Charente-Maritime – Cigognes abattues : L’affaire s’emballe

Quatre cigognes sont mortes au sud de Saintes, tirées à balles.
  Sud-ouest 31 juillet 2011

Quatre cigognes blanches tuées par balles. C’est la macabre découverte que viennent de faire des adhérents et bénévoles de la LPO (Ligue de protection des oiseaux). Les cadavres ont été trouvés au sud de Saintes dans les secteurs de Courcoury et des Gonds. Les autopsies des oiseaux ont en effet montré que des balles avaient traversé leurs corps, entraînant des hémorragies internes et leur mort.
Parmi elles, deux étaient porteuses d’une bague. L’une originaire de Suisse et l’autre d’Aquitaine. L’affaire prend donc une dimension internationale. La LPO a porté plainte contre X et l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) a dressé un procès-verbal d’infraction. Une enquête est en cours pour découvrir le ou les responsables de ces coups de feu.
De tristes précédents
« La cigogne blanche est une espèce protégée », rappelle Allain Bougrain-Dubourg. « La destruction d’un individu ou de son nid est un délit passible d’une amende pouvant atteindre 15 000€ et/ou une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an. »
Le président de la LPO souligne que ces tirs « viennent s’ajouter à ceux qui ont touché d’autres oiseaux, ces derniers mois, en Charente-Maritime : une cigogne noire en novembre dernier, un butor étoilé en décembre et, plus récemment, en juin, la destruction volontaire de quatre nids de busards abritant des jeunes et des adultes. »
La LPO « dénonce ces actes honteux de destruction d’espèces protégées et en appelle à la vigilance de chacun ». La Charente-Maritime accueille la deuxième population nicheuse de France de cigognes blanches après le Haut-Rhin. Au printemps 2011, le département abritait 320 couples nicheurs.
« Des choses se disent sur les cigognes et des élus nous interpellent. Des gens pensent à tort que ces oiseaux sont responsables de la disparition des batraciens et des hirondelles. Or, ce n’est pas le cas. La cigogne blanche se nourrit essentiellement d’insectes comme les grillons, sauterelles et criquets, et surtout d’écrevisses de Louisiane. Malheureusement, je pense que cette idée fausse est la raison principale de cette tuerie », confie Nicolas Gendre, ornithologue à la LPO.
Chasseurs désolés
Si la cigogne blanche est une espèce protégée, en revanche, elle n’est plus en voie de disparition. « Il n’y avait plus que neuf couples en France en 1974. Preuve que la protection a joué son rôle à plein », se félicite Nicolas Gendre. Du côté de la Fédération départementale de la chasse, on condamne également fermement cet acte. « Lorsque des oiseaux protégés sont blessés ou tués par une arme ou un fusil de chasse, ça jette forcément le discrédit sur notre fédération », reconnaît le directeur de la Fédération de chasse de Charente- Maritime, Jean-Michel Dapvril. « Même si rien, aujourd’hui, ne permet de dire que le tueur est ou non chasseur. Laissons faire les enquêteurs. »
Ce militant préfère rappeler que la fédération de chasse participe de son côté à la protection des cigognes. « Nous avons des plates-formes pour favoriser la nidification de l’espèce. Nous sommes aussi désolés que la LPO de ce qui s’est passé. »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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