Présidentielle – conflit d’intérêts ?, indépendance du pouvoir ?, Collusion ?, appel aux puissants …

 Nicolas Sarkozy réactive ses cercles d’influence

Stratégie : Elle se fait au prix d’une collusion entre le pouvoir, les médias et l’exécutif, loin de la « République irréprochable » promise …
L’officialisation d’un groupe de conseillers officieux du chef de l’Etat témoigne de sa volonté d’afficher ses soutiens à quelques mois du début de la campagne. Par Alexis Toulon
Que des personnalités passent « discrètement » le soir au palais présidentiel ne surprend plus. Le jeu du lobbying est entré dans les moeurs.
Qu’un groupe d’hommes importants des affaires, de la finance et de la presse, décide de tout mettre en œuvre pour faire réélire « son » président soulève des questions de conflit d’intérêts et d’indépendance du pouvoir. Alors restons discrets.
Pourtant, d’après « Le Monde« , des proches de Nicolas Sarkozy ont vendu la mèche. Le « groupe Fourtou » apparaît au grand jour.
« Nicolas Sarkozy a besoin de soutien pour pallier son manque de crédibilité », analyse François Miquet-Marty, fondateur de l’institut de sondages Viavoice. « Pourtant l’ambivalence est évidente : il réveille l’image de l’homme proche des milieux d’affaires, celle du Fouquet’s », précise-t-il au « Nouvel Observateur »
« Défiance à l’égard du président »
Un coup de communication politique à double tranchant en somme. Un avis partagé par Stéphane Rozès, politologue, président de Cap (Conseils analyses et perspectives) : « cela témoigne d’une défiance de la majorité, des leaders d’opinion et du monde économique à l’égard du président qui ne concerne pas seulement les Français ».
Alors on fait appel aux puissants : Jean-René Fourtou, président de Vivendi, Michel Pébereau, président du conseil d’administration de BNP Paribas, Etienne Mougeotte, directeur de la rédaction du « Figaro » et Gérard Carreyrou, éditorialiste à « France-Soir ». Un déballage de beau linge bien intégré dans les milieux influents.
« Incompréhension de la critique »
Interrogé par « le Nouvel Observateur », Stéphane Rozès y voit « une incompréhension de la critique portée par deux Français sur trois sur les élites qui les voient comme un monde de cooptation et de connivence entre les médias, les financiers, les industriels et les politiques ». Une vision qui ne semble pas si éloignée de la réalité. Toutefois, François Miquet-Marty explique que cette « collusion politico-médiatico-économique qui n’a de sens que si elle s’inscrit dans une stratégie plus globale avec des personnes d’univers plus variés et modestes ».
Gérard Grunberg, directeur de recherche émérite CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po, y voit lui un moyen de « montrer ses soutiens, afin de prouver que l’on n’est pas prisonnier d’un groupe ou seul à réfléchir ».
« Le Monde » révèle que ce groupe s’est étoffé avec le temps de Charles Villeneuve, ancien d’Europe 1 et de TF1, Camille Pascal, plume du président, Geoffroy Didier, conseiller politique de Brice Hortefeux, Xavier Musca, secrétaire général de l’Elysée, Franck Louvrier conseiller presse et Sylvain Fort, universitaire proche de l’Institut Montaigne.
Collusion
L’objectif avoué est de « mobiliser des experts et ceux qui sont sarkozystes, parfois sans le savoir ou se trouvent un peu seuls ». Au final, un véritable groupe de conseillers officieux s’est formé. « Un grand classique du genre », précise au « Nouvel Observateur » Arnaud Mercier, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paul Verlaine de Metz.
« Cette stratégie de créer des cercles autour de soi a déjà été utilisée pour les réélections de François Mitterrand et Jacques Chirac », souligne-t-il. Elle se fait au prix d’une collusion entre le pouvoir, les médias et l’exécutif, loin de la « République irréprochable » promise par Nicolas Sarkozy.
Alexis Toulon – Le Nouvel Observateur

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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