Saint-Seurin-sur-l’Isle 33 – Jappeloup repose toujours près du paddock où il a construit sa légende. Il n’est pas le seul : Furioso au Haras du Pin a aussi une sépulture

Sud-Ouest 13/04/2013 Par Jean-Charles Galiacy

Gironde : ici repose Jappeloup, le fameux destrier

Certains vont se recueillir sur la tombe de Jim Morrison ou celle de Dalida. Jappeloup de Luze a aussi son petit succès, dans le Libournais

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Ici, on ne parle pas de « canasson. » Et n’importe quel malotru tenté de lâcher un regard arrogant sur le pré, estimant qu’il n’y a là qu’espace à faire brouter de vulgaires bourrins, se ferait gentiment envoyer gambader un peu plus loin. Ici, on touche au sacré. Et le lieu de sépulture est également adresse de pèlerinage.
Paris a Jim Morrison, Sète abrite fièrement Georges Brassens et Saint-Seurin-sur-l’Isle, en Gironde, protège la dépouille de Jappeloup de Luze. Pas un simple cheval, non. Mais celui qui a remporté les plus belles breloques (champion olympique, du monde, d’Europe et de France), une vedette à quatre pattes reçue en direct dans le JT d’Yves Mourousi et le personnage principal, plus récemment, d’un long-métrage ayant déjà largement dépassé le million de spectateurs (1,6 million en quatre semaines d’exploitation).
 Décédé il y a plus de vingt ans, Jappeloup repose toujours près du paddock où il a construit sa légende et continue d’attirer bouquets colorés, messages de remerciements et fans de tout l’Hexagone, encore émoustillés de fouler la dernière demeure du grand champion français, terrassé par une crise cardiaque alors qu’il avait seulement 16 ans.
Pierre Durand n’a pas pu se séparer de son fidèle destrier qui l’a laissé en plan devant un obstacle en plein concours durant les JO de Los Angeles, en 1984, avant de lui permettre, quatre ans plus tard, de glaner l’or olympique à Séoul.
« Faire le deuil »
« Ce n’était tout simplement pas possible de le voir partir au crochet d’un camion, à l’équarrissage, raconte, toujours un brin ému, le cavalier. Je ne pouvais m’y résoudre. Sa mort a été brutale, ce fut un choc émotionnel. Le fait de l’enterrer à Saint-Seurin m’a permis de faire le deuil sans avoir le sentiment de couper les liens très forts qui nous unissaient. »
Autres stars qui ne marchent pas debout, le chien Mabrouk ou le cheval de course Ourasi n’ont jamais célébré leur retraite au pied de la tour Eiffel devant plusieurs centaines de supporteurs. Jappeloup, lui, si. Et c’est l’un des rares représentants du monde animal à disposer d’une tombe, à l’instar d’une célébrité bien humaine. ( voir note de Kozett ) « Mais il était l’égal de bien des êtres humains », sourit Pierre Durand.
Sur les dépliants touristiques, à Saint-Seurin-sur-l’Isle, un peu plus de 3 000 habitants, la promotion de la ville passe forcément par le souvenir de ce sauteur atypique, affichant 1,58 m au garrot, encore un peu plus petit qu’une autre gloire girondine, Alain Giresse.
« Regain d’intérêt »
Et depuis la sortie du film de Christian Duguay, surprise du box-office, les nostalgiques se pressent un peu plus encore devant la belle plaque à son effigie. « Il y a comme un regain d’intérêt, témoigne Dominique Ferchaud, vice-président du Centre équestre de Saint-Seurin-sur-l’Isle. Du coup, on a procédé à un petit lifting du site. Les membres du club ont repeint, refait le gazon tout autour… »
Et le dirigeant d’insister sur la politique sportive du club qui se résume sur son site Internet : « Un passé glorieux au service d’un avenir prometteur. »
Pierre Durand, lui, retourne régulièrement sur la sépulture de son ancien compagnon. Celui qui reçoit encore des fleurs chaque début de novembre, pour l’anniversaire de la mort de Jappeloup, y croise quelques fois du monde. « De nombreux cavaliers viennent toujours se recueillir sur sa tombe. Ils s’y arrêtent, comme un passage obligé, et y restent quelques minutes, méditatifs. »
À lire aussi :  Jappeloup, la légende racontée par son cavalier
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Pierre Durand évoque sa rencontre mouvementée avec Jappeloup. (photo o. g.)
 Note complémentaire de Kozett  : Un autre équidé bénéficie de ce privilège.  Dans l’Orne, au haras du Pin, j’ai pu voir la tombe, toujours fleurie, de Furioso, l’un des meilleurs étalons du siècle en obstacle, à la descendance impressionnante. Il est enterré debout, eu égard à son palmarès et sa qualité de reproducteur.

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Au Haras du Pin La tombe de Furioso
Furioso, célèbre étalon né en 1939 et mort en 1967

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