp adverse ! Regardez sur qui s’appuie François Hollande : Jean-Pierre Jouyet dont toutes les convictions sont à droite, qui pense « qu’il faut aller vers davantage de flexibilité et des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic », dont les réseaux personnels sont des amitiés avec les banquiers d’affaires. Emmanuel Macron, devenu ministre de l’Economie et remplacé en tant que conseiller économique de Hollande par Laurence Boone, memebre du Cercle des économistes (l’un cénacles mondains et parisiens de la pensée unique), chef économiste chez Bank of America Merrill Lynch, puis dans le groupe du milliardaire François Pinault (qui estimait que le président n’en faisait pas assez en faveur des milieux patronaux).. Il y a une porosité très forte entre certains milieux socialistes et les milieux financiers qui fait que certains d’entre eux ne se posent même plus la question. Ils sont dans une bulle et ne devinent même pas les souffrances sociales du pays.
Je pense qu’on vit la mort de la gauche. Hollande à promu au sommet les fossoyeurs, celui -Valls – dont Montebourg disait : « Il n’a qu’un pas à faire pour passer à l’UMP ». Il n’y a plus aucune différence.
Ce qui est rassurant, c’est que la garnde collectivité des économistes a résisté à cette évolution-là. La grande masse a vécu cette évolution avec indignation et il y a des poches de résistance, Attac, les Économistes atterrés qui proposent des solutions différentes, plus adéquates.
Et ces idées discréditées, celles que la droite a toujours défendu et qui constituent le credo de Hollande, vous les connaissez : c’est que la dette publique est trop forte.
C’est l’un des exemples types des ravages de la pensée unique. Les Français vivent avec l’idée qu’on leur serine à longueur d’émission : le pays vit au-dessus de ses moyens. On dépense trop, les dépenses sociales sont trop importantes, donc il faut que chacun fasse des économies, et l’État lui-même… d’où les 50 milliards d’euros d’économies, un montant totalement hors normes.
En fait, quand on étudie les chiffres – ceux du rapport de Gilles Carrez (UMP) en 2011–, ils montrent que s’il n’y avait pas eu de baisse d’impôt de 2000 à 2010, la dette publique serait à 60 %. On serait un bon élève, juste au plafond du critère de Maastricht, pas besoin de plan d’austérité. Or ces baisses d’impôts, c’est quoi ? C’est à 60 % des baisses d’impôts sur le revenu. Par définition, ça touche les 50 % des Français qui ont le plus d’argent. On a donc assisté sur dix ans à un immense système de transfert de revenus : les riches s’enrichissent et on veut le faire payer aux pauvres sous la forme d’un plan d’austérité…la suite dans Siné Mensuel d’octobre.

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444 pages /Taille : 140*205 /Prix : 19,90 euros /ISBN : 978-2-35949-311-5
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Bhoutan – Google dévoile les sommets himalayens

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Le géant Google propose depuis jeudi, grâce à son projet Street View, une visite virtuelle du Bhoutan, ce royaume méconnu de l’Himalaya.
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Il offre notamment des vues à couper le souffle sur les monts blancs et les monastères du pays. 

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Le Bhoutan, qui a largement bâti sa réputation sur le « bonheur national brut », promu comme un mode de développement alternatif, est longtemps resté l’un des Etats les plus isolés du monde.

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Dans un geste rare d’ouverture, le gouvernement a néanmoins autorisé Google à parcourir le pays pour photographier ses paysages somptueux et les mettre en ligne. Plus d’un million de photos ont été prises pour réaliser ces vues à 360 degrés

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Education – Le « fléau » du portable en classe touche aussi les enseignants

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 » C’est un problème auquel sont désormais confrontés la plupart des enseignants du supérieur, mais aussi ceux du secondaire et même du primaire : durant les cours, l’usage quasi systématique des téléphones portables par leurs élèves.
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Ceux-ci ne cessent d’échanger des messages (et des photos), de consulter leur appareil, de guetter l’arrivée de la réponse à leurs envois… Résultat, une baisse spectaculaire du niveau général de l’attention et de la concentration en classe. Avec des répercussions évidentes sur l’acquisition [...]. » Lu sur « Focus Campus « 

 

 

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Belgique – A Bruges, Pression souterraine : Créativité et audace de nos voisins Belges

