Nouveau chef du gouvernement au Tibet : Un juriste prend les rênes du gouvernement tibétain en exil

Lobsang Sangay, un juriste de 43 ans qui a étudié à l’université américaine Harvard, a été élu, mercredi 27 avril, premier ministre du gouvernement tibétain en exil et il aura la difficile tâche d’endosser un rôle politique incarné pendant des décennies par le dalaï-lama.
Le dalaï-lama, 75 ans, avait annoncé en mars son intention de se décharger de ses fonctions politiques, sans renoncer à son rôle de chef spirituel.
Lobsang Sangay, expert en droit international, a aisément battu les deux autres candidats en remportant 55 % des voix, a annoncé le chef de la commission électorale, Jamphel Choesang, à Dharamsala, la ville du nord de l’Inde où le siège du gouvernement tibétain en exil. Tenzing Tethong, un ancien représentant du dalaï-lama à New York et Washington, a obtenu 37,4 %.
Tashi Wangdi, qui a occupé une demi-douzaine de portefeuilles ministériels au sein du gouvernement en exil au fil des années, n’a, lui, remporté que 6,4 % des voix de la communauté tibétaine en exil dans le monde entier. Sur les quelque 83 400 Tibétains en exil, plus de 49 000 d’entre eux se sont rendus aux urnes, selon la commission électorale.
Né dans une région productrice de thé dans le nord-est de l’Inde, Sangay n’a jamais vécu au Tibet. Il ne s’y est même jamais rendu, ce qui marque une rupture avec le passé, lorsque de vieilles figures religieuses dominaient la vie politique du mouvement tibétain. Son élection marque aussi un tournant après l’annonce le mois dernier par le dalaï-lama de son intention de renoncer à son rôle politique de chef du mouvement des Tibétains en exil, essentiellement symbolique, et de transmettre ses responsabilités à un nouveau premier ministre aux pouvoirs élargis.
Cette transition politique va donner au nouveau premier ministre élu une position beaucoup plus en vue que celle de ses prédécesseurs. « Sa Sainteté est une institution de plus de 400 ans, personne ne peut La remplacer ou se substituer à Elle. Le plus grand défi est de construire réputation et crédibilité », estimait Sangay dans un entretien accordé le mois dernier à Dharamsala.
« AUTONOMIE SIGNIFICATIVE »
Il avait toutefois souligné l’ardent désir de « voir une jeune génération prendre la direction » du mouvement au sein de la communauté tibétaine. Sangay avait assuré qu’il soutenait entièrement la formule de la « voie moyenne » voulue par le dalaï-lama, c’est-à-dire une « autonomie significative » du Tibet sous administration chinoise, plutôt qu’une indépendance pure et simple de la région.
L’idée du dalaï-lama de transmettre ses pouvoirs politiques à une figure élue reflète son inquiétude sur la façon de poursuivre la lutte pour les droits des Tibétains, qui fut uniquement incarnée par le Prix Nobel de la paix depuis sa fuite de Chine en 1959. Certains craignent que leur combat tombe dans l’oubli à la mort du dalaï-lama, qui incarne aux yeux de l’Occident la cause des Tibétains. Le rôle accru du premier ministre a été choisi comme solution mais la route risque d’être pavée de difficultés.
Le gouvernement tibétain en exil n’est reconnu par aucun gouvernement étranger, la Chine refuse de le reconnaître et sa légitimité pourrait être mise en doute aux yeux des Tibétains du Tibet sans le soutien du dalaï-lama. « Le problème pour le premier ministre est le suivant : comparé au dalaï-lama, il bénéficie d’une faible reconnaissance en dehors des cercles tibétains spécialisés, et ce sera une dynamique difficile à modifier », estimait récemment Barry Sautman, expert du Tibet à l’Université des sciences et technologies de Hongkong.
LEMONDE.FR avec AFP | 27.04.11

Nouveau chef du gouvernement au Tibet : le Dalaï-lama ne voulait plus s’en occuper…

Le post 27/04/2011  Extrait
Le nouvel homme fort du Tibet offre un visage bien différent de celui du Dalaï-Lama. Petit jeu des différences.
Le Dalaï-lama avait renoncé à gouverner en mars dernier. Une élection du « kalon tripa », équivalant du Premier ministre au Tibet, se tenait donc mercredi, afin de le remplacer.

Au final, c’est un juriste âgé de 42 ans, Lobsang Sangay, qui a été élu à la tête du gouvernement tibétain. Il s’est largement imposé avec 55 % des voix

changement entre le leader spirituel tibétain et Lobsang Sangay est radical.
Petit jeu des différences :

1. En premier lieu, c’est un relooking extrême quant à l’image du Tibet dans le monde. Le style vestimentaire s’est ainsi adapté au monde moderne. 
Le costard-cravate et l’attaché-case de Sangay se sont substitués au pallium, habit traditionnel remis au goût du jour par le Dalaï-lama pour conforter un charisme bien ancré sur la scène internationale.

2. Ensuite, un ton plus ferme face à la Chine est envisagé, en vue d’obtenir plus que l’autonomie et la reconnaisance du gouvernement tibétain incessament reclamées par le Dalaï-lama. Résultat, c’est une « voie du milieu » entre l’indépendance tibétaine et la fermeté chinoise qu’il souhaite approfondir.

3. Le nouveau Premier ministre s’est également distingué par un grand sens de la diplomatie à l’occasion de conférences organisées à Harvard. « Si jamais les dirigeants de Pékin décident d’accorder une véritable autonomie au Tibet, les graines auront été plantées dans les salles de classe où l’attachement de Sangay à la valeur du dialogue a été testé” a ainsi souligné The Boston Globe.
Il a aussi œuvré pour le rapporchement avec la Chine, en organisant de nombreuses rencontres entre des étudiants chinois et le Dalaï-lama.

4. Enfin, Lobsang Sangay offre une alternative crédible à l’autorité du Dalaï-lama. La confrontation face à la Chine se fera désormais sur deux fronts, à la fois politique et spirituel.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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