Plumitifs affidés

Ruminances – 9 avril 2012 
 
Malgré son apparente phobie des journalistes, qui à ses dires, sont tous de gauche et hostiles à son auguste personne, le président-sortant s’affaire régulièrement à séduire certains "bons" éléments de la profession et à les brosser dans le sens du poil. Et ceux-là le lui rendent au centuple ! Le vaniteux n’aime rien de plus qu’on le vénère et qu’on lui passe de la pommade là où ça fait du bien. D’aucuns s’y emploient sans vergogne et n’y vont pas avec le dos de la petite cuillère. Ces passe-plats de la plume n’hésitent pas même à employer la louche… 
Des noms, me direz-vous ? On n’a que l’embarras du choix. Quoiqu’en pense sa femme (jadis) fatale reconvertie fan au foyer, les laquais du pouvoir sont nombreux et pas seulement au Figaro, la Pravda sarkozyste. A tout saigneur, tout honneur, citons d’entrée Étienne Mougeotte, patron du baveux de la maison Dassault, marchand d’armes de son état :  "On aura de la peine à contester au chef de l’État une audace visionnaire et mobilisatrice". Ou encore : "Il a dessiné avec une indéniable hauteur de vue le monde nouveau qui sortira d’un tsunami économique, écologique et social aussi barbare qu’inédit".
 
Chez "frère" Lagardère, ils ne sont pas en reste et ne donnent pas non plus leur part au chien en matière de flagornerie. Ainsi Jean-Pierre Elkabbach, l’interviewer à la pugnacité à géométrie variable, a mis au point une autre taquetaquetique pour insuffler la bonne parole sarkozyste. Il en vient parfois à souffler les réponses aux questions qu’il pose à son ami de quarante ans, ce pour ne pas le déstabiliser voire pour l’aider à réciter son laïus. Catherine Nay, sa collègue à Europe 1, va jusqu’à pondre un bouquin à charge contre Cécilia pour tenter de sauver l’image de l’immature chef de l’état. "On dirait une mère qui défend son fils" se gausse Ardisson. Ce qui n’empêche pas l’ancienne Chalandonnette d’affirmer sans rougir : "Nicolas Sarkozy est enfermé à l’Élysée et ne cesse de travailler. Il se différencie donc de ses prédécesseurs car il est en vérité moins « bling bling » qu’eux". A ce stade de la partie, ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage ! 
Du côté du service public, Yves Calvi, le chouchou de Carlita, passe pour un journaliste indépendant et objectif. Si on gratte un peu, on s’aperçoit très vite que la réalité est tout autre. Il a inventé une forme plus pernicieuse de propagande que les autres précités mais tout aussi redoutable. Quotidiennement, il reçoit des invités en boucle qui martèlent des messages consensuels visant à promouvoir pêle-mêle TINA, la mondialisation, le capitalisme et dans la foulée, une de leur figure de proue, Nicolas Sarkozy. Plus que tout commentaire, le graphique ci-joint révèle la toute relative "impartialité" de ses émissions. 
 
Chez RMC, Éric Brunet, polémiste auto-proclamé, se montre moins subtil et se vautre plus souvent qu’à son tour dans la cavalerie lourde pour vanter les mérites de son chef d’escadron préféré. Décoré récemment de la légion d’honneur pour Sarkophilie émérite, il ne cesse de lui passer la brosse à reluire à longueur d’antennes et de lui servir la soupe à coup de publications idolâtres. "Il faudrait que Nicolas Sarkozy parvienne à montrer qu’il a été, lors de ce quinquennat, un président réformateur qui a dû faire face à un mur de conservatisme et qui a essayé de réformer comme il a pu. Il faut qu’il réussisse à raconter le roman de son quinquennat. J’en veux à la droite pour ça : jamais personne chez eux n’a réussi à le raconter alors que c’est une belle histoire". Hongrois rêver, comme disait ma grand-mère, fleuriste au Havre…

Passons rapidement sur le tandem de RTL qui aime à nous faire croire à son côté rebelle. Ainsi Jean-Michel Aphatie ose affirmer sans pouffer de rire : "Sarkozy me perçoit comme un gauchiste". Le poujadiste basque oublie qu’à chaque entretien avec le locataire élyséen, il fait plutôt figure de petit garçon sage écoutant la leçon du maître que de véritable débatteur coriace. Et quand son complice en complaisance, Alain Duhamel, émet un insolent "Sarkozy, il lui manque une case", c’est pour vite ajouter "c’est la case auto-critique". Ouf, on respire, on a cru un moment que l’homme au solex avait dérapé enfin…
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