Un pipeline à bière va être construit sous les canaux

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Le Monde 25/10/2014
alemonde brasserie125872-220-220-Depuis 1441, Bruges, en Flandre belge, produit de la bière. Entre les deux guerres, la ville comptait encore une bonne trentaine de brasseries en activité. Aujourd’hui il n’en reste plus qu’une : la brasserie De Halve Maan. Sa mousse emblématique, la Brugse Zot, une blonde dorée titrant 6°, aux doux arômes de malt et de levure, est toujours fabriquée sur le site d’origine de la Walplein, haut lieu de fréquentation touristique.
abrugeswaggelwaterEn 2010, De Halve Maan, (qui date de 1546 ) à l’étroit dans ses murs, déménage ses activités industrielles – filtrage, mise en tonneaux et bouteilles, entreposage et logistique – hors des remparts, dans la zone Waggelwater à la périphérie. Seule la Brugse Zot continue d’être brassée intra-muros sur le site historique mais il faut la transporter à Waggelwater, distant de 3 kilomètres, pour l’embouteiller, la stocker et l’expédier. Des dizaines de camions-citernes effectuent chaque jour la navette, encombrant et polluant le centre-ville. Que faire dans une cité où la bière a ses quartiers de noblesse depuis cinq siècles mais qui doit aussi se protéger des nuisances pour garder son attrait touristique ?
abièrev-20120627-201028-63819Après longue et intense fermentation, Xavier Vanneste, le patron de la brasserie, a proposé la construction d’un pipeline souterrain sur 3 km reliant les deux sites. Dans des tuyaux en polyéthylène ultra résistant, il faudra compter dix à quinze minutes pour que la Brugse Zot passe des cuves à la chaîne d’embouteillage au rythme de 6 000 litres par heure. Une première en Belgique. On ne connaît qu’un précédent dans le monde : la Great Lakes Brewing Company à Cleveland, qui utilise une conduite souterraine pour envoyer sa Dortmunder Gold ou son Eliot Ness Amber Lager au pub de l’autre côté de la rue.
A Bruges, il s’agit d’un transport « longue distance » qui a reçu l’aval de la région flamande et de la municipalité. <i> »Cette technologie on ne peut plus innovatrice combinera croissance économique et qualité de l’environnement. La Ville de Bruges, en marquant son accord, a pris une décision visionnaire qui garantit à la fois le développement et la pérennité de notre brasserie »</i>, s’est félicité Xavier Vanneste. L’entreprise s’est par ailleurs engagée à prendre tous les frais de construction et d’entretien à sa charge et a promis de réduire au minimum les désagréments causés aux citadins durant le chantier. <i>
« Ce projet entraînera à terme une diminution de 85 % du transport par camions-citernes »,</i> selon Franky Demon, l’échevin en charge de la planification urbaine. Avec l’accord de toutes les instances concernées et après signature de conventions et protocoles divers, les travaux doivent débuter l’an prochain et l’on attend avec impatience le premier demi tiré du pipeline.
On ne peut que saluer la créativité et l’audace de nos voisins belges qui – une fois encore – démontrent leur génie brassicole. Ce tuyau à mousse qui va parcourir les sous-sols de Bruges au XXIè siècle n’est pas sans rappeler l’arrivée du gaz ou de l’eau courante dans nos immeubles au XXe siècle et l’amélioration consécutive des conditions de vie urbaine.

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Certes, le pipeline de la Brugse Zot n’est qu’un projet d’avant-garde mais il n’est pas interdit d’imaginer, dans un futur proche, la distribution de bière à domicile. D’abord dans les pubs et autres bars qui vont se trouver sur le parcours, puis dans les appartements qui seront raccordés à la conduite principale et équipés d’un compteur à bière semblable à celui de l’eau. L’amateur s’abonnerait à telle ou telle marque en fonction du prix et du goût mais également selon la qualité de la distribution. Nul doute qu’il se trouvera des esprits mal intentionnés pour pratiquer des dérivations pirates et détourner à leur profit une partie du précieux breuvage, au risque de provoquer des fuites de bière. Ce sera toujours moins grave que les fuites de pétrole.
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jpgene.cook@gmail.com
à lire Les 1001 bières qu’il faut avoir goûtées dans sa vie ouvrage collectif dirigé par Adrian Tierney-Jones Flammarion (2012), 960 p., 32 €. une Revue presque exhaustive des meilleures bières du monde.

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Culture – Eric Jarosinski : « Nein », des tweets lettrés en langue germanique

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Le New-Yorkais et germaniste accompli Eric Jarosinski connaît un succès étonnant sur Twitter où, sous le pseudonyme @NeinQuaterly, il régale ses abonnés de ses tweets érudits et poétiques, ciselés en anglais et en allemand.
Pour donner un visage à son compte lancé en janvier 2012, cet ancien enseignant de littérature et de philosophie allemande à l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie, a choisi un portrait à l’allure autoritaire du philosophe et sociologue allemand Theodor Adorno (1903-1969), le mot « Nein » (« non » en allemand) écrit dessous.
Tout un symbole. Eric Jarosinski définit ses petites phrases comme « une compilation de négations utopiques« , soit des tweets cultivés, exigeants, ironiques, amusants, mystérieux, parfois abscons, rédigés en anglais et/ou en allemand. Le tout, naturellement, en se jouant de la contrainte des 140 signes inhérente à Twitter.
Exemples : « Tu devrais prendre du recul de temps en temps. Regarder ta vie. Et continuer à prendre du recul » ; ou encore « Aujourd’hui n’était qu’un symptôme. Le problème, c’est nous ».
Son inspiration, il dit la puiser dans des aphorismes d’auteurs qui ont choisi comme moyen d’expression la forme fragmentaire, comme l’écrivain autrichien Karl Kraus (1874-1936) ou le philosophe allemand Friedrich Nietzsche (1844-1900).
Fort de plus de 90 000 abonnés, son compte Twitter (également relayé sur un site officiel) dispose même d’un espace dans le prestigieux hebdomadaire allemand Die Zeit. Et un livre devrait voir le jour en 2015, intitulé « Nein. Un manifeste », rédigé dans « l’esprit » de ses tweets.
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