Impôts en monnaie de singe

Publié dans Humour | Tagué

Schizophrénie – une étude génétique offre un nouvel éclairage sur la maladie : L’étude a réuni plus de 300 scientifiques de 35 pays.

 Une vaste étude a permis d’identifier plus d’une centaine de variations génétiques associées au risque de développer une schizophrénie, apportant de nouvelles pistes décisives pour la compréhension des causes de cette maladie complexe et peut-être pour mieux la traiter, selon des chercheurs
Réalisée par un consortium international de généticiens, l’étude est publiée mardi dans la revue scientifique Nature.

aschizoPC_7

Cette étude génétique, la plus importante conduite jusque-là dans le domaine psychiatrique, a porté sur plus de 150.000 individus, dont près de 37.000 patients.
Les chercheurs ont ainsi identifié, à partir de plus de 80.000 prélèvements, 128 variations génétiques indépendantes, dans 108 régions précises du génome, dont 83 nouvelles, pouvant contribuer à la prédisposition à la maladie.
La plupart de ces variations concernent des gènes impliqués dans la transmission de l’information entre les neurones ("neurotransmission") et dans des fonctions essentielles à la mémoire et l’apprentissage.
aschizo31290015484-243x300La schizophrénie, qui survient généralement à l’adolescence ou chez le jeune adulte, touche plus 24 millions de personnes dans le monde. Elle se manifeste par des épisodes aigus de psychose, pouvant inclure hallucinations et délires, et divers symptômes chroniques se traduisant par des troubles affectifs et intellectuels. Des traitements sont disponibles mais leur efficacité mérite d’être améliorée, soulignent les chercheurs. Les médicaments actuels traitent en effet les symptômes de la psychose mais ont peu de portée sur l’affaiblissement des capacités cognitives, note le Broad Institute américain dans un communiqué.
Des associations supplémentaires entre des gènes de l’immunité et le risque de schizophrénie, confortent en outre l’hypothèse d’un lien entre une dysfonction du système immunitaire et la maladie.
La plupart des mutations (ou variations) sont courantes.
"Ces nouveaux résultats pourraient stimuler le développement de nouveaux traitements pour la schizophrénie", estime Michael O’Donovan (Université de Cardiff, Grande-Bretagne) auteur principal de cette recherche.
L’étude dite d’"association pangénomique" (GWAS en anglais, pour genome-wide association study) repose sur une vaste exploration du génome de nombreux individus, bien portants et atteints, afin de trouver et localiser sur le génome des variations génétiques associées à une maladie, en particulier avec des mutations génétiques courantes qui prises individuellement ont un effet mineur, mais dont l’accumulation peut jouer un rôle déterminant.
"Cette découverte confirme que la génétique est une cause majeure de la maladie" soulignent deux spécialistes Jonathan Flint et Marcus Munafo (Grande-Bretagne) dans un commentaire dans la revue, en rappelant que le déni des "racines biologiques" de la maladie a souvent prévalu et a même fait l’objet d’un rejet pur et simple par le mouvement antipsychiatrique des années 1970.
L’étude a réuni plus de 300 scientifiques de 35 pays.
 Tv5MONDE Paris (AFP) – 22.07.2014 © 2014 AFP
Publié dans Santé, Science | Tagué , ,

Pays de Loire / Nantes – Scopitone 2014 : festival des cultures électroniques et des arts numériques

anantes sco476557544_640

Scopitone, le festival des cultures électroniques et des arts numériques, investira Nantes durant sept jours et six nuits, du 15 au 21 septembre, avec une cinquantaine d’artistes.

Parmi eux, on pourra notamment écouter Christine and the Queens, Joakim, Black Strobe, Cold Pumas ou Daniel Avery.

aofnantes illuminée

ananteschateau-ducs-bretagne

nantes l'ile

patrimoine et éclairage

 

 

Publié dans Culture, Loisirs Tourisme, Médias | Tagué , ,

Avignon – La philosophie : Aux Controverses du " Monde ", questions aux philosophes Michaël Fœssel et Frédéric Worms

La « philo » contre la philosophie ?

