Algues vertes : touche pas à mon porc !

Le Canard Enchaîné du 3 août 2011

« LE PLAN » algues vertes de A à V ». C’est le titre de l’abécédaire que la préfecture de Bretagne distribue aux journalistes qui cherchent à comprendre pourquoi les sangliers tournent de l’oeil sur les plages bretonnes.

A la lettre « A », on apprend que « le développement des algues vertes n’est pas nouveau. Il y a toujours eu de petites quantités d’algues vertes le long des côtes bretonnes, mais leur présence s’est renforcée depuis une trentaine d’années« . Et que « le développement des algues vertes est un phénomène complexe« . On regarde à la lettre « C » pour voir ce qui est raconté sur le « cochon« , et on tombe sur « comité scientifique« … On se dit que tout doit être expliqué à « P » comme « porcherie industrielle« , sauf que là, on lit « projet de territoires« . 

Bref, nulle part, il n’est question des 14 millions de cochons bretons dont le lisier  bourré de nitrates engraisse les algues vertes. Avec les poulets indutriels, ils fournissent pourtant un tiers de la pitance de l’ulve (laitue de mer). Tous les experts le disent : pour régler le problème des marées vertes, il suffirait de fermer le robinet à nitrates. Mais heureusement, le lobby veille.

On ne touche pas au nombre de porcheries et aux poulaillers industriels ! Mais on envoie chaque année des tractopelles sur les plages pour ramasser les algues vertes – 30 000 tonnes évacuées depuis juin ! – et, comme il faut bien s’en débarasser, on crée des usines pour les transformer en compost. On en a déjà construit deux, à la hâte, pour 8 millions d’euros. Quatre autres auront poussé d’ici à 2012, afin de traiter 60 000 tonnes de laitues de mer par an.

Et pourquoi ne pas profiter de ce gisement du lisier breton pour fabriquer du biogaz ? C’est la dernière grande idée de Sarkozy. Sauf qu’une usine de méthanisation qui tourne aux déjections de cochon produit en sortie plus d’azote et de nitrates que n’en recèle le lisier qu’elle consomme. Explication : tout l’azote et le nitrate se retrouvent das un déchet liquide, lui-même enrichi par l’azote des végétaux qu’il a fallu ajouter afin d’augmenter le rendement.

Résultat : en méthanisant le lisier, on risque d’aumenter les marées vertes ! Mais comme le disaient les Shadoks :

ou pire encore…

 

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