Dix propositions pour renouveler la démocratie française

…qui est devenu un piteux Etat

1) Interdire le cumul des mandats.

Un mandat par élu. Cela semble être du bon sens, tant la charge de travail à fournir est importante (exception faite des postes, peut-être, de conseillers municipaux et de maires dans de très petites communes).

Le problème du cumul des mandats n’est pas seulement celui de savoir si les élus concernés ont la capacité de mener à bien les deux mandats ou non, c’est aussi celui des indemnités dont ils bénéficient. Et qu’ils cumulent !

Donc c’est autant une question politique qu’une question économique.

Les indemnités versées à un élu ont été calculées en considérant qu’il y avait un seul mandat possible par élu. Or, dans les faits, ce n’est pas le cas, et des abus naissent de cette possibilité de cumul.

 

2) Limiter le nombre de mandats successifs que peut exercer un élu.

Il serait sain, dans nos règles démocratiques, qu’un citoyen ait un nombre limité de mandats possibles. Comme par exemple, l’impossibilité d’être élu plus de deux fois à un mandat de président de la république, sénateur, député. Ceci afin de garantir d’une part une non professionnalisation de la fonction. Être élu politique n’est pas un métier, c’est un mandat conféré par les citoyens à une personne pour une durée limitée. Et de permettre d’autre part, à ceux qui pleins de bonne volonté, à ceux qui veulent se mettre au service de la nation, de le faire. Il n’est pas bon que ce soit toujours les mêmes personnes qui se partagent les mêmes places depuis des décennies. Les nouveaux visages dans la politique française aux postes clés sont beaucoup trop rares !

 

3) Non cumul d’avantages liés à l’exercice de différents mandats politiques. Et plafonnement des indemnités perceptibles par un élu.

Il s’agit ici d’interdire le cumul d’avantages calculés au départ pour un citoyen qui exercerait une fois dans sa vie un mandat politique. En effet, aujourd’hui, en prenant l’exemple crucial des retraites, un élu qui effectué un mandat de Député, et de Sénateur, et de Conseiller Général par exemple (ce qui est déjà beaucoup !) cumulera les avantages retraites appartenant à ces différents mandats.

Il faut bien plutôt demander aux élus de choisir entre les avantages de ces différents mandats, celui qu’il aura au moment de la retraite (en continuant à prendre cet exemple).

Nous pouvons envisager aussi l’idée de plafonner le montant des avantages retraites des élus français, en autorisant éventuellement une différence de niveau entre les titulaires de hautes fonctions (présidences, ministères, etc..) et les autres élus seulement.

Car en réalité, quelle raison y a-t-il à ce que l’indemnité d’un maire soit inférieure ou différente de celle d’un conseiller général ? Le travail qu’ils accomplissent est tout aussi utile et tout aussi méritoire, il n’y a donc pas lieu de marquer une différence et une inégalité dans le traitement.

 

4) Interdire l’exercice d’un métier, ou d’une quelconque activité rémunératrice, qu’elle soit commerciale ou liée à  une entreprise (actionnaire, membre d’un conseil d’administration, etc…), en même temps que l’exercice d’un mandat politique.

On ne peut pas être juge et partie lorsqu’il s’agit de représenter le peuple. Et les intérêts personnels ne doivent pas influencer les décisions de vote des élus, ou la mise en place de nouvelles lois, de nouveaux décrets, etc…

Je le rappelle, Les indemnités dont bénéficient les élus, quand il s’agit des mandats les plus  recherchés (Député-Maire, Sénateur, Conseiller Général, Conseiller Régional, Président de la République), sont, à priori, calculées pour qu’elles soient suffisantes, et puissent permettre à chaque élu d’effectuer son mandat  sereinement, sans être gêné par des inquiétudes financières.

Dans les faits, on constate que ces indemnités font bien plus que de mettre à l’abri les élus, et permettent même un enrichissement personnel. Ce qui n’est pas leur fonction !

À cela s’ajoutent de nombreux avantages en nature (logement, personnel à disposition, voiture de fonction, billets de train, d’avion…) qui excèdent parfois ce que la décence permet !

 

5) Un élu politique ayant été l’objet d’une condamnation en justice pour des activités illégales liées à l’exercice de son mandat, ou s’étant produites lorsqu’il était en fonction sera banni de toute vie politique, et se verra retirer définitivement le droit de vote, ainsi que tous les avantages liés à son activité politique en tant qu’ d’élu (retraite, logement de fonction, etc…) avec obligation de rembourser l’Etat, c’est-à-dire les français ! (éventuellement mais seulement s’il y a prise illégale d’intérêts. Car c’est très compliqué de déterminer ce qui doit être à reprendre et les sanctions qui précèdent sont déjà dures..)

C’est une règle qui est tellement de bon sens qu’il n’y a pas à la commenter. Il faut juste se demander pourquoi elle n’est pas appliquée, et pourquoi, quand des élus ou d’anciens élus sont condamnés en justice, la classe politique ne s’offusque pas de leur comportement et ne les accuse pas de trahison du peuple français !