aphilo19461Aux Controverses du " Monde " en Avignon, Michaël Fœssel et Frédéric Worms interrogent le succès d’une discipline qui oscille entre pédagogie et démagogie
La philosophie ou, plutôt, la « philo » est désormais partout. Dans les hebdos, les bistrots, les radios. En bande dessinée, en croisière, sur CD ou DVD. Elle vulgarise les classiques et attire de nombreux lecteurs, amateurs et passionnés. La philo est un filon, avec ses vedettes et ses gourous, ses pédagogues cathodiques et ses rhéteurs polémiques. S’agit-il d’une heureuse démocratisation des concepts ou d’une contestable marchandisation de la sagesse ? Assiste-t-on au triomphe de la pédagogie ou bien à l’avènement d’une nouvelle idéologie ? C’est à cette question que les philosophes Michaël Fœssel et Frédéric Worms ont répondu aux Controverses du Monde en Avignon, le 20 juillet.
L’essor d’un business philosophique plaiderait tout d’abord en faveur du leurre idéologique. Vous êtes victime d’un licenciement abusif ? Plongez-vous dans le Manuel d’Epictète, célèbre stoïcien qui enjoignait ses contemporains de " vouloir ce qui arrive ", nous répondent les gazettes et autres livres à recettes. Une séparation douloureuse ? Relisez Rousseau, pour qui " l’amour n’est qu’une illusion ". Vous vivez avec 300 euros par mois ? Méditez Epicure, selon qui " celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien ", recommandent des philosophes de service généreusement rétribués. Les autres sont pour vous que de simples objets de désir ? Ne vous moralisez pas, puisque Schopenhauer nous enseigne que " tout état amoureux, si éthéré qu’il se présente, a son unique racine dans l’instinct sexuel ".
Lutter contre la maladie avec Nietzsche (car " ce qui ne te tue pas te rend plus fort "), bronzer avec Camus au soleil de la Méditerranée (avec " cette lumière, si éclatante, qu’elle en devient noire et blanche "), s’affirmer avec Descartes, lâcher prise avec Heidegger, se soucier de soi avec Foucault…
aPhilosophieLes usages démagogiques de la philosophie ne manquent pas. Il y avait autrefois la psychanalyse de comptoir. Il y a désormais la philo de bistrot, de Kant à Kanterbräu. On propose aussi aux lecteurs des expériences sensorielles et hautement métaphysiques à réaliser dans sa salle de bains, des croisières intelligentes en compagnie de stars de la pensée sur les mers aristotéliciennes ou dans des fjords kierkegaardiens.
Il y a trente ans, la philosophie était aux abonnés absents. Elle plaidait coupable pour ses impensés et crimes supposés. Totalisante et totalitaire, elle devait s’éclipser. Et se dissoudre dans l’art, la science ou la politique. Le postmodernisme avait annoncé son état de coma dépassé. Or aujourd’hui, " la “philosophie” est partout, note Alain Badiou. Elle sert de raison sociale à différents paladins médiatiques. Elle anime des cafés et des officines de remise en forme. Elle a ses magazines et ses gourous. Elle est unanimement convoquée, des banques aux grandes commissions d’Etat, pour dire l’éthique, le droit et le devoir " (Second manifeste pour la philosophie, 2009).
Ainsi " prostituée par une surexistence vide ", poursuit-il, la " philosophie " serait en train de devenir une idéologie. Une vision du monde à la fois soft et dominante qui permet de mieux l’accepter. Un discours d’accompagnement du monde tel qu’il va. Non pas une résistance à l’air du temps. Mais un acquiescement au conformisme du présent. Précisons. La philo, davantage que la philosophie, serait menacée d’un tel usage. Car il est nécessaire de faire le distinguo.
La philosophie, c’est cet amour de sagesse entendue par les Grecs comme une " médecine de l’âme " mais aussi cette discipline de l’esprit qui invente des concepts, comme le cogito cartésien ou le conatus spinoziste. La philo, ce serait son versant populaire, sa vulgarisation déformante, sa version commerçante. Le monde des croisières et des séminaires (pour les classes huppées) et celui du " Grand Journal " de Canal+ et des bandes dessinées (pour les classes moins favorisées). L’univers de la consolation et de la consultation. Mais alors, " y a-t-il besoin de philosophie si celui-ci ne nous dit rien d’autre que le souci de soi au quotidien ? ", se demande Jacques Rancière (Chroniques des temps consensuels, 2005).
Tout cela est vrai. Mais gare toutefois à ne pas rejouer l’ancienne division entre les savants et les ignorants, les élites et les ilotes, les professionnels de la pensée et les Bouvard et Pécuchet. Car la philosophie a toujours marché sur ces deux jambes.
En France, la philosophie a un pôle universitaire où se conçoivent la plupart des œuvres philosophiques. Et un pôle populaire, où triomphent quelques maîtres penseurs et de nombreux pédagogues conteurs. Il y a du talent et de l’esbroufe de tous les côtés. Des artistes de la théorie et des populistes de la pensée, de véritables statures et de réelles impostures. Si le débat s’est notamment porté sur le style de Michel Onfray, critiqué par Michaël Fœssel et défendu par Frédéric Worms, il ne faudrait pas croire que la version " rebelle " de la philo soit hégémonique. En la matière, c’est plutôt la " moraline ", comme dit Nietzsche, la mièvrerie et les intellectuels d’accompagnement qui dominent. La circulation entre l’universitaire et le populaire en France est donc risquée, mais précieuse et singulière.
Car, dans un monde saisi par la montée des extrêmes et la bêtise planétaire, " il n’y jamais trop de philosophie ", assure Frédéric Worms. Face à la " demande de sens ", les philosophes ne doivent pas renoncer aux grands récits et relever le défi, explique Michaël Fœssel. La philo contre la philosophie ? Oui, mais tout contre.
LE MONDE | 26.07.2014 Nicolas Truong © Le Monde
Michaël Fœsselamichaelfoessel
Né en 1974, Michaël Fœssel est maître de conférences à l’université de Bourgogne. Successeur d’Alain Finkielkraut à la chaire de philosophie de l’école Polytechnique, il s’est intéressé aux œuvres d’Emmanuel Kant et de Paul Ricœur et a notamment publié « Après la fin du monde : critique de la raison apocalyptique », Seuil, 2012.
Frédéric Worms
aFrederic-Worms-La-sagesse-consiste-a-affronter-l-epreuve_imagePanoramique500_220Né en 1964, professeur à l’Ecole normale supérieure, où il dirige le Centre international d’études de la philosophie française contemporaine, Frédéric Worms est spécialiste de Bergson. Membre du Comité consultatif national d’éthique, il a notamment publié « La Philosophie en France au XXe siècle. Moments » (Gallimard, 2009) et « Les 100 mots de la philosophie » (PUF, 2013).
Faut-il distinguer la « philo » de la philosophie ?
Frédéric Worms : La philo et la philosophie sont les deux versants d’une même discipline. Il faut les distinguer, mais je trouve dangereux de les opposer et surtout de les séparer. En France, cette articulation a toujours été centrale et fragile, du philosophe moderne à l’intellectuel contemporain, de Montaigne à Sartre. Cette articulation entre un discours libre qui s’adresse à tout le monde sur la place publique et un savoir fondé et critique remonte plus loin encore. Elle est peut-être née avec Socrate, qui parlait avec chacun pour éclairer sa vie concrète, tout en mettant chaque idée en question et restant un métaphysicien.
Au XVIIIe siècle, la philo était présente dans les salons et la philosophie l’était dans les traités. L’exemple le plus célèbre de ce clivage, c’est David Hume (1711-1776). A 23 ans, il publie un traité qu’il voulait scientifique sur le modèle de Newton, Traité de la nature humaine. Ce fut un échec total. Personne ne l’a lu. Il en a tiré la conclusion qu’il fallait parler aussi pour les salons. Il a alors écrit la même philosophie dans un style « agréable ». « Plaire et être utile », comme on disait au XVIIe siècle. La philosophie est en échec lorsqu’elle ne plaît pas car il lui faut agir.
Michaël Fœssel : C’est une distinction structurelle, en effet. On pourrait remonter à la différence entre les œuvres métaphysiques de Platon et d’Aristote et celles des épicuriens et des stoïciens qui, en apparence, relèvent davantage de la spiritualité ou des arts de vivre. La dualité entre la philosophie comme savoir systématique et exhaustif et la philo comme règle de vie et apprentissage de l’existence fait partie de l’histoire de la discipline. C’est dans la nature de la philosophie.
On admet sans sourciller de ne rien comprendre à la physique quantique ou à la biologie moléculaire. En revanche, on n’accepte pas facilement son incompétence devant des questions qui touchent à l’existence, à la liberté ou à l’amour. Autant de thèmes qui sont ceux de la philosophie, mais dont nous avons tous une idée, une prénotion, une expérience parfois. Cela crée un rapport ambigu à la philosophie, à la fois fasciné et distant, dans lequel le public ne comprend pas que des questions aussi banales soient abordées avec une telle technicité. D’où la tentation, récurrente, de sacrifier la philosophie à des discours de la sagesse, immédiatement articulés à la « vie ».
Je crois qu’il y a autant de définitions de la philosophie qu’il y a de philosophes. En revanche, je crois que l’on peut définir assez facilement la philo comme une expression issue de l’exigence de démocratisation des savoirs. Le sens, à la différence peut-être de la vérité, possède un caractère démocratique.
Sur quoi repose le succès de la philo aujourd’hui ?
Lire la suite
Publié dans Culture, Débats Idées Points de vue, Education | Tagué , ,

