A Bruxelles, l\’Europe admet l\’échec de l\’austérité grecque

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Les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de réduire le poids du prêt consenti à la Grèce, satisfaisant les revendications du gouvernement socialiste d’Athènes. Les Irlandais, eux, n’ont pas obtenu le même traitement. Quant au Pacte pour l’euro, il est toujours sur la table d’opération.



Pour la première fois les patrons de la zone euro semblent avoir entendu la complainte du peuple grec. Dans la nuit de vendredi à samedi, les 17 chefs d’états et de gouvernement ont accepté de revoir les conditions du prêt de 80 milliards d’euros. Le taux d’intérêt trop élevé, le remboursement trop court (4 ans) étranglent les fiances publiques du pays. Il a donc été décidé d’aligner le taux d’intérêt sur celui pratiqué par le FMI, soit une diminution de 1%, à 4,05%. De plus la durée du prêt est allongée à 7 ans et demi. Le premier ministre socialiste George Papandreou peut souffler un peu et revenir avec un résultat à Athènes où l’opinion publique est chauffée à blanc par les plans d’austérité successifs. 

Moins cher, pendant plus longtemps, on est juste avant une restructuration de la dette en bonne et due forme, qui se traduirait par une réduction de la créance. Rendez-vous dans sept ans ? Les Européens n’avaient pas trop  le choix, car c’est ce que demandaient les marchés, en particulier les agences de notation, qui faisaient remarquer que les conditions faites à la Grèce par ses partenaires étaient certes moins dures que les prêteurs privés, mais encore insoutenables. 

L’Irlande, malgré ses demandes, n’a pas obtenu le même traitement que la Grèce. La France et l’Allemagne exigeaient en contrepartie d’une baisse de la « punition » des Irlandais, que ceux-ci relèvent, même symboliquement, le niveau de leur taux de l’impôt sur les sociétés, actuellement à 12,5 %. Le nouveau premier ministre irlandais, Enda Kenny, élu avec le mandat de renégocié le prêt européen,  a refusé. Le sujet a été renvoyé au prochain conseil, le 25 mars. 

Les membres de la zone euros ont aussi innové. Ils ont augmenté les réserves du fonds de stabilité de l’euro en le portant à 44O milliards effectifs, ce qui lui donne la capacité théorique de prendre en charge le Portugal et l’Espagne. Ils ont aussi autorisé le fonds à acquérir des emprunts d’Etat jusqu’à 10% du total. D’une certaine manière, les eurobonds sont nés cette nuit. Puisque des pays pourront emprunter directement auprès du fonds, lui-même abondé par des émissions communes d’emprunts par les 17 pays de la zone euro.  En pratique, cela permettra à des pays en difficulté de d’aller emprunter à Bruxelles lorsque les émissions à court terme sont trop chères sur le marché, comme c’est le cas pour le Portugal, la Grèce et l’Irlande. 

Par ailleurs, le pacte pour l’euro a été formellement adopté. Mais les indicateurs du pacte sont encore en discussion. Cela n’a pas empêché Nicolas Sarkozy, à 1 heures 30 du matin de proclamer l’avènement du « gouvernement économique de la zone euro ».  Toujours pressé le président français… 

Il faut néanmoins le reconnaître :  si toute cette ingénierie ne fait pas une nouvelle zone euro progressiste, ce qui a été fait pour la Grèce va faciliter la vie des Grecs, et porte la marque de l’équipe française, animée par Xavier Musca, désormais secrétaire général de l’Elysée.

A propos Frédéric Baylot

MÉDITACTION, BANDE DESTINÉE & POLÉTHIQUE « Fer senzill i lleuger, per més serenitat i alegria. » http://frederic.baylot.org/
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