Un Français sur deux vit avec moins de 1580 euros par mois

Le Figaro Conjoncture – 28/04/11 – Marie Visot
La pauvreté stagne depuis 2002, montre l’Insee dans son étude annuelle sur les revenus.
 
Entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie ont peu évolué, indique une étude que l’Insee publie jeudi. Mais sous cette apparente stabilité se cache un double mouvement.
 
 
Jusqu’en 2004, les écarts de niveau de vie se sont réduits, grâce à une amélioration de la situation des plus modestes. Ensuite, les inégalités ont eu «plutôt tendance à augmenter», en raison d’un enrichissement supplémentaire des plus aisés. Et ce, note l’étude de l’institut de statistiques, en lien avec «une forte progression des revenus, en particulier des revenus du patrimoine, qui sont fortement concentrés» chez ces personnes . Ainsi, les revenus du patrimoine des 10% de Français les plus riches ont augmenté de 11% par an entre 2004 et 2008. Une tendance qui n’a sans doute pas duré en 2009-2010, quand les marchés immobiliers et financiers ont été durement frappés de plein fouet par la crise.
En 2008, ces 10% de personnes les plus aisées disposaient d’un niveau de vie par unité de consommation d’au moins 35.550 € par an, tandis que les 10% les plus modestes devaient se contenter de moins de 10.520 € par an.
Le niveau de vie médian (celui qui partage la population en deux groupes aussi nombreux) s’élevait à 18.990 euros par an, soit 1580 euros par mois. Un couple «médian» avec deux jeunes enfants (2,1 unités de consommation) avait ainsi un niveau de vie de 3320 € par mois.
L’emploi, meilleur rempart
De son côté, la proportion de la population touchée par la pauvreté a reculé. En 2008 toujours, 7,8 millions de personnes, soit 13% de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté – qui se situe à 60% du niveau de vie médian (soit 949 € par mois ou 2000 € pour un couple avec deux enfants). C’est 1,5 point de mieux que douze ans plus tôt.
Mais cette proportion de ménages qui a du mal à faire face à des remboursements d’emprunt, qui se trouve régulièrement à découvert ou encore qui doit puiser dans ses économies pour équilibrer son budget, a surtout reculé sur la période allant de 1997 à 2001, marquée par une forte croissance et une baisse du chômage. Elle stagne depuis.
Sans surprise, les chômeurs sont particulièrement exposés à la pauvreté, devant les inactifs non retraités, les familles nombreuses et les familles monoparentales. Logiquement, l’emploi «reste le meilleur rempart contre la pauvreté» et «son rôle protecteur se renforce», insiste l’étude: le taux de pauvreté des personnes qui travaillent s’élevait à 7,4% en 2008, un niveau «nettement plus faible» qu’en 1996, où il atteignait 9,2%. Enfin, l’Insee montre qu’un descendant d’immigrés sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, soit deux fois plus que les Français de parents nés français, Le risque d’être pauvre est néanmoins nettement plus élevé pour les descendants d’immigrés africains que les descendants d’immigrés d’Europe.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Economie, Social, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.