Par Sacha Pouget : Le Scandale du Réseau mafieux des Banques Centrales éclate – Le FED LOAN DISCLOSURE (Exclu Objectif Eco)

les moutons enragés - 23 août 2011 – Sacha Pouget

Voilà un pavé dans la mare!! venant d’un pro de la finance, ce n’est pas rien. Ils sont costauds les requins pour faire avaler des couleuvres, et manipuler tout le monde. Merci Bouffon ;)

Un scandale vient d’èclater à Wall Street. Aucun média francophone n’en parle pour l’heure. Après le Foreclosure gate rèvèlé en avant première par mon confrère Vincent Benard, un autre scandale de la Banksteraucratie vient d’èclater : le FED LOAN DISCLOSURE.

Le 8 Août 2011, Olivier Delamarche (Gèrant chez Platinum Gestion) nous fournissait un billet dont il a seul le secret. Il écrivait que « ces marchés ne sont finalement portés que par l’ivresse que leur procure l’abus « criminel » de liquidités fournies par le réseau mafieux des banques centrales« .

Tiens, tiens. Un gérant qui se lâche. Quand on connaît la personnalité du personnage, qui a tendance à s’emporter, on aurait matière à penser qu’il n’y soit pas allé de main morte histoire de se faire remarquer. Pourtant, ce Gérant est extra lucide. Il a vu avant tout le monde ou le Déficit des états allait nous mener. Lorsqu’ Olivier Delamarche parle de « réseau mafieux des banques centrales » je pense que ce n’est ni plus ni moins que la stricte réalité. Il s’agit même d’un euphémisme, aux vues de ce qui est actuellement divulgué aux US sur les pratiques de la Banque Fédérale américaine qui a favorisé à coups de Milliards de Dollars la Planète Finance… pendant que les victimes des Subprimes en étaient laissées pour leur sort.
Le FED LOAN DISCLOSURE : des dizaines de banques ont pu utiliser des programmes d’emprunts de la Fed entre Août 2007 et Avril 2010 portant sur des Milliers de milliard de dollars afin de se renflouer à bon compte. En clair, il s’agissait de faire payer aux contribuables les erreurs des Banques, et leur permettre de recommencer. En prenant des risques inconsidérés…
La Fed a ainsi prêté aux banques internationales (vous verrez que la SG en a bénéficié à hauteur de 12,5 Milliards d’Euros en Mai 2008 alors qu’elle disait que tout allait bien ; BNP a reçu aussi des fonds, de même que Dexia) des milliers de dollars (jusqu’à 1200 milliards de dollars lors de la journée du 5 Dècembre 2008). Plusieurs programmes ont alors été mis en place : les Asset-Backed Commercial Paper, les Money Market Mutual Fund Liquidity Facility, les Commercial Paper Funding Facility, les « Discount window », les PDCF, les TAF, les Term Securities Lending Facility et autres « Single-tranche Open Market Operations ». Sans la moindre transparence.
L’objectif initial des fonds de sauvetage mis en place par la Fed et le Trésor américain était de garantir une liquidité sur le marché et poursuivre l’obtention des Prêts. Maisen réalité, les grandes banques ont en fin de compte bénéficié de faveurs. En utilisant ces fonds, qui étaient la source de financement la moins chère avec des taux cadeaux à 1% et dans n’importe quelle condition, de nombreux abus ont été constatés (spéculation, renflouement…) laissant courir un risque énorme, sans le moindre contrôle démocratique.
Un secret bien gardé
Les efforts sans précédent du président de la Fed, Ben Bernanke, pour maintenir l’économie à flot et éviter de plonger dans la dépression ont mené à des prêts s’élevant jusqu’à 1200 Milliards $ d’argent public en simultané, soit le montant équivalent aux prêts des 6,5 millions d’américains empêtrés dans des crédits hypothécaires faisant l’objet de saisies (pour qui l’Etat ne fait rien, et encore moins leurs banques). Ces données ont été obtenues grâce au « Freedom of Information Act », après des mois de contentieux et une loi au Congrès. Jusqu’au bout, les Banques ont fait pression pour interdire ces publications. En vain. Le 22 Mars 2011, une dècision est rendue : c’est la fin des arrangements entre amis.
Les Responsables de la Fed ont même plaidé pour attendre deux ans avant que les données sur les programmes de sauvetage sous forme de prêts ne soient divulguées. La Fed réclamait que l’identité des emprunteurs et les modalités de leurs prêts ne soient pas connus au motif que cela stigmatiserait les banques, ayant un effet dévastateur sur leur cours de bourse.
Un groupe de plusieurs grandes banques US a donc demandé l’année dernière à la Cour suprême américaine de garder la liste des emprunts de la Fed secrète. En Mars, la Haute Court a refusé cet appel, avec une injonction à la banque centrale de publier les données. Fin de la partie.