C’est l’été – La blague de Sauveterre de Béarn : conduite automobile

Sud-Ouest

ablague conduite glace bourré

Publié dans Humour | Tagué ,

Parlement Européen – La dangereuse rhétorique des " énergumènes " : Impossible de stopper sur-le-champ des propos outranciers.

Le Monde 27/07/2014

Faute de peser, les parlementaires non inscrits sont tentés de multiplier les " clashs "

Udo VoigtCe jour-là, Udo Voigt a pris l’un des derniers vols pour rentrer chez lui, à Berlin. " Celui de 20 heures ", précise-t-il. L’eurodéputé du Parti national démocrate d’Allemagne (NPD), une formation néonazie, siège au Parlement depuis les élections du 25 mai.
Il prend ses nouvelles fonctions avec sérieux et veut le faire savoir. Il tenait, dit-il, à travailler toute la journée à Strasbourg, où il participait, ce mercredi 23 juillet, à une session de la Commission des libertés civiles.
Connu pour l’admiration qu’il porte à Hitler, ses positions antisémites, anti-immigration et homophobes, M. Voigt entend profiter de son appartenance à cette commission pour " défendre la liberté d’opinion ". " Je me battrai, dit-il, pour que les nationalistes d’Europe ne soit pas emprisonnés pour leurs idées ", évoquant l’incarcération de députés du parti néonazi grec, Aube dorée, et celle du négationniste allemand Horst Mahler, un fils de militants nazis, ancien terroriste de la Fraction armée rouge, passé à l’extrême droite.
Udo Voigt fait partie de ces " énergumènes " – comme les qualifie Alain Lamassoure, chef de la délégation française du Parti populaire européen (PPE, droite) – parvenus à entrer au Parlement à l’issue des élections de mai. M. Voigt a fait irruption au Parlement avec seulement 1 % des voix, grâce à une modification de la loi électorale allemande, qui a fait disparaître le seuil de 3 % pour siéger à Strasbourg. En dépit de la gêne qu’il suscite, " il est député, il est élu, il a tous les droits ", commente une source bruxelloise.
Mais M. Voigt est isolé, comme la plupart des autres membres de partis d’extrême droite plus ou moins fréquentables évoluant sous la dénomination vague de " non-inscrits " (NI). Parmi eux, le Front national (FN), qui dispose désormais de 23 représentants au Parlement, contre 3 lors la précédente législature, et n’a pas réussi à constituer un groupe avec d’autres formations europhobes et populistes.
M. Voigt fait enrager les sociaux-démocrates, libéraux ou conservateurs, mais sans vraiment effrayer. Avec 52 non-inscrits (sur 751 parlementaires), aucun grand parti n’aura à se compromettre avec eux pour faire passer un texte ou un amendement. " De toute façon, ils votent non à tout, il n’y a rien à négocier ", commente un eurodéputé, plus inquiet de l’influence des eurosceptiques britanniques.
En dépit de leur prétention à " détruire l’Europe de l’intérieur ", comme l’affirme Marine Le Pen, la présidente du FN, personne n’imagine les " NI " capables de modifier l’agenda européen. " Leur objectif n’est pas de peser mais de faire des “clashs”. De pouvoir rentrer chez eux et dire : “On leur a dit” ", commente Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert-Schuman. Si M. Voigt joue les bûcheurs assidus, la plupart des NI désertent l’hémicycle.
aeuropekorwin-mikke-620x315Il n’empêche. L’atmosphère est pesante, voire nauséabonde. La séance plénière du mercredi 16 juillet, où les parlementaires débattaient du chômage des jeunes, a donné un avant-goût de ce que les " énergumènes ", peuvent faire. Le député polonais Janusz Korwin-Mikke, un monarchiste ultralibéral à la tête du Congrès de la nouvelle droite (KNP), a fait ce jour-là un parallèle douteux entre les jeunes chômeurs d’Europe et les " nègres ".
" Dans mon pays, “nègre”, ce n’est pas un gros mot ", explique le Polonais sans l’ombre d’un regret. " Les jeunes sont les négros du XXIe siècle ", appuie-t-il, rappelant que John Lennon avait fait de la femme, dans un de ses chansons, la " négresse du monde ". " Pour que le monde redevienne normal, il faut parler un langage normal ", poursuit-il. Et pour M. Korwin-Mikke, un monde normal ce n’est pas la démocratie, " où un idiot a le même droit de vote qu’un professeur d’université ".
" C’est inacceptable ", s’étouffe Tanja Fajon, vice-présidente du groupe social-démocrate. La députée estime qu’il faut sanctionner immédiatement M. Korwin-Mikke, de peur qu’une " dangereuse rhétorique " ne s’installe sournoisement dans l’hémicycle. Une crainte largement partagée.
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a promis d’agir, mais il manque de moyens. Il peut infliger une réprimande, une sanction financière de quelques milliers d’euros, voire expulser l’intéressé pour quelques jours. Guère plus. Impossible de stopper sur-le-champ des propos outranciers. Le seul moyen est de faire du brouhaha. Au bout de trois rappels à l’ordre, le président peut décider d’expulser. Mais peut-être est-ce ce dont rêvent ces provocateurs ?
Claire Gatinois
Publié dans Débats Idées Points de vue, Europe, Politique | Tagué , ,

