Islande contre Banksters 2 à 0 ! Les islandais refusent à nouveau de compenser les pertes d’une banque privée.

Intox2007 – 10 avril 2011 – par Rva

Encore une fois, le peuple Islandais consulté par referendum (rendez vous compte, ça existe encore!) a dit NON quand on lui demandait de valider un accord voté par son parlement, et leur demandant de se serrer la ceinture jusqu’en 2046 pour « sauver » les « petits investisseurs » de la banque Icesave.
ICESAVE était une banque PRIVEE , qui opérait en UK et en NL et proposait des comptes rémunérés à des taux intéressants pour le « petit investisseur » vous ne connaissez pas l’histoire ? C’est simple pour rémunérer un compte à 6% (taux promis par Icesave compris entre 6,1 et 6,76% « net d’impôts«  ), le banquier doit gagner au moins autant d’argent, et pour faire du profit , bien plus pour se goinfrer au passage et rémunérer ses actionnaires. Donc mettre en place une sorte de martingale qui lui permet de rémunérer le « petit investisseur » tout en lui assurant l’absence de risque.
 
Et ce banquier avait aussi un appétit féroce en terme de captage de clients par la banque : Il proposait £1000 à tout client anglais qui trouvait mieux en terme de remuneration ! « Transfer your current Mini Cash ISA to Icesave from NatWest, Halifax, HSBC, LloydsTSB, Barclays or Nationwide and, if you find we haven’t bettered your rate, we’ll give you £1,000** » .
Aux pays-bas, le taux garanti était de 5,25%. Là aussi vous imaginez bien que des mécanismes financiers devraient mis en oeuvre pour garantir de tels taux de rémunération.
Actuellement ce taux de rémunération des comptes est compris entre 1 et 2%, mais on trouve des offres jusqu’à 5% « garanti » : B for Bank.  Qu’est ce qui peut garantir de tels rendements annuels pour une banque ? Les actions ordinaires en bourse: Très risqués en ce moment. Mais dans une bulle spéculative financières avec produits dérivés? C’est tout simple, ICesave employait bien sûr des traders pour faire le maximum de profits sur les marchés financiers: Spéculation sur les monnaies, FOREX, et autres matières premières ou obligations des états (dette). 
Quand la maison mère d’Icesave a fait faillite, L’islande a décidé de protéger les seuls dépôts islandais dans la banque. Estimant que c’était là sa seule responsabilité d’état. Mais le lendemain le royaume-uni commença à réclamer du fric pour ses « petits investisseurs« , et devant le refus de l’Islande, mis en place des interdictions basées sur les textes anti-terroristes. Et bien sur FMI, Union Européenne ont pris la défense des « spoliés » et commencé à lancer des menaces : plus d’aides, plus d’intégration européenne !
S’en sont suivies des discussions entre banquiers, lobbies, politiques (dont certains sans doutes corrompus par les banksters) qui ont décidé que les Islandais payeraient pour rembourser les « petits investisseurs » Anglais et Neerlandais. En gros, cela fait 4 Milliards d’Euros à rembourser par l’état islandais pour compenser les pertes d’une banque privée. Le principe est simple : nationaliser les pertes, privatiser les profits. On demande donc au peuple Islandais d’accepter de se faire tondre, et de valider ce grand principe via son parlement. Mais les citoyens islandais disposent d’un droit: Pétitionner pour demander une consultation publique au président de la République. Ce que fait alors ce dernier à 2 reprises avec un référendum. Et à chaque fois, le peuple Islandais a voté massivement NON, et ce malgré les menaces.
 
