Les vignerons de saumur-champigny enherbent les vignes et plantent des haies pour moins utiliser de pesticides.

Ouest-France – 3 septembre 2012 – Xavier Bonnardel
Patrice Rétif, président du syndicat de l'appellation Saumur-Champigny, a planté un demi-kilomètre de haies au milieu de ses vignes, à Turquant. Ouest-France

Patrice Rétif, président du syndicat de l’appellation Saumur-Champigny, a planté un demi-kilomètre de haies au milieu de ses vignes, à Turquant.© Ouest-France
La biodiversité fortifie le saumur-champigny.  À Saumur, le festival Festivini met en lumière cette initiative.
Depuis 2004, la centaine de vignerons de l’appellation Saumur-Champigny donne un tour concret à ce concept quelquefois nébuleux de biodiversité. Ils plantent des haies et des bosquets entre les parcelles de vignes. Tapissent les murets de tuffeau avec des plantes grimpantes. Laissent courir entre les rangs de vignes un moelleux tapis d’herbes sauvages et de fleurs. Sur une longueur cumulée de 20 km, érables, noisetiers, cornouillers, sureaux, troènes unissent leurs frondaisons pour rompre la monoculture de la vigne.
L’appellation Saumur-Champigny, réputée pour ses rouges soyeux, participe au programme de recherche « biodiversité et paysage ». « Les vignerons ont tout de suite adhéré. Ici, nous sommes en réflexion permanente pour évoluer dans le sens d’un plus grand respect de l’environnement. On s’inspire de la bio. Nous sommes soudés par un solide esprit collectif et très proches de nos vignes », expose Patrice Rétif, le président de l’appellation.
Réduction des pesticides
Les producteurs expérimentent un cercle supposé vertueux : « Les haies et les bandes enherbées constituent des zones écologiques réservoirs qui abritent une population d’insectes mangeurs des parasites de la vigne », explique Marie-Anne Simonneau, animatrice du syndicat.
Les réservoirs de biodiversité qui parsèment les 1 500 ha de vignes délimités par la forêt de Fontevraud, la Loire et le Thouet, amélioreraient la résistance du vignoble face aux attaques des ravageurs et aux maladies.
À Saumur, le festival Festivini dévoilera demain mardi les premiers résultats de ces essais. Une certitude : les producteurs de saumur-champigny se sont engagés dans une réduction drastique des pesticides. Patrice Rétif la chiffre « à au moins 20 % » depuis 2004.
Les traitements systématiques n’ont plus cours. « Des réseaux de pièges à insectes et de stations météo quadrillent le vignoble. On compte les insectes et les acariens. On ne sort le pulvérisateur que si leur nombre dépasse un certain seuil. On a appris à ne pas suivre aveuglément le technico-commercial », raconte Patrice Rétif.
Sur les 40 ha du domaine des champs fleuris, le viticulteur de Turquant, primé de deux médailles d’or lors du dernier concours général agricole de Paris, n’a plus versé une goutte d’acaricide depuis douze ans. Il affiche fièrement un « zéro insecticide en 2011 et en 2012 ».

Autre progrès : le désherbage mécanique remplace le désherbage chimique dans un nombre croissant d’exploitations. « On voit maintenant des charrues vigneronnes travailler le sol. Les outils utilisés jadis derrière le cheval ont été perfectionnés et adaptés au tracteur. Le paysage change. On ne voit plus des sols nus, propres, nickel comme des tapis de billard. On invite plus facilement les journalistes dans le vignoble. »
About these ads

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cette entrée, publiée dans Ecologie, Santé, est taguée , . Bookmarquez ce permalien.