France – Ne pas renoncer « en douce » aux réformes

LE MONDE | 27.07.2014

Malgré les difficultés, il ne faut pas renoncer « en douce » aux réformes

Edito du « Monde ». Mauvais, une fois de plus, les chiffres du chômage (9 400 chômeurs de plus en juin, soit une hausse de 0,3 %), publiés vendredi 25 juillet, confirment le triste état de l’économie française : à plat, atone, en dépression profonde. Pourquoi ?
L’erreur du gouvernement, avec cette majorité comme avec la précédente, est de toujours tabler sur une « reprise de la conjoncture ». Or la vérité de la France est qu’elle doit accomplir aujourd’hui, alors que ladite conjoncture est durablement affectée, des réformes de structure qui ne peuvent être remises à demain. Sauf à ce que le pays décroche encore plus par rapport à ses homologues européens.
DÉFICIT COMMERCIAL ABYSSAL
Il fallait réformer quand la conjoncture était favorable. Nous ne l’avons pas fait – pas plus la droite que la gauche –, engoncés dans un consensus national qui voulait que le pays, miraculeuse « exception française », n’ait pas besoin de changer face à la globalisation. Chinois ou Indiens pouvaient bien continuer, année après année, à monter dans l’échelle de valeur de ce qu’ils fabriquent et à « sortir » des millions d’ingénieurs de leurs universités, cela ne nous inquiétait pas.
« Economiquement, financièrement, socialement », dit l’économiste Jean Pisani-Ferry, ce n’était pas tenable. Cette incapacité à adapter notre « modèle » à la mondialisation – due à un « verrouillage de l’intérieur », écrit un homme comme l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine – devait se traduire dans les chiffres.
Nous y sommes, et depuis trop longtemps déjà. Le taux de marge de nos PME est le plus faible de la zone euro, nos entreprises n’enregistrent plus de gains de productivité, notre déficit commercial (massif dans la zone euro, moins prononcé en dehors) reste abyssal (61,2 milliards en 2013).
MOINS BIEN QUE LES VOISINS
Ce qui inquiète dans cette conjoncture basse pour tout le monde ou presque, c’est que la France fait moins bien que ses voisins de taille comparable (Allemagne et Royaume-Uni, notamment).
Tous les indicateurs clignotent dans le mauvais sens. Selon l’Insee, la croissance française ne devrait être que de 0,3 % en 2014 et de 1,3 % en 2015, quand le gouvernement tablait sur 0,7 % et 1,7 %. L’inflation reste à un niveau bien trop bas – c’est vrai dans l’eurozone comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.
Les mesures récemment décidées par la Banque centrale européenne n’augmentent pas la masse monétaire – ce qui contribuerait à la hausse des prix – parce qu’il n’y a pas de demande de crédit, ni de la part des entrepreneurs ni de la part des consommateurs.
Le gouvernement de François Hollande escomptait une reprise du commerce mondial pour soutenir l’activité en France. Mais, des Etats-Unis aux grands émergents, en passant par des pays comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, la croissance reste faible. Le climat géopolitique – Ukraine, Proche-Orient – pèse sur la conjoncture, déplore le Fonds monétaire international, qui rabaisse ses prévisions.
Tout cela est vrai et contribue à la situation française. Le pire serait d’invoquer cette passe difficile pour revenir « en douce » sur les réformes de structure en cours – même en sachant qu’elles ne porteront pas leurs fruits dans l’immédiat
Publié dans Débats Idées Points de vue, Economie, Politique | Tagué , ,

Irak – Une tragédie pour les chrétiens que rien, depuis trente ans, ne semble devoir arrêter

LE MONDE | 25.07.2014
 Tragique exode des chrétiens du monde arabe
Edito du « Monde ». Pour la première fois depuis près de 2 000 ans, il n’y a quasiment plus de chrétiens dans l’antique cité de Mossoul, dans le nord de l’Irak, l’un des premiers lieux d’implantation du christianisme. Ce n’est qu’un pas de plus dans une tragédie que rien, depuis trente ans, ne semble devoir arrêter : l’extinction des chrétiens dans ce Proche et Moyen-Orient qui vit naître le deuxième grand monothéisme.
Cette disparition se fait dans l’indifférence, dans l’impuissance, notamment de l’Union européenne. Une part d’histoire est gommée, emportée dans la tourmente de ce siècle, dans un Proche-Orient en proie à une crise de régression politico-religieuse aiguë.
Les nouvelles de Mossoul, qui abritait une communauté de 5 000 à 25 000 chrétiens, sont plus qu’attristantes. La ville, tout comme les vieux villages assyro-chaldéens des environs, est aux mains de l’« Etat islamique » – ce « califat » décrété par les djihadistes qui se sont emparés d’une partie de l’Irak et de la Syrie.
Les djihadistes ont dessiné un « N » sur chaque maison visée – pour nassarah, chrétiens en arabe. Par tract et haut-parleurs, les miliciens ont donné quelques heures aux chrétiens pour choisir : se convertir à l’islam, payer un impôt spécial pour non- musulmans ou partir. Les maisons ont été « confisquées ».
Les chrétiens ont fui de Mossoul et des localités alentour. Au dernier checkpoint avant le Kurdistan voisin, les djihadistes « ont pris l’argent, les bijoux, les téléphones, et même les sacs de vêtements et de nourriture », ont raconté les réfugiés à l’envoyé spécial du Monde. Le Vatican croit savoir que les djihadistes ont brûlé l’archevêché syriaque de Mossoul.
LIBAN EXCEPTÉ, C’EST TOUTE LA RÉGION QUI SE VIDE DE SES MINORITÉS CHRÉTIENNES
Générosité de gens de la montagne, sens de l’hospitalité traditionnelle ou solidarité d’anciens persécutés, les Kurdes, musulmans sunnites, accueillent les chrétiens d’Irak. Irbil, la capitale du gouvernement régional du Kurdistan d’Irak (KRG), est sans doute la dernière ville du Proche-Orient où l’on construit des églises…
De passage à Paris, Fouad Hussein, le directeur de cabinet du président du Kurdistan d’Irak, Massoud Barzani, observait que le KRG, pour son hospitalité, ne recevait aucune aide – pas plus de l’ONU, du Vatican ou de l’Union européenne…
L’exil de ces familles de Mossoul est le dernier épisode du drame vécu par la population chrétienne d’Irak, l’une des plus anciennes de la région. Selon plusieurs estimations, l’Irak comptait près d’un million et demi de chrétiens à la fin des années 1980 (sur 20 millions d’habitants).
Les années d’embargo onusien vont en pousser beaucoup à émigrer. En 2003, au moment de l’intervention américaine, ils n’étaient plus que 800 000. Considérés comme « pro-américains », ils vont être la cible privilégiée de violences commises au nom de la lutte contre l’occupant. Combien sont-ils aujourd’hui ? Peut-être encore quelques dizaines de milliers.
Liban excepté, c’est toute la région qui se vide de ses minorités chrétiennes – victimes de lamontée de l’islam politique, des guerres qui ravagent le monde arabe, acculées à l’exil par les difficultés économiques et un climat politique marqué par l’intolérance et le fanatisme.
Les Arabes chrétiens ne sont pas les seules victimes de cette épuration religieuse : c’est le monde arabe dans sa totalité qui s’ampute.

