France 3 documentaire – Tutelles : nos parents spoliés

 Kafka sous tutelle

 
Cela tient à presque rien. Une chute qui vous mène à l’hôpital, un rendez-vous où on ne va pas.
 C’est comme ça qu’Arlette a été placée sous tutelle, c’est ainsi que la fille de Jeanne n’a pas obtenu la curatelle de sa mère. Ces deux cas de  » maltraitance financière «  étaient racontés parmi d’autres, mercredi 1er juin sur France 3, dans le documentaire Tutelles : nos parents spoliés ?
Voici Arlette, 78 ans. Un éternel fichu sur la tête et la tête bien sur les épaules. Pourtant, elle a été mise sous tutelle à la suite d’un enchaînement de circonstances : chute, malveillance des voisins, précipitation d’un notaire… Propriétaire de deux appartements, elle mange à la soupe populaire car sa tutrice ne lui verse plus rien. Du début à la fin de l’enquête, on la voit trotter dans les rues de Paris puis monter toutes les marches du Palais de justice, en haut desquelles son histoire se finira bien. Sa tutelle sera levée.
Voici Jeanne, 88 ans. Hospitalisée depuis cinq ans. Sa fille n’a pas répondu à la convocation du juge et elle a été confiée à une curatrice. Celle-ci refuse de vendre une résidence secondaire pour payer la facture d’hôpital. Résultat : la maison familiale est saisie, vendue aux enchères. Jeanne en mourra, trois semaines plus tard.
L’enquête convainc, les témoignages serrent le coeur. Mais une question finit par s’imposer : n’y aurait-il que des gentils et des méchants ? Les gentils sont les personnes spoliées, leur famille et leurs avocats ; ils ouvrent leur coeur et leurs dossiers, parlent à découvert. Les méchants sont les psychiatres, les tuteurs ; d’abord ils ne veulent voir personne, puis ils tiennent des propos aussi flous que leur visage et finissent par claquer la porte.
Au moment où tout semblait perdu pour la nuance et la complexité, apparaît enfin, dans le Gers, une tutrice qui fait son boulot. Et qui le fait bien. Pour Danièle,  » l’argent est un prétexte, on parle de leurs soucis, de leur souffrance « . Elle s’occupe notamment d’un paysan dépressif qui vit tout seul avec son chien et sa cheminée. Même le chauffe-eau l’a laissé tomber. Elle vérifie à la fois s’il a fait sa liste de matériel à vendre et s’il a pris rendez-vous chez le médecin.
Si Danièle parvient à donner autant d’attention, c’est parce qu’elle n’a  » que  » 45 dossiers quand certains de ses collègues en gèrent une centaine et ne se déplacent plus. Quant aux juges des tutelles, ils sont 80 pour environ 1 million de personnes à protéger. Cherchez l’erreur…
* * *
Vite vu. Devant la polémique déclenchée par Luc Ferry dans  » Le Grand Journal  » de Canal+, le député (PS) de l’Isère, André Vallini, a mis en garde, mercredi 1er juin sur France 3, en direct de l’Assemblée, contre les  » émissions qui mélangent un peu tout : la politique, le people… «  En l’occurrence, l’ancien ministre toujours philosophe a mélangé tout seul l’information et la rumeur.  » Quand on n’a pas de preuves, on ferme sa gueule « , a-t-il d’ailleurs déclaré mercredi sur LCI. Trop tard…
Isabelle Talès Article paru le  7 juin 2011 édition abonnés ©

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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