Escroquerie en période estivale – Petit guide pour éviter de se faire subtiliser ses données bancaires dans les magasins ou au distributeur

 Ces gestes qui sauvent votre portefeuille
Vous êtes déjà en vacances ou c’est une question de semaines. Alors que votre esprit vagabonde sur des chemins de traverse, il serait dommage de gâcher ce moment par des problèmes d’argent. Des problèmes, comment ça ? En étant tout simplement victime d’une escroquerie pendant la période estivale.
 Selon l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, organisme dépendant de la Banque de France, qui a rendu son rapport annuel lundi 11 juillet, les fraudes aux cartes bancaires et de fidélité sont en hausse de 7,7 % en 2010 (368,9 millions d’euros). Principale cause : vos données (numéro de carte, date d’expiration, cryptogramme, code secret) sont récupérées à votre insu. Et le malfaiteur s’en sert pour acheter en ligne en votre nom.
En 2005, ce type de malversation représentait le quart de la fraude en France. Aujourd’hui, c’est 60 % ! Le Monde a interrogé la Banque de France, l’office  » cyber  » de la Direction centrale de la police judiciaire et la Préfecture de police de Paris – Brigades de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) et Brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP). Alors que la vigilance décroît souvent proportionnellement à l’augmentation de la température extérieure, conseils pour passer l’été tranquille.
Masquer son cryptogramme.Vous avez sûrement déjà eu droit à cette remarque devant la caisse :  » Ah, votre carte ne passe pas, elle doit être démagnétisée « , et vu le vendeur retourner ladite carte, la frotter vigoureusement puis la réintroduire dans la machine avant d’enregistrer le paiement. A priori, rien à dire. Sauf que… cette manipulation est une  » manoeuvre classique « , dixit la BFMP, pour récupérer le cryptogramme au verso de votre carte. Lorsque vous payez dans un magasin, votre numéro de carte bancaire et sa date d’expiration sont sur le ticket de paiement du commerçant (mais ne figurent pas sur votre exemplaire). Il ne manque donc à un vendeur peu scrupuleux que le fameux cryptogramme pour pouvoir effectuer des achats en votre nom sur Internet.  » Les personnes victimes d’une fraude pensent à tort s’être fait pirater des données en ligne. Mais Internet est sûr « , explique Patrick Yvars, commissaire divisionnaire, chef de la BFMP.
En clair, le  » POC « , pour point of compromission en jargon policier, l’endroit où on vous a volé vos coordonnées bancaires, c’est avant tout  » le commerce, le supermarché, l’hôtel « . La police conseille donc  » de ne jamais perdre de vue la Carte bleue « , quitte à suivre le vendeur ou le serveur plutôt que de lui laisser votre carte. Une parade efficace est de mémoriser votre cryptogramme avant de le masquer (avec du marqueur, par exemple) pour empêcher tout regard baladeur.
Prudence au distributeur L’arnaque au distributeur de billets et de carburant est un classique depuis des années. Certes, mais elle connaît une croissance exponentielle : 12 000 cas de piratage ont été recensés, en 2010, en Europe, trois fois plus qu’en 2005 (ATM Crime Report). Rien qu’en France, 527 distributeurs ont été piratés en 2010, selon l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement. Généralement, pour obtenir le maximum de données en un minimum de temps, les escrocs  » choisissent un distributeur dans un lieu passant, un vendredi ou un samedi soir par exemple « , explique M. Yvars. Le dispositif est rodé : une mini-caméra, dont l’objectif, de la taille d’une tête d’épingle, est dissimulé par un autocollant au-dessus du clavier du distributeur automatique de billets (DAB), filme votre main en train de composer votre code secret. Par ailleurs, un petit appareil appelé  » skimmer « , placé sur la fente qui avale votre carte, lit la bande magnétique.  » Les escrocs réencodent ensuite des cartes vierges qui peuvent être utilisées dans des distributeurs à l’étranger « , ajoute le commissaire.
Premier réflexe : regardez bien le distributeur pour voir si un autocollant, avec un petit trou, est placé bizarrement au-dessus du clavier. Si c’est le cas, prévenez la banque. Ensuite, il est conseillé de  » masquer sa main lorsque l’on compose le code « , note M. Yvars.
Le 6 juillet, un réseau sévissant en Bulgarie, Italie, Etats-Unis, Espagne et Pologne a été démantelé par Europol. Il est soupçonnée d’avoir copié plus de 15 000 cartes réutilisées en Afrique et aux Etats-Unis, où les cartes ne sont pas protégées par des puces.
Attention à certains mails Vacances ou pas, le rythme ne faiblit pas. Vous avez pu recevoir, dans votre boîte mail, un courriel censé vous  » hameçonner « , d’où son appellation, le  » phishing  » : la lettre présente l’entête d’une société connue (Orange, SFR, Free, La Poste, Meetic, etc.) et vous explique, par exemple :  » Cher membre Free, il a été porté à notre attention que vos informations de facturation Freebox dossiers ne sont plus à jour. Cela vous oblige à mettre à jour ces informations, (…) sinon cela se traduira par une suspension immédiate du compte. «  Cette lettre est un faux, mais la mise en scène peut prêter à confusion.
Les escrocs  » sont très habiles, explique Michèle Bruno, commissaire divisionnaire, chef de la BRDA. Ils jouent sur le sentiment d’urgence pour favoriser une réponse impulsive. «  Selon la police, les mails francophones viennent principalement du Maroc et de Côte d’Ivoire, les anglophones du Niger, et ils comportent habituellement  » quelques fautes d’orthographe « . Un seul conseil :  » Se donner le temps de la réflexion et ne jamais communiquer ses coordonnées bancaires par mail « , explique la commissaire.
Choisir des sites sécurisés Les vacances, c’est souvent des achats de dernière minute. Ce n’est pas une raison pour choisir n’importe quel site d’achat.  » Il faut vérifier, lors de la transaction, qu’un logo en forme de cadenas apparaît « , explique le commissaire Adeline Champagnat, adjoint du chef de l’office  » cyber  » de la Direction centrale de la police judiciaire.
Autre repère :  » Pendant le paiement, l’adresse Internet doit toujours commencer par un https. «  La commissaire encourage à mettre régulièrement à jour le système d’exploitation de votre ordinateur (Windows, Linux, Mac OS X) ainsi que les dernières versions des  » antivirus, pare-feu et logiciel anti-espions  » afin de protéger au mieux votre système informatique de la créativité débridée des escrocs.
Laure Belot
Article paru dans le Monde du 20 juillet 2011 édition abonnés © Le Monde

Attention aux ventes entre particuliers

Leboncoin.fr publie 500 000 nouvelles annonces par jour. Mais, rançon de son succès, il reçoit quotidiennement  » une vingtaine de réquisitions supplétives de la police « , explique son directeur général, Olivier Aizac. La police veut obtenir l’adresse IP (numéro identifiant chaque ordinateur connecté) d’un internaute, soit parce que l’objet mis en vente a été identifié comme volé, soit parce que la transaction a été frauduleuse et fait l’objet d’une plainte. Pour éviter tout problème,  » il faut privilégier le contact physique avec le vendeur ou l’acheteur « , conseille M. Aizac. Autre précaution : se méfier des vendeurs demandant  » des transferts de fonds par Western Union, Moneygram… « , explique Adeline Champagnat, de l’office  » cyber  » de la direction de la police judiciaire :  » Ces moyens ne doivent pas être utilisés pour des biens achetés en ligne. « 

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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