achrétiens monde arabde

Publié dans Culture, International | Tagué , ,

Humour de l’été – Perles des Maires ( 01)

Quelques réclamations des administrés pour nos amis les Maires…
 L’EDF a coupé des branches et m’a débranché.
Le cimetière est dans un état pas possible et tous ceux qui y habitent pensent comme moi !
Nous sommes la commune française où il y a le plus de chômage au monde !
Moi j’adore démolir et remolir comme vous le faites vous !
Je ne veux pas vous embêter avec mes histoires de poubelle, mais avouez quand même que c’est pas normal que la mairie ne ramasse pas des ordures comme mon voisin !
A la mairie vous êtes tous comme Mitterrand, à rien fiche de la journée.
Le maire est une vraie mafia à lui tout seul !
Mes impôts pour la commune j’aimerai bien les voir dans les trous de la route et pas dans votre poche !
J’ai toujours voté comme il fallait, c’est à dire pour celui qui a été élu.
Le toit de l’église fuit depuis deux ans et la vierge est toujours mouillée… Faites quelque chose pour elle, s’il vous plaît, monsieur le maire !mdrrrrrrrrrrr

 

Ces perles sont une exclusivité du site perlesdubac.fr. Vous pouvez les reprendre sur vos sites, blogs, ou réseau sociaux, mais uniquement en indiquant la source ou en faisant un lien vers le site. Merci de votre compréhension
Publié dans Humour, Politique | Tagué

Vidéo – " The Blind Photographer " : un aveugle de naissance.

h_11_ill_4462164_safe_image

Le photographe australien Brendon Borellini voit le monde différemment, car il est aveugle de naissance. 

Ce passionnant documentaire, réalisé par Dan Battley (en anglais), présente son approche artistique unique.

25/07/2014

Screen-Shot-2014-07-23-at-2_24_11-PM

Screen-Shot-2014-07-23-at-2_41_46-PM

Publié dans Culture, International, Médias | Tagué ,

Devinez ? – la saga de l’été … Le Sarko nouveau … sluppppp

Marianne 24 /07/2014
Sarko et Carla en vacances
Après un entretien d’anthologie uniquement consacré aux goûts littéraires de Nicolas Sarkozy, Paris Match nous tient au jus de l’actualité estivale de l’ancien président avec une série de clichés de Sarko et Carla en vacances. Une nouvelle saison de cette série qui s’annonce captivante bien qu’un peu répétitive.
Chaque fois l’histoire se répète. Malgré eux. Nicolas Sarkozy et Carla Bruni Sarkozy se rendent à la plage, de manière tout à fait innocente et comble de malchance, sont rattrapés, chaque année, par les mêmes paparazzis, qui, tous les ans, dérobent, usurpent les clichés de l’ancien couple présidentiel, à leur insu…. Des photos vendues par ailleurs toujours aux mêmes magazines, et souvent en priorité à Paris Match.
Le magazine du groupe Lagardère s’impose, d’ailleurs sans rival, comme le journal de l’actualité sarkozyste en vacances. Début juillet, l’ancien président accordait déjà une interview exclusive à l’académicien Jean-Marie Rouart, pour parler littérature, en toute simplicité. Le tout dans un objectif de reconstruction d’image. Le Sarkozy première période qui affichait son mépris des gens de lettres et de tout ce qui touchait de près ou de loin à la culture et à une quelconque démarche intellectuelle avait poussé un peu loin l’affichage de son dégoût des choses de l’esprit. Trop loin, au point de passer parfois pour un benêt assumé.
Le Sarko nouveau, celui qui amorce son retour, doit se montrer beaucoup plus sensible à la littérature. Donc chez les Sarko, maintenant on lit et on ne lit pas que l’Equipe contrairement aux apparences. On lit Camus, Thomas Mann, Dostoïevski, Maupassant, Proust, Aragon. On lit de gauche, on lit de droite. On s’intéresse à l’autre avec Lévi-Strauss,  on copine avec Houellebecq et quand on vomit sur la Princesse de Clèves ce n’est absolument pas pour dire que c’est inutile de lire des livres quand on veut être fonctionnaire. C’est de la critique littéraire ! Pas moins.

