A mes amis capitalistes : essayez l’économie solidaire ! – rendre l’argent ENFIN utile à l’humanité et la planète.

Par Jean-Marc Brûlé | Conseiller régional Europe Ecologie… Rue 89| 20/08/2011 
 N’étant pas plus asocial qu’un autre, j’ai quelques amis capitalistes. Peu, mais leur première vertu est bien d’être avant tout disponibles pour l’amitié.
S’ils sont capitalistes, c’est qu’ils ont beaucoup d’argent (gagné de façon vertueuse ou parasitaire, mais c’est une autre histoire), et que celui-ci fructifie, de façon plus que jamais hasardeuse ces temps-ci.
Car la crise financière géante, mondiale et durable, est là, et se charge bien mieux que je n’aurais pu le faire de leur démontrer qu’il y a décidément « quelque chose de pourri au royaume de la finance ». Soyons charitables, cela fait longtemps qu’ils s’en doutent, même avant 2008 et l’aventure désopilante des Lehmann Brothers. Mais l’autocritique fut trop aventureuse, et l’habitude la plus forte…
Aujourd’hui, le pire est le plus probable, et il est temps dès lors de se remettre radicalement en cause et d’agir, même pour des capitalistes. A fortiori si ce sont des amis.
Dans tous les cas de figure, leur argent, et donc un peu eux-mêmes, sont désormais « mal barrés ». Si je suis moins inquiet pour eux que pour des amis qui basculeraient dans le chômage ou la misère, je souhaite néanmoins faire passer à mes copains capitalistes le message suivant : il est temps de devenir prudents et modestes, de vivre sans heurts et sans surprises, en se contentant de ne pas perdre d’argent, et surtout de rendre celui-ci ENFIN utile à l’humanité et la planète.
Car si je peux permettre à mes amis de ne plus perdre cheveux et ongles en regardant leurs bêtes placements fondre, se sentant bêtes à leur tour, et se répétant « toute une vie de labeur pour ça ! », je me serai alors à mon tour senti utile.
Dans ce chaos qui fond sur l’humanité et son économie, un nouveau monde va naître, avec une nouvelle conception de l’emploi, de l’argent, de la consommation, de la valorisation des ressources. Pour qui possède un peu ou beaucoup d’argent, il va vite devenir plus que raisonnable de le placer dans des activités d’avenir, sûres et stables : la solidarité et l’écologie.
Pas besoin d’aller jusqu’à promettre de céder tout ou partie de sa fortune comme le suggère Bill Gates avec son « giving pledge »… Non, il suffit de l’investir dans l’économie sociale et solidaire et la finance solidaire. Par chance, ça existe depuis longtemps et ça marche.
Pour passer à l’acte, je ne saurais donc trop conseiller à tout un chacun de se rendre sur le site de Finansol (le lobby de promotion des finances solidaires). On y trouve nombre de placements plus utiles et stables les uns que les autres.
L’Épargne solidaire pour les Nuls
Prenons pour commencer ce qui représente à tous points de vue l’emblème des activités d’avenir : le logement social écolo. Non, la vraie façon aujourd’hui d » « investir dans la pierre » ne consiste plus à acheter un appartement parisien ou un mas provençal, mais d’investir par exemple dans le « Chênelet », une société spécialisée dans les logements sociaux écologiques en bois et l’insertion, basée dans le Nord-Pas de Calais, et qui se développe dans le Centre, les Pays de la Loire… Éclectique, très performante, cette société récente promet une absence de pertes, et les classiques mais efficaces réductions d’IR et d’ISF.
Cela est vrai aussi pour le Mouvement « Habitat et Humanisme », qui agit depuis 25 ans pour le logement des personnes en difficulté, et qui permet aux propriétaires d’accéder à différentes solutions pour réaliser ses projets immobiliers tout en participant à un marché immobilier plus solidaire. Le mouvement propose également tous les produits classiques de l’épargne (actions, livrets, FCP, assurance-vie…).
Si l’intérêt de l’épargnant se tourne plus vers le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE), il suffit d’investir dans la Société Financière de France Active, ou dans les différents Fonds Communs de Placement Entreprises Solidaires (FCPE-S), très souvent gérés par les banques du secteur mutualiste et coopératif.
Mais si mes amis capitalistes veulent rendre leur argent intelligent tous azimuts (en clair, s’ils veulent diversifier leurs placements), alors, tout est possible : du commerce équitable (Puerto Cacao, Ideo) aux projets d’agriculture bio (Foncière Terre de Liens), en passant par le capital-risque solidaire au service de projets écologiques et locaux (Garrigue ou La Nef), ou encore le tourisme éducatif et culturel (Pierres d’Histoire).
Par la suite, touchés par la grâce, ils pourront aller plus loin et être tentés d’apporter leurs compétences et carnets d’adresses à cette « autre économie » : le réseau Ashoka, et sa myriade d’entrepreneurs sociaux, sont là pour eux.
Enfin, s’il s’agit de leur apporter la fameuse « confiance » – Graal moderne du monde de la Bourse – , je leur offrirai « L’Épargne solidaire pour les Nuls », qui vient de sortir en librairie. Leur été – et leurs placements – n’en seront que plus sereins.
 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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