 

6) L’interdiction de voter des lois en pleine nuit à l’Assemblée nationale, et la présence obligatoire d’un quota minimum de députés lors des votes à l’Assemblée nationale.

Voter tardivement dans la soirée, après de longs et épuisants débats n’est pas le meilleur moment pour cela. Alors savoir que les députés votent parfois la nuit, c’est vraiment étonnant. Quelles décisions judicieuses peuvent être prises dans ces conditions ? Par ailleurs, il est fondamental que les français puissent savoir quels débats et quels votent se jouent à l’Assemblée nationale, et cela ne peut se faire qu’en journée, grâce au relais des journalistes et des médias. De plus, tout citoyen qui désapprouve une décision politique doit pouvoir l’exprimer publiquement et pacifiquement dans l’espace public, avant le vote et les débats de l’Assemblée nationale. Il y a donc également lieu d’interdire l’insertion des amendements de dernière minute, glissés sans débat et souvent au profit de groupes de pression, ce qui dénature d’un coup tout le travail des législateurs

 

7) Impossibilité de nommer à un ministère un élu qui n’a pas les compétences requises. Et impossibilité de nommer un citoyen comme ministre dans plus de deux ministères différents.

À moins d’être omnisciente, à moins de tout savoir sur tout, une personne ne peut avoir développé des compétences dans tous les domaines. Notamment quand les domaines, ou ministères, sont si éloignés les uns des autres ! Quand on voit un élu être successivement ministre de l’écologie, puis ministre de la santé, puis ministre des sports… On se pose vraiment des questions. De même quand on voit un élu passer ministre des finances à ministre de l’intérieur, ou un autre passer de ministre de la ville à ministre de l’écologie…

Chaque personne à des compétences particulières qui lui permettrait d’être au bon endroit dans un ministère, mais les cas où une personne pourrait être aussi compétente dans un ministère que dans un autre sont extrêmement rares. On en mesure les conséquences en ce moment.

 

8) Interdire le droit de vote, pour lui-même ou pour d’autres candidats, à tout élu politique pendant la durée de son mandat. Exception faite des obligations liées à l’exercice de ses fonctions politiques (voter des lois, élire un secrétaire, un vice-président de commission, etc…), un citoyen devenu élu politique, c’est-à-dire incarnant la volonté et les projets de tout un ensemble d’électeurs, ne pourra plus voter en son nom. Sitôt la barrière franchie, on n’est plus un citoyen, mais un élu.

Qui n’a jamais vu la mine réjouie d’un candidat aux élections présidentielles lors du vote, et la mise en scène plus ou moins fade qui l’accompagne ? À partir du moment où l’on se présente à ce genre d’élection, on laisse le peuple décider, et on n’a pas à intervenir pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre avec son vote. Même si cela se comprend en campagne électorale, le vote est un autre moment. Et impose un autre comportement.

 

9) Interdiction pour un candidat à l’élection présidentielle de faire partie du gouvernement en même temps qu’il procède à sa campagne électorale.

Soit l’on brigue un mandat, soit on effectue le sien ! Le temps que prend une campagne politique, surtout présidentielle, ne doit pas être pris sur celui d’un mandat en cours. Notamment parce que les indemnités qui sont versées à l’élu le sont pour qu’il effectue sont mandat politique, pas pour qu’il fasse campagne.

 

10) Publication mensuelle sur Internet et dans la presse des dépenses de chaque ministère, de l’Élysée, et de chaque ministre.

Les élus politiques étant les élus du peuple français, ils sont en quelque sorte leurs « employés », et de ce fait, il est normal que l’employeur, ou le peuple français, sache qui fait quoi avec leur argent ! Les élus politiques ont des comptes à rendre aux français ! Bien entendu, cette information serait présentée de manière transparente et dépouillée de toute opacité.

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Il est évident qu’en instituant ces nouvelles règles démocratique, les personnes qui profitent et abusent du système partiront d’elles-mêmes ou bien seront les premières à en contester le bien fondé (Qui est contre ? levez-la main !).

Cependant les élus qui sont réellement au service de leurs concitoyens – en reste il encore beaucoup ? – seront les premiers à être d’accord ! 

Il est évident que les compétences se trouvent dans la société civile et que les grosses têtes de l’Ena sont pour beaucoup dans les erreurs de la technocratie outrancière et aveugle qui nous dirige.

On peut se demander comment les hommes politiques arrivent aux plus hautes fonctions si ce n’est généralement en écartant les concurrents et en exploitant les médias, et pas nécessairement ayant fait leurs preuves.

Enfin, il serait bon également de développer les réseaux de facilitateurs, de négociateurs, de médiateurs , plus d’inspecteurs du travail et de travailleurs sociaux.. cela devrait être un ministère à lui tout seul : un grand « Ministère de la Solidarité nationale »

Tout un programme en somme…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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