scooter

Bref, une séquence culture au début de l’été et des clichés d’une escapade estivale en scooter au milieu du mois de juillet. Des vacances bourgeoises au Cap Nègre, mais sur lesquels le président s’autorise à communiquer. Comme l’avait révélé Le Monde en 2012, il reste beaucoup plus discret sur ses escapades chez le roi du Maroc ou ses richissimes copains publicitaires, industriels etc. Suffisant pour que de mauvais esprits osent imaginer la mise en scène d’un « Sarko road show » estival parfaitement maîtrisé dont il reste peut-être encore quelques épisodes captivants à découvrir d’ici septembre.  Que nenni !
Les intéressés bien sûr ne se doutent de rien. Ils feignent, en bons acteurs, la surprise chaque été.
En 2011 déjà, alors que la rumeur de la grossesse de Carla Bruni Sarkozy non confirmée enfle dans les médias, l’ancienne première dame, se rend, en bikini, benoîtement à la plage, laissant apparaître son ventre rond, aux alentours du Fort de Brégançon, la résidence estivale présidentielle, bien connue des photographes.
Une simple coïncidence sans doute et une myriade de clichés qui feront les choux gras de la presse. En particulier de la presse people, que les célébrités n’hésitent pas à utiliser ou à poursuivre selon les jours. A l’époque, Marianne évoquait même l’existence de « quatre agences en compétition » à peine cachées, vraisemblablement sur « des bateaux ». Le couple présidentiel ne « s’est pas non plus planqué » confiait alors une source.
Pas plus qu’il ne se planque aujourd’hui. En vacances sur la plage de Cavalière, une plage publique, (information soigneusement précisée ci ou là), le couple Sarkozy s’exhibe, loin cette fois pour l’ex chef d’Etat du yacht de Bolloré. Après le « farniente » et « Giula », « les amoureux » rentrent, sur un scooter… sans Giulia, laissée aux soins de sa « nounou ».  « Pourquoi Carla Bruni n’a-t-elle pas les cheveux plus ébouriffés par le vent ? Le scooter serait-il à l’arrêt le temps de la prise de vue ? » demande le très sérieux quotidien du Soir, le Monde, à travers les post de son blogueur. D’autres informations éminemment importantes retiennent l’attention du journaliste : les deux tourtereaux ne portent pas de casques, et de citer plus sérieusement encore l’article « 431-1 » du code de la route.
« Ici, il s’agit d’une histoire assez classique » résume Paris Match. « Chaque année, il y a des paparazzis au Cap Nègre… » Nicolas Sarkozy et son épouse seraient les seuls à l’ignorer. 

carla bruni caricat

Publié dans Médias | Tagué ,

Notre "ami" le livret A baisse encore !

Capture-decran-2014-06-13-a-10

Le taux du Livret A passe de 1,25% à 1% au 1er août et atteint un nouveau plus bas historique. Un Français interrogé sur deux (51%) déclare que la baisse du taux du Livret A à 1% va l’inciter à épargner sur un autre type de produit, dans un sondage réalisé par l’Ifop pour Dimanche Ouest France, dimanche 27 juillet.

3163838

Le Canard Enchainé – 23/07/14
Décidément, pour le gouvernement, le nouveau slogan lancé par le ministre des Comptes publics, Michel Sapin, "Notre ami, c’est la finance", n’est pas un vain mot. Voyez le fameux livret A, placement préféré des Français (63 millions de détenteurs). Le 1er août, son taux qui est actuellement de 1,25%, va tomber à 1%. Qui va se frotter les mains ? Les banques ! Car cette énorme épargne, qui à l’origine devait servir à financer le logement social, et que gérait presque intégralement la Caisse publique des dépôts et consignation, échappe de plus en plus à cette dernière : pour complaire aux banquiers, alléchés par le pactole, l’Europe leur avait, dès 2008, permis d’en récupérer une bonne part. C’est près de 40% de cette épargne qu’ils captent aujourd’hui…
Et grâce à la baisse à 1% du taux d’intérêt, elles vont pouvoir garder 400 millions de plus dans leurs poches. C’est connu, les petits cadeaux entretiennent l’amitié…

Publié dans * Train de vie de l'Etat, Economie | Tagué ,

"Vendre des armes à Israël c’est être complice de l’attaque contre Gaza"

