Japon – Travailleurs de Fukushima : Un stress dû à la crise, et la pression exercée par leurs proches, n’aident pas ces travailleurs à garder le cap.

Actualité Japon 21/04/2011 | Leo West.
Pire que les radiations, le burning out pour les travailleurs de Fukushima
 Le médecin en charge des employés de Fukushima explique qu’au regard des conditions de travail, ils n’auront peut-être pas le temps de subir les conséquences des radiations.
Depuis presque un mois et demi, la situation de la centrale nucléaire de Fukushima dans le nord du Japon inquiète le monde entier. Mais pour les travailleurs qui tentent jour et nuit de contenir la crise nucléaire, c’est leur santé qui est en jeu.
Il n’y a pas que les radiations
Le docteur Takeshi Tanigawa, qui travaille à Fukushima depuis 1991, est venu faire un bilan de santé de 90 travailleurs et a expliqué au Japan Times qu’ils risquaient « de mourir suite à leurs conditions de travail déplorables ».
Insomnies, déshydratation ou encore une très mauvaise tension artérielle, ils sont susceptibles de développer de graves problèmes cardiaques ou encore de tomber en dépression, comme l’explique le médecin. « Les conditions dans lesquelles ils sont amenés à travailler demeurent très difficiles. J’ai peur que si cela continue ainsi, nous seront confrontés à de graves problèmes de santé » explique-t-il.
Un stress dû à la crise, et la pression exercée par leurs proches, n’aident pas ces travailleurs à garder le cap. Sans compter le fait qu’ils ont pour la plupart perdu de la famille ou des amis suite au tsunami.
« Un champ de bataille »
Chaque travailleur enchaine quatre jours sur le site de la centrale numéro 1 et n’a que deux jours de repos. Ils sont chaque jour décontaminés pour rejoindre la zone de repos située à 10 km, près de la centrale numéro 2.
Là, ils peuvent ‘dormir’ sur de simples tatamis entreposés dans un vaste gymnase avec des sacs de couchages ou des couvertures, poursuit Takeshi Tanigawa. Outre ce manque de confort, leur régime alimentaire laisse à désirer, bien qu’ils aient maintenant trois repas par jour, chauffés au micro-ondes, contrairement à un seul au début de la crise. Ils ne peuvent par ailleurs pas se laver durant la période où ils sont affectés à la centrale alors qu’ils transpirent énormément sous des combinaisons anti-radiations très lourdes a expliqué le docteur. « Dans ces conditions de travail, il est fort probable que des erreurs arrivent », des erreurs qui pourraient s’avérer fatales. Et le tout est bien sûr combiné à la crainte d’être exposé aux radiations.
Le bilan du médecin est accablant : « ces employés sont engagés dans un travail très dangereux et ont des droits, des femmes et des enfants, comme tout le monde. Nous devrions traiter leurs vies avec le respect qui leur est dû ».
Mais il conclut en expliquant que ces travailleurs ressentent une grande responsabilité vis-à-vis de la crise nucléaire. Lorsqu’il leur demande s’ils souhaitent arrêter, ils répondent tous « qui le fera si ce n’est pas moi ? ». Car plus que tout, ils souhaitent sauver l’endroit où ils vivent afin que leurs familles aient un avenir. 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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