Le blogueur sup’ : Pierre Dubois, « Histoires d’universités »

 C’est le trublion de la Toile universitaire. Avec son blog Histoires d’universités, Pierre Dubois anime avec fougue le débat sur l’enseignement supérieur. Chroniques, analyses, pamphlets, revues de blogs, portraits d’universitaires…
Le blog-activiste use de tous les formats. Il assure aussi le service après-vente en envoyant régulièrement une newsletter récapitulant ses derniers posts et en faisant la promotion de son blog chez ses confrères blogueurs de l’enseignement supérieur.
Pour Pierre Dubois, bloguer est « un véritable travail à temps complet ! Je fais bien mes 35 heures. Je prends peut-être un peu plus de temps qu’un autre pour publier… La vieillesse fait que l’on avance moins vite… » A 67 ans, dont quarante de sociologie du travail au CNRS puis dans diverses universités, Pierre Dubois est un retraité plus qu’actif. « Quand j’ai pris ma retraite, je voulais créer un site Internet, explique-t-il. Sur les conseils de ma famille, j’ai opté pour un blog. Plus simple. » C’est que ce passionné n’est pas un enfant de l’ère numérique. « Je blogue, mais je ne sais pas écrire un SMS ni un tweet ! », confie-t-il. Qu’importe, il a su se faire connaître en dépiautant les réformes universitaires et les annonces ministérielles.
Dans un style inimitable – ses textes sont bariolés de bleu, vert ou rouge -, il critique à tout-va. Fin juin 2011, à la publication d’une enquête sur l’insertion professionnelle de l’Institut d’études politiques de Strasbourg, il commence sa chronique avec un retentissant « Enquêtes à la « n’importe quoi » à l’IEP de Strasbourg ».
Grande gueule
Il est comme cela, Pierre Dubois. Grande gueule et tout en paradoxes. Fin 2010, alors que la rumeur envoyait Valérie Pécresse du ministère de l’enseignement à celui de la justice, il intitule sa chronique « Valérie, ne me quitte pas ! », et écrit : « Tout peut s’oublier. Oublie mes poissons d’avril. Oublie mes impertinences, mes moqueries et mes critiques. Oh, quand même, si tu restes… : n’oublie pas de peaufiner tes arguments pour faire passer la dévolution du patrimoine auprès des universités ! » Toujours les pieds sur terre.
« Mais si je blogue, précise Pierre Dubois, c’est aussi pour rester dans le débat politique. » Le sociologue veut imposer ses « instituts d’enseignement supérieur » (IES). « Si on veut arriver à mener 50 % d’une génération au niveau licence, il faut améliorer le premier cycle. » Pour cela, au lieu de l’actuelle fragmentation du supérieur (IUT, BTS, licence, classes prépas, etc.), il propose de créer ces IES dans chaque ville. Des institutions qui n’emploieraient que des enseignants, et non des enseignants-chercheurs. 40 % des étudiants généraux prépareraient l’entrée en master dans la quinzaine d’universités que l’on conserverait, les 60 % restants prépareraient leur entrée sur le marché du travail. Aucun responsable universitaire n’adhère à un tel concept « hérétique ». Mais Pierre Dubois y croit. « Si je vois que le débat ne peut avancer sur les IES, je me poserai la question de l’arrêt de mon blog. Cette fois, je devrai penser à mon entrée dans la retraite. »
 « Histoiresd’universités » : http://blog.educpros.fr/pierredubois
 Philippe Jacqué Article paru dans le Monde édition du 06.08.11

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans chronique, Culture, Débats Idées Points de vue, Education, Internet, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.