L’Humanité – 21 juillet 2014 -
Archbishop Desmond Tutu. Photo : AFP
Sept Prix Nobel de la paix, des intellectuels et des artistes du monde entier appellent à un embargo militaire envers Israël.
« Israël a, une fois de plus, lâché l’entière puissance de son armée contre la population palestinienne prisonnière, particulièrement dans la Bande de Gaza assiégée, dans un acte inhumain et illégal d’agression militaire. La capacité israélienne à lancer impunément des attaques aussi dévastatrices trouve son origine dans l’existence d’une vaste coopération militaire internationale et de commerce d’armement qu’Israël entretient avec des gouvernements complices à travers le monde. De 2008 à 2019, les États-Unis ont prévu de fournir à Israël une aide militaire d’une valeur de 30 milliards de dollars, tandis que les exportations annuelles d’armements israéliens s’élèvent à des milliards de dollars. 
Au cours des années récentes, les pays européens ont exporté des milliards d’euro d’armes en Israël, et l’UE a mis à la disposition d’entreprises militaires israéliennes des bourses de recherche valant des centaines de millions. Des pays émergents comme l’Inde, le Brésil et le Chili accroissent rapidement leurs commerce et coopération militaires avec Israël, en dépit de leurs affirmations de soutien aux droits palestiniens. En important et exportant des armes d’Israël et en facilitant le développement de la technologie militaire israélienne, les gouvernements envoient de fait un message clair d’approbation de l’agression militaire israélienne, y compris de ses crimes de guerre et de ses possibles crimes contre l’humanité.
44128242La technologie militaire israélienne est commercialisée avec le label « testé sur le terrain » et elle est exportée mondialement. Le commerce des armes et les liens de recherches militaires conjointes avec Israël sont un encouragement à l’impunité dans la commission de violations graves de la législation internationale et facilitent l’enracinement du système israélien d’occupation, de colonisation et de négation systématique des droits palestiniens. Nous appelons les Nations unies et les gouvernements à travers le monde à prendre des mesures immédiates pour imposer un embargo militaire complet et légalement contraignant envers Israël semblable à celui qui a été imposé à L’Afrique du Sud durant l’apartheid. »
Signataires :
Adolfo Peres Esquivel (Prix Nobel de la Paix, Argentine),  Ahdaf Soueif (auteur, Egypte/Royaume Uni),  Aki Olavi Kaurismäki (réalisateur de cinéma, Finlande), Alice Walker (écrivaine, Etats-Unis), Archévêque Desmond Tutu (Prix Nobel de la Paix, Afrique du Sud), Betty Williams (Prix Nobel de la Paix, Irlande), Boots Riley (rappeur, poète, producteur d’art, États-Unis), Brian Eno (musicien, Royaume Uni),  Caryl Churchill (auteur dramatique, Royaume Uni), Chris Hedges (journaliste, prix Pullitzer 2002, États-Unis), Cynthia McKinney (femme politique, militante, États-Unis), David Palumbo-Liu (universitaire, États-Unis), Etienne Balibar (philosophe, France), Federico Mayor Zaragoza (ancien Directeur général d’UNESCO, Espagne), Felim Egan (peintre, Irlande), Frei Betto (théologien de la libération, Brésil), Gillian Slovo (écrivaine, Royaume Uni/Afrique du Sud),  Githa Hariharan (écrivaine, Inde), Giulio Marcon (parlementaire, Gauche, écologie et liberté, Italie), Hilary Rose (enseignante, Royaume Uni), Ilan Pappe (historien, Israël), Ismail Coovadia, (ancien ambassadeur d’Afrique du Sud en Israël), James Kelman (écrivain, Écosse), Janne Teller (écrivaine, Danemark), Jeremy Corbyn (membre du Parlement, Labour, Royaume Uni), Joanna Rajkowska (artiste, Pologne), Jody Williams (Prix Nobel de la Paix, États-Unis), John Berger (artiste, Royaume Uni), John Dugard (ancien juge à la Cour internationale de Justice, Afrique du Sud), John McDonnell (membre du Parlement, Labour, Royaume Uni), John Pilger (journaliste et cinéaste, Australie), Judith Butler (philosophe, Etats-Unis), Juliane House (universitaire, Allemagne), Karma Nabulsi (Université d’Oxford, Royaume Uni/Palestine), Ken Loach (cinéaste, Royaume Uni), Kool AD (Victor Vazquez, musicien, États-Unis), Liz Lochhead (poétesse nationale d’Écosse, Royaume Uni), Luisa Morgantini (ancienne vice-présidente du Parlement européen, Italie), Mairead Maguire (Prix Nobel de la Paix, Irlande), Michael Mansfield (avocat, Royaume Uni), Michael Ondaatje (auteur, Canada/Sri Lanka), Mike Leigh (écrivain et réalisateur, Royaume Uni), Naomi Wallace (auteure dramatique, scénariste, poétesse, États-Unis), Noam Chomsky (universitaire, essayiste, États-Unis),  Nurit Peled (universitaire, Israël), Prabhat Patnaik (économiste, Inde), Przemyslaw Wielgosz (rédacteur en chef, « Monde Diplomatique », édition polonaise, Pologne), Raja Shehadeh (écrivain et avocat, Palestine), Rashid Khalidi (universitaire, écrivain, Palestine/États-Unis), Richard Falk (ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les Territoires palestinien occupés, Etats-Unis), Rigoberta Menchú (Prix Nobel de la Paix, Guatemala), Roger Waters (musicien, Royaume Uni),  Ronnie Kasrils (ancien ministre, Afrique du Sud), Rose Fenton (Centre du monde libre, Royaume Uni), Sabrina Mahfouz (écrivaine, Royaume Uni), Saleh Bakri (acteur, Palestine), Sir Geoffrey Bindman (avocat, Royaume Uni), Slavoj Zizek (essayiste, Slovénie), Steven Rose (universitaire, Royaume Uni), Tom Leonard (écrivain, Ecosse), Tunde Adebimpe (musicien, Etats-Unis), Victoria Brittain (journaliste, Royaume Uni), Willie van Peer, (universitaire, Allemagne), Zwelinzima Vavi (secrétaire général de la centrale syndicale COSATU, Afrique du Sud).
Appel initialement paru le 18 juillet 2014 dans le quotidien britannique The Guardian.
Publié dans International, Solidarité

A Quimperlé (Finistère), les bacs à légumes poussent comme des champignons dans les rues

Ouest-France – 25/07/14 – Angélique Cléret / Béatrice Le Grand

Sans titre

Sans titre5

Sans titre3

Sans titre4

Publié dans Solidarité

Irak – L’étau djihadiste se resserre autour de Bagdad : Les chrétiens de Mossoul racontent leur expulsion, froide et implacable.

LE MONDE | 24.07.2014 | Rémy Ourdan

A Bagdad, l’étau djihadiste se resserre

La capitale irakienne vit dans l’attente d’une offensive de l’Etat islamique, qui a fait de sa conquête une priorité
….
L’étau djihadiste se resserre. La menace militaire est réelle. Le « califat » sunnite décrété par l’Etat islamique ne cesse de renforcer ses positions autour de la capitale irakienne. Les rebelles arrivent de trois directions, du nord, de l’ouest et du sud. S’il n’y a pas pour le moment de danger d’encerclement, une percée est en revanche possible. Les premières lignes des insurgés ne sont, près de Garma, à l’ouest, qu’à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport, et une attaque a eu lieu, jeudi 24 juillet à l’aube, à Taji, à quinze kilomètres au nord de la ville.
Après quelques jours de panique provoqués par la chute de Mossoul, la seconde ville d’Irak, le 10 juin, et aux avancées fulgurantes de l’Etat islamique, Bagdad semble pourtant être retournée aux « affaires courantes », à la crise politique et au souhait presque unanime de voir chuter le premier ministre Nouri Al-Maliki.. ..
Lire la suite

Les chrétiens de Mossoul racontent leur expulsion, froide et implacable. Témoignages

LE MONDE | 25.07.2014 | Par Rémy Ourdan (Erbil, Kurdistan irakien, envoyé spécial)

alemonde _dix-huit-familles-chretiennes-ayant-fui_0a92d796cdf26b171a4a9ce90e7484c1