29346 pages rendues publiques
Pour tout vous dire, je m’attendais à ce que ce soit Wikileaks qui balance les News (on parlait des tuyaux sur Bank of America il n’y a pas si longtemps , mais tout a eté court-circuité). Mais ce fut en rèalité Bloomberg ce dimanche 21 Août. Ils sont entrain de digèrer la tonne de documents. On devrait avoir des petits biscuits au compte goutte. Mais ce qui sort au fur et à mesure est de plus en plus gros. Les bloggers amèricains viennent ce lundi de commencer à publier quelques extraits (comme Barry Ritholtz).
Ces données totalisent 29346 pages de documents obtenus en vertu du « Freedom of Information Act » tirées des bases de données de la Fed laissant apparaître plus de 21000 transactions et montrant clairement pour la première fois à quel point les plus grandes banques du monde dépendaient de la banque centrale américaine pour conjurer leurs manques de trésorerie.
Alors même que les grandes banques occidentales affirmaient dans des communiqués ou lors de la présentation de leurs résultats financiers qu’elles disposaient de liquidités suffisantes et abondantes, elle recevaient en réalité des fonds de la Fed dans le secret, en évitant soigneusement de montrer leur faiblesse. Mais tous les grands ont du se passer le mot : surtout ne rien dire !
Des filiales pour manger à tous les rateliers
Afin de maximiser leurs emprunts, des filiales de grandes banques ont été utilisées pour exploiter les programmes de la Fed. En Mars 2009, la filiale de Bank of America basée en Caroline du Nord a ainsi reçu quelques 78 milliards de dollars à travers deux filiales bancaires et 11,8 milliards de plus à partir de deux autres programmes via Bank of America Securities LLC.
Des banques ont également jonglé entre les programmes de la Fed. Beaucoup ont préféré le TAF parce qu’il était mieux perçu que le « Discount window », souvent considéré comme le dernier recours pour les prêteurs en situation de détresse, selon les économistes de la Fed de New York.
Les grandes banques internationales partagent le banquet
La finance américaine n’était pas la seule bénéficiaire. Presque la moitié des 30 premiers emprunteurs ont été des entreprises européennes.
Les bénèficiaires comprenaient la Royal Bank of Scotland, qui a reçu 84,5 milliards de dollars, et UBS qui a obtenu 77,2 milliards de dollars. Hypo Real Estate a emprunté 28,7 milliards de dollars – soit une moyenne de 21 millions de dollars pour chacun de ses 1366 employés.
Le pic de 1200 Milliards de dollars de prêts a été atteint le 5 décembre 2008 – cette somme comprend le total cumulé des sept programmes de sauvetage compilés par Bloomberg – ce qui représente presque trois fois la taille du déficit du budget fédéral américain cette année et davantage que les bénéfices de toutes les banques US sur la période 2000-2010.
Des européens ont été soigneusement arrosés par l’hèlicoptère de Bernanke. Dexia, BNP… et même notre fierté nationale la SG qui cumulait à elle seule en Mai 2008, tenez vous bien, 17,4 Milliards de dollars (12 Milliards d’ euros) de prêts d’urgence de la Fed alors même que son Pdg Daniel Bouton déclarait que la SocGen allait « très bien » (celui-ci n’a bien entendu jamais parlé de ce programme).
Dans la plupart des cas, la Fed a exigé des garanties pour ses prêts – des bons du Trésor ou des obligations de sociétés et des obligations hypothécaires qui pourraient être saisis et vendus, si l’argent ne pouvait pas être remboursé. Le principal problème était que les garanties déposées auprès de la banque centrale pouvaient très bien avoir une valeur nulle.
Des prêts sans garantie
Alors que la crise s’aggravait, la Fed a assoupli ses critères de garanties. En temps normal, la banque centrale accepte uniquement des Obligations avec une très bonne note de crédit, tels que les bons du Trésor américain. Fin 2008, le fait est qu’elle a été accepté des obligations de type « junk bonds », cotées avec une qualité inférieure. La Fed a même accepté des titres cotés en bourse.
Par exemple, on a appris que Morgan Stanley a bénéficié d’un programme d’emprunt de 61,3 milliards de dollars en Septembre 2008. De plus, la Fed a même promis un total de 66,5 milliards de dollars de garanties. Cela comportait 21,5 milliards de dollars de titres cotés en bourse, 6,68 milliards de dollars d’obligations ayant une notation de « junk bonds » et 19,5 milliards de dollars d’actifs avec une note « inconnue » !
On ne manquera pas de vous tenir au courant des derniers biscuits. A suivre !
Sacha Pouget
Hallucinant!
image/Objectifeco.com

 

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