Pour faire face à la sécheresse dans de nombreuses régions, les agriculteurs tentent de s’organiser

Le gouvernement a autorisé l’utilisation des jachères pour nourrir le bétail
Face à la sécheresse persistante, les agriculteurs vont pouvoir faire pâturer leur bétail dans les jachères ou y faucher l’herbe en vue de nourrir leurs bêtes. En déplacement mercredi 11 mai dans la Vienne, un des départements les plus touchés, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a autorisé l’utilisation de toutes les jachères, y compris celles réservées à la biodiversité comme les bandes enherbées le long des cours d’eau. Une annonce dont s’est félicité le principal syndicat du secteur, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui en avait explicitement fait la demande.
Les agriculteurs n’ont toutefois pas attendu cette annonce et la première réunion du Comité de suivi sécheresse du ministère de l’agriculture – qui devait avoir lieu jeudi 12 mai – pour tenter de s’organiser face aux problèmes soulevés par la sécheresse. La FNSEA a ainsi lancé un appel à toutes ses entités régionales et départementales pour qu’elles favorisent un élan de solidarité entre céréaliers et éleveurs.
Car si les premiers peuvent craindre une baisse de rendement, les éleveurs, qui doivent nourrir leur bétail, voient eux la viabilité de leur exploitation encore plus directement fragilisée. D’autant qu’ils ont dû déjà faire face à une augmentation du coût de l’alimentation animale du fait de l’envolée des cours mondiaux des céréales.
Or, s’ils ont encore quelques réserves de fourrage, les premières fauches d’herbes, démarrées il y a déjà une quinzaine de jours, sont de 30 % à 50 % moins abondantes qu’en temps normal. Et s’il continue à ne pas pleuvoir, la seconde fauche, qui aura lieu cet été ou à l’automne, risque d’être encore plus faible, si ce n’est nulle.
L’objectif est donc de compenser ce manque de fourrage par de la paille. Il s’agit dès lors d’inciter les céréaliers à prévoir, lors de la moisson qui débutera mi-juin, de garder celle-ci plutôt que de la broyer pour l’utiliser comme humus dans leurs champs.  » Il faut que les céréaliers se mettent en situation, dès maintenant, de la garder et de la mettre en bottes « , insiste Dominique Barrau, le secrétaire général de la FNSEA.
Soucieux d’éviter qu’il y ait une spéculation sur la paille, le syndicat est en train de définir un contrat type fixant notamment un prix indicatif. Correspondant à la valeur agronomique de la paille, ce prix viendra compenser pour les céréaliers le remplacement de l’humus organique dont ils ne disposeront pas, par l’achat d’engrais. Il s’élèverait entre 20 et 22 euros la tonne de paille. A cela s’ajoutera le coût de la mise en silo et du transport.
Signature de contrats
Pour la Confédération paysanne, syndicat minoritaire, c’est à l’Etat ou aux collectivités locales de prendre en charge le transport.  » La situation des éleveurs ne permet pas une augmentation de leurs coûts de production « , estime celle-ci. Lors de la dernière sécheresse en 2003, le gouvernement avait mobilisé l’armée et le fret SNCF pour acheminer les silos de paille des bassins céréaliers vers les territoires d’élevage. Mais pour le ministère de l’agriculture, la situation ne nécessite pas  » pour l’instant «  une mobilisation des moyens publics.
La Confédération paysanne entendait aussi demander, jeudi, lors du comité de suivi sécheresse, que l’Etat prononce une  » interdiction immédiate du broyage des pailles « , qui est, selon elle,  » un facteur d’inflation des fourrages « . Mais le ministre devait se contenter de réitérer son appel, lancé mercredi dans la Vienne, à la signature de contrats entre céréaliers et éleveurs, d’ici le 1er juillet, pour faciliter l’approvisionnement en alimentation animale.
La FNSEA devait pour sa part insister sur la nécessité de favoriser une meilleure gestion des eaux hivernales et de pluies. La politique de l’eau relève cependant la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Laquelle doit elle-même présider un comité sécheresse lundi 16 mai.
Laetitia Van Eeckhout – Le Monde du 13 mai 2011

Restriction d’eau dans les départements les plus touchés

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