Les inégalités en France : niveau de vie, travail, revenus, patrimoine, des riches toujours plus riches…

Alternatives Economiques Poche n° 056 – septembre 2012
Les écarts de niveau de vie : Entre 1999 et 2009, le niveau de vie des 10 % les plus pauvres a progressé de 610 euros. Celui des 10 % les plus riches de 8 190 euros…
Qui est riche et qui est pauvre en France ?
Si on considère comme pauvres les ménages qui vivent avec la moitié du niveau de vie médian (c’est-à-dire celui tel que la moitié des ménages gagne moins et l’autre gagne davantage), une personne seule est en situation de pauvreté quand elle touche moins de 715 euros mensuels, un couple sans enfant moins de 1 360 euros et un couple avec deux enfants moins de 1 820 euros.
Selon cette définition, 7,5 % de la population française était considérée comme pauvre en 2009.
Si on se fonde sur la typologie du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), on peut considérer comme "populaires" les 30 % de la population française qui dispose des revenus les plus faibles.

Les revenus du travail : Les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes demeurent importantes, tandis que le phénomène des travailleurs pauvres persiste.
En 2009 (dernière année connue), la moitié des Français avaient un salaire net mensuel inférieur à 1 646 euros (soit le salaire net médian) en équivalent temps plein. Les 10 % les moins bien rémunérés touchent moins de 1 127 euros nets et les 10 % les mieux rémunérés plus de 3 255 euros. Au minimum, ces derniers perçoivent donc un salaire mensuel 2,9 fois plus élevé que les 10 % les moins bien payés, soit un écart de salaire de 2 128 euros. Quant au 1 % les mieux rémunérés, ils ont un salaire au moins égal à 7 499 euros, 6,6 fois plus élevé que le salaire maximum des 10 % les moins bien rémunérés, soit un écart de 6 372 euros.

Les hauts revenus : Plus les niveaux de vie sont élevés, plus ils progressent. Le constat est particulièrement vrai pour les très hauts salaires, dont les augmentations ont atteint des sommets difficilement justifiables.
Entre 2004 et 2008, les 0,01 % les plus riches ont vu leur revenu annuel (salaires et revenus du patrimoine) s’accroître de 33 %, soit + 180 000 euros (avant impôts), passant de 551 900 à 732 300 euros. Une augmentation équivalente à plus de onze années de Smic ! Concernant le 1 % des plus riches, les chiffres sont beaucoup moins importants, mais l’augmentation est quand même d’au moins 7 700 euros annuels (soit + 10 %). Cela représente la valeur de plus de cinq mois de travail d’un smicard. A comparer aux 500 euros annuels supplémentaires que la moitié de la population a au mieux obtenu au cours de ces quatre années (+ 5 %).

Le patrimoine : Le patrimoine se constitue au travers d’une accumulation de richesses au cours d’une vie et au fil des générations. Les inégalités de patrimoine sont démultipliées par rapport aux écarts de revenus : les 10 % les plus fortunés possèdent la moitié de la richesse du pays.
Qui possède combien ?
Les 10 % les plus fortunés détiennent près de la moitié de la richesse de la France et la moitié la moins fortunée seulement 7 %. Un écart qui laisse entrevoir des inégalités exponentielles. L’inégalité des patrimoines est en effet encore plus accentuée que celle des revenus. Contrairement à une idée répandue, patrimoine et revenus vont globalement ensemble. Toutefois, à catégorie sociale équivalente, le fait de posséder ou non son logement modifie le niveau de vie réel. Ces énormes inégalités sont à la source de la reproduction sociale des inégalités, de génération en génération.
Une situation accentuée par une réduction continue ces dernières années du taux d’imposition sur l’héritage.

La pauvreté : Le nombre de personnes ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 50 % du revenu médian, s’est accru de 760 000 entre 2002 et 2009, soit une hausse de 20 %.La pauvreté avait baissé dans les années 1970 au milieu des années 1990 pour ensuite rester plutôt stable jusqu’au début des années 2000.
Combien de pauvres ?
En 2009, la France comptait 4,5 millions de pauvres, si on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian, et 8,2 millions si on prend un seuil à 60 % (définition européenne). Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 7,5 % ; dans le second, il est de 13,5 %. En 2009, le seuil de pauvreté situé à 60 % du revenu médian était de 954 euros mensuels pour une personne seule, celui à 50 % de 795 euros.

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