David Servan Schreiber, un homme si vivant

Clés – août 2011 – Jacques salomé

Notre ami David nous a quitté. Voici l’hommage de Jacques Salomé

Cet homme avait su donner au delà de l’espoir, le goût d’un plus de vie à des millions de personnes en souffrance de part le monde.

Il avait su, à l’aide de mots simples et de propositions très concrètes insuffler l’envie de dépasser la détresse, de sortir du désespoir, de relever la tête, d’affronter autrement la maladie, de dépasser la révolte et l’angoisse, de faire un pas hors de la passivité et de la désespérance, de se libérer de l’insupportable et de l’inacceptable, comme il avait sur lui-même le faire durant plus de 19 ans après la déclaration d’une tumeur au cerveau.

Il avait su inviter chacun, comme il avait pu le faire pour lui même, à un travail sur soi pour se réconcilier avec les sources vives de son être, pour se mobiliser afin de dynamiser la Vie, pour agrandir la vivance qui palpite en chacun, cette vibration essentielle qui donne le La, à toute la gamme de nos possibles, à l’enchantement de quelques unes de nos richesses les plus profondes.

Tout cela non seulement au travers de ses livres mais aussi de ses témoignages, de ses engagements, de sa façon de vivre. Il n’avait jamais abandonné la lutte face à une maladie subtile, habile à s’immiscer dans toutes les failles non seulement de notre corps, mais aussi et surtout dans les labyrinthes innombrables de notre psychisme, dans les recoins secrets de notre enfance porteuse de situations inachevées.

Il avait su dialoguer avec les errances de son mal, sachant que rémission ne veut pas toujours dire guérison. Que rien dans l’histoire de notre corps n’est définitivement acquis, que peuvent se succéder en nous des mouvements imprévisibles entre tempêtes et espaces de calme, des oscillations vers le haut et des plongées vers le bas, des conflits entre désirs et besoins, entre des désirs acceptables et des désirs impossibles, des alternances entre lumière et ombre, des adaptations éphémères et d’autres plus durables, des temps de combats et des périodes de paix. Il avait su insuffler avec passion, le goût de vivre, de développer des ressources inattendues, face à l’intrusion d’une violence, la plus souvent discrète et invisible au départ, que constitue un cancer.

Aujourd’hui, David n’est plus et pourtant il reste proche, son livre testament * , du moins puis-je le reconnaître ainsi, nous dit qu’il est possible de se dire au revoir plusieurs fois, cela veut dire de rester vivant à soi même, de rester présent dans le cœur de chacun.
Tous ceux qui ont été réveillé ou qui ont suivi sa démarche, ont certainement en eux, au delà des regrets et de la tristesse liée à son départ, une petite étoile qui brille, une lumière qui scintille, un signe qui montre un chemin.

* David Servan-Schreiber : On peut se dire au revoir plusieurs fois. Robert Laffont.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Santé, Solidarité, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.