Paris 21 août 1911 : Au musée du Louvre, vol de la Joconde

Il y a 100 ans: le vol retentissant de La Joconde
Un vol retentissant, qui captive encore: le 21 août 1911, La Joconde est subtilisée au musée du Louvre à Paris. L’émotion est vive. Il faudra deux ans pour retrouver le chef d’oeuvre de Léonard de Vinci, dérobé par un ouvrier italien qui affirme avoir agi par patriotisme.
 Remise en place de « La Joconde » le 6 octobre 1947, lors de la réouverture de la grande galerie du musée du Louvre
 Ce lundi, vers 07h00 du matin, Vincenzo Peruggia, peintre en bâtiment âgé de 30 ans, s’introduit au musée – dont c’est le jour de fermeture- par une porte cochère côté Seine. Il connaît bien les lieux: il a participé l’année précédente à la pose d’une vitre autour du tableau qui attire déjà les foules.
« Peruggia sait parfaitement comment le tableau est fixé », raconte à l’AFP Jérôme Coignard, auteur du livre « Une femme disparaît » consacré à l’affaire (éditions Le Passage).
En quelques secondes, il décroche l’oeuvre réalisée entre 1502 et 1506 par le peintre toscan et se cache dans un escalier. Là, il détache de son cadre la fragile peinture réalisée sur panneau de peuplier sans rien abîmer. Il l’enveloppe dans sa blouse de peintre et ressort tranquillement.
Ce sont deux artistes qui donnent l’alerte le lendemain. Ils sont venus copier le chef d’oeuvre et s’étonnent de son absence prolongée. On le cherche dans le musée mais on retrouve le cadre vide. Le préfet de police Louis Lépine ordonne la fouille des visiteurs.
La presse s’enflamme. Les défaillances dans la surveillance du musée sont dénoncées. Le directeur du Louvre, qui avait pourtant alerté sa hiérarchie sur le manque de moyens du musée, est limogé.
Alphonse Bertillon, fondateur du premier laboratoire de police d’identification criminelle, se charge en personne du relevé de la scène du crime. Il repère l’empreinte d’un pouce gauche sur la vitre qui protégeait le tableau. C’est celle du voleur. « Mais là, faillite de l’enquête, on n’exploite pas cette donnée alors que Peruggia est fiché et que ses empreintes digitales ont déjà été relevées par la police », souligne Jérôme Coignard.
La police est persuadée que le voleur n’a pas agi seul et elle cherche à mettre la main sur une bande de trafiquants internationaux.
Elle soupçonne un temps le poète Guillaume Apollinaire car il héberge un escroc belge qui a volé en 1907 des statuettes hispano-romaines au Louvre. Pablo Picasso a récupéré deux de ces objets, qui inspirent sa création. Apollinaire finit par convaincre le peintre de les rendre. Picasso les porte au Petit Journal. La police les récupère, lie les deux affaires et fait incarcérer Apollinaire. Il restera huit jours en prison et en sera profondément marqué.
Pendant deux ans, Peruggia cache La Joconde dans son logement du Xe arrondissement de Paris. Puis il commence à écrire à des antiquaires italiens, leur proposant le tableau et leur expliquant qu’il voudrait faire jouer une sorte de préférence nationale.
En décembre 1913, un antiquaire toscan, Alfredo Geri, lui propose de faire venir le tableau à Florence afin de l’examiner. Peruggia accepte. L’antiquaire, accompagné du directeur du musée des Offices, se rendent à son hôtel, authentifient La Joconde et la récupèrent en douceur.
L’ouvrier est arrêté. Il est jugé en Italie -sa grande chance- et écope d’un an et quinze jours de réclusion seulement. Sa peine sera ensuite réduite à sept mois.
Peruggia affirme avoir agi par patriotisme. Lors du procès, un psychiatre a estimé qu’il était simple d’esprit. « Le personnage manque d’épaisseur par rapport au phénomène qu’il a déclenché », estime M. Coignard, lançant la piste d’un mystérieux Allemand qui aurait rencontré l’ouvrier peu avant le vol.
TV5MONDE PARIS (AFP) – 21.08.2011 06:00 © 2011 AFP
2011 au Louvre
 

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