Pour les partisans  du « non », « il n’y a jamais eu d’obligation légale pour les citoyens islandais d’assumer les pertes d’une banque privée« 
L’Islande n’est pas membre de l’UE , mais de l’AELE  (Association européenne de libre-échange) et « les Islandais ont très gros à perdre » disent les défenseurs des banksters, effrayés par ce risque: un peuple qui refuse de payer les dettes d’actionnaires crétins refusant d' »assumer le risque
D’après les partisans du NON  : l’action prévue par l’accord rejeté n’a aucune base dans les traités de l’Union Européenne dont sont membres les pays-bas et le royaume uni.
Iceland correctly implemented a bank-funded deposit insurance scheme according to relevant EU directives and law before the collapse of its banks. The EU-prescribed deposit insurance scheme is without any explicit or implicit sovereign guarantee. In our view, the demands of Dutch and British authorities that Iceland guarantee repayment of funds that were dispensed by UK and NL public coffers to Icesave depositors resident in these countries, are without legal merit in Icelandic or European law.
Il faut tout mettre à l’échelle des habitants de cette île de l’Atlantique nord, l’accord représentait près de 12 200 euros par tête à payer jusqu’en 2046 : 230 000 électeurs ( et  75% de participation) et leur familles qui doivent payer (à 3% d’intérêt bien sûr[1] )  d’une façon ou d’une autre les errements d’une banque privée avec 340 000 épargnants clients britanniques et néerlandais.
L’Islande est un petit pays: 310 000 habitants. Soient moins que les gogos UK et NL déçus de la défaillance de leur placement sans doute « en bon père de famille » selon l’expression consacrée.
En fait l’Islande cristallise la crise financière de 2008: les défauts des banques privées doivent être assumés par les citoyens (sinon on menace de tout via les agences de notation), les états devant de facto garants des placements en tout genre : qu’il soient issus de l’économie réelle ou dans les produits financiers pour spéculateurs.
Même chez nous, au sein de l’UE : les politiques sont victimes des chantages des banques .
«Les banques d’affaires sont à l’affût pour gagner de l’argent, car le nombre de transactions a diminué. Il est tentant pour elles de spéculer sur les dettes souveraines. Cela montre la perversité des mécanismes actuels : les trading desks des banques continuent à spéculer, alors que les Etats ont aidé, et parfois sauvé, ces banques. Et des bonus énormes sont toujours versés aux artistes de ce genre de sport.»
(…)
«Le monde politique est persuadé que les activités de trading sont nécessaires pour servir les clients des banques. C’est faux, c’est de la pure spéculation ! Les politiciens sont victimes du chantage des banques et de leur propre méconnaissance des rouages financiers. Ils confondent sauver les déposants et sauver les banques. Ce n’est pas la même chose. On peut protéger l’un sans subventionner les bénéfices de l’autre. On a eu tort de sauver les banques sans en exiger des réformes de fond, et d’avoir maintenu la capacité à spéculer qui nuit maintenant aux Etats. Les banques continuent à prendre des risques insensés et à financer les spéculateurs en tout genre, hedge funds et autres, qui ne sont cependant qu’un problème secondaire. Le principal problème, ce sont les banques qui financent la spéculation avec l’argent du contribuable et les garanties des Etats.»
Voilà donc un modèle à suivre : Refuser de payer par l’argent public les dettes et investissements foireux de gogos adeptes du libéralisme, ne pas laisser des élites corrompues et endogamiques décider de la vie des citoyens sans en assumer les risques.
Il faut donc séparer les activité de depots et financières des banques, leur imposer une réduction drastique des frais bancaires, rendre obligatoire la publication de l’exposition à des risques des dépots des citoyens ( assurance vie, livret d’épargne) et ne plus garantir les défauts des banques privée au delà d’un niveau correspondant d’un standing de vie moyen. Interdire les produits financiers déconnectés de la possession d’un bien ou de parts d’une entreprise ou d’assurances déconnectés d’un tel bien… Et aussi expliquer clairement aux gogos clients de tels montages financiers que leur pactole ne sera donc plus garanti au delà de pas grand chose : La prise de risque doit être assumée n’est ce pas les libéraux ?
Et posez vous la question, comme c’est étonnant de voire que ce sujet qui concerne la vie d’une nation jusqu’en 2046 soit si peu traités par les médias, sachant que désormais le conflit va se retrouver devant la justice internationale.
Notes :
[1] Alors que les banksters de l’UE empruntent à 1,5% en ce moment.

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