Dix-huit familles chrétiennes ayant fui Mossoul se sont réfugiées dans le sous-sol d’une église d’Erbil. Ici, le 22 juillet. | Laurent Van der Stockt pour Le Monde
Ils ont tout perdu, sauf la vie. Dans cet Irak transformé en enfer sur terre depuis onze ans, les chrétiens de Mossoul sont vivants, presque soulagés d’être condamnés à l’errance et à l’exil. A l’église syriaque orthodoxe Oum Nour (« Mère de lumière ») d’Erbil, dix-huit familles s’entassent dans le sous-sol, aménagé en camp de réfugiés.
Tous racontent, à propos de l’Etat islamique, qui a proclamé un « califat » sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, la même histoire. Ce n’est pas du chaos. C’est le récit d’une organisation froide et implacable.
« Pendant trois semaines, les hommes de Da’ech ne se sont pas préoccupés de nous. Ils ne s’attaquaient qu’aux soldats, policiers et fonctionnaires chiites. Nous vivions discrètement », raconte un homme.
« Nous n’avions pas de liberté, mais ça allait. Nous, les femmes, portions des robes longues et des hijabs pour passer inaperçues », poursuit son épouse. « Certains disaient que nous étions protégés, témoigne Reham, une mère de famille. Ils paraissaient presque pacifiques. »
« UN “N” À LA PEINTURE ROUGE, SUR CHAQUE MAISON »
Avant de tomber entre les mains des djihadistes, Mossoul abritait entre 5 000 et 25 000 chrétiens. Beaucoup s’enfuient dès sa conquête par l’Etat islamique, le 10 juin. La route vers le Kurdistan reste étonnamment ouverte, malgré des combats sporadiques entre djihadistes et peshmergas kurdes. Même le bus Mossoul-Erbil reste en service.
La situation change le 16 juillet. Le soir, les djihadistes rendent visite à chaque famille chrétienne. « Ils ont dessiné un “N” dans un cercle, à la peinture rouge, sur chaque maison », témoignent les réfugiés. « N » pour « nassarah », nom utilisé pour désigner les chrétiens dans le Coran. « Ils ont demandé les numéros de téléphone de chaque famille et dit qu’il ne fallait pas hésiter à les appeler en cas de problème, raconte un vieil homme. J’ai cru qu’ils allaient nous protéger. »

alemonde6c_18-familles-chretiennes-syriaques-orthodoxes_97ff91aecd5d491d1e141fbb691f3031

18 familles chrétiennes (syriaques orthodoxes) de Mossoul qui ont fui la progression de l’État Islamique en Irak et au Levant, ont trouvé refuge dans les caves de l’église Oum Nour, dans le quartier d’Ankawa à Erbil, en Irak, le 22 juillet. | LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »
Le clergé sait, de son côté, à quoi s’en tenir. L’évêché de Mossoul refuse une convocation à une réunion avec l’Etat islamique, ne voulant pas collaborer à un transfert forcé de population. « Nous avons su que les chrétiens allaient être expulsés, confirme l’évêque d’Erbil, Mgr Bachar Warda. Il n’y a eu aucune négociation. De toute façon, ces gens de Da’esh ne négocient pas. Ils donnent des ordres et vous devez obéir. »
La nuit suivante, les combattants repassent devant chaque maison. A leur réveil, les chrétiens découvrent, à côté du « N » rouge, l’inscription « Propriété de l’Etat islamique » peinte en noir.
C’est juste après la prière de l’aube du vendredi que l’annonce est transmise à la population, par des tracts et par les haut-parleurs des mosquées. Les chrétiens ont jusqu’au samedi 19 juillet à midi pour choisir entre se convertir à l’islam, payer un impôt spécial pour non-musulmans, ou partir. L’ultime option, en cas de désobéissance, étant de périr « par le glaive ».
« ILS ONT MÊME PRIS LE BIBERON DE MON FILS »
« Nous avons entassé nos affaires dans les voitures, raconte Reham. Je suis partie avec mon mari et nos deux fils. Contrairement à d’autres qui sont passés au checkpoint plus tard, ils n’ont pas pris notre voiture, mais ils ont pris l’argent, les bagages. Ils ont même pris le biberon de mon fils cadet. »
Le vol est systématique. Les combattants ont des ordres. Absolument rien, à part les vêtements qu’ils portent, n’est laissé aux exilés. « Ils ont pris l’argent, les bijoux, les téléphones, et même les sacs de vêtements et de nourriture », raconte un homme. Le seul objet qui semble échapper à une logique est la voiture, parfois volée, parfois pas. Des familles ont marché un kilomètre pour atteindre le checkpoint des forces kurdes.
« Nous sommes partis parmi les derniers, à bord d’un minibus, témoigne Samir. Nous étions douze chrétiens, et dix musulmans. Au checkpoint, un combattant a ordonné aux chrétiens de lui donner, argent, téléphones et sacs. Les musulmans aussi avaient peur. Le type qui est entré dans le bus nous a dit que nous devrions être contents qu’ils nous laissent partir comme ça… »

alemonde_18-familles-chretiennes-syriaques-orthodoxes_f7d06f0f1442def029432a91b7c214a4

Les chrétiens de Mossoul affirment qu’ils n’ont aucun espoir de rentrer chez eux. Les autorités kurdes les aident à s’installer à Antawa, le quartier chrétien d’Erbil, et dans les villages chrétiens de la région. Beaucoup songent à l’exil à l’étranger, à l’instar de 400 000 chrétiens déjà partis d’Irak depuis dix ans.
« Pourtant, nous vivions bien ensemble, chrétiens et musulmans », raconte un homme qui se choisit le pseudonyme d’« El-Mosoli », « l’homme de Mossoul ». « Retourner un jour à Mossoul ? » Il lève les yeux au ciel… La question paraît tellement incongrue, à l’heure du califat. Pourtant, le fait que chacun exige l’anonymat est peut-être le signe que l’espoir d’un retour n’est pas mort. « El Mosoli », qui s’apprête à sortir de l’église, se retourne et murmure : « Quel homme n’a pas envie de retrouver un jour sa terre et d’y vivre ? »
Rémy Ourdan (Erbil, Kurdistan irakien, envoyé spécial)
Lire aussi le reportage : A Bagdad, l’étau djihadiste se resserre
Publié dans International, Résistance | Tagué , ,