Nouvelle accusation dans l’affaire Bettencourt – Isabelle Prévost-Desprez, une juge bien encombrante –

Publié le 31-08-11   Modifié le 01-09-11   par Le Nouvel Observateur  

Avant d’être dessaisie du dossier Bettencourt, la magistrate avait confié subir des pressions à son entourage. Par Stéphane Arteta.
 Cet article a été publié dans Le Nouvel Observateur du 8 juillet 2010.
La présidente de la 15e chambre de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, l’a confié à des proches : elle est isolée. Au tribunal, dont le procureur Philippe Courroye est son ennemi juré, on l’évite: « on a peur d’être vu avec moi, il y a une ambiance détestable. »
 Celle qui a subi des pressions et des menaces de mort lors de l' »affaire du Sentier » et de l’Angolagate rassure ses amis en affirmant: « l’isolement, les intimidations, j’ai déjà connus ça« . Avec l’affaire Bettencourt, la tension est montée d’un cran.
Réputée pour son sens de l’humour et son franc-parler, la juge se dit « nouée de partout« . Dans tous les sens du terme. Sous pression, elle se sent pieds et poings liés depuis que le parquet a fait appel de sa demande de complément d’information dans le procès Banier. De crainte d’avoir été placée sur écoute, Isabelle Prévost-Desprez évite de s’épancher au téléphone. Elle pense même être suivie. Parano ? « C’est ce que ses adversaires veulent faire croire« , dit l’un de ses intimes.
« Ils veulent ta tête »
Dans le monde judiciaire, l’heure n’est pas à la sérénité. Ainsi, un juge d’instruction nous a confié avoir été appelé plusieurs fois dans la même journée par Nicolas Sarkozy sur un autre dossier brûlant. Pour se tenir informé. « L’intérêt manifesté par le pouvoir, même sous une forme anodine, peut être très pesant. » Isabelle Prévost-Desprez, elle, est régulièrement mise en garde. On lui fait savoir qu’elle est « en grand danger ».
Ambiance. Le climat est digne d’un polar. Un magistrat parisien a assuré à la juge : « Ils veulent ta tête. » Elle rétorque : « Je sais qu’ils sont prêts à tout pour me flinguer, ça ne m’impressionne pas. » Ils ? Comprendre, les hommes du président de la République et de hauts magistrats, à commencer par Philippe Courroye. Lui, raconte en privé qu’elle dramatise et règle des comptes depuis qu’il a envoyé une note pour contester ses méthodes, notamment dans l’affaire Bettencourt. Elle, assure à ses proches qu’il fait tout pour enterrer ce dossier et qu’il est en service commandé. « L’enquête pour blanchiment de fraude fiscale que vient de demander Courroye est bidon. C’est un écran de fumée. C’est grave, car des témoins sont sous pression et des pièces cruciales, dont les carnets de la comptable, ne sont pas examinées. « 
« Me faire passer pour une hystérique »
La magistrate s’interrogerait sur les conditions des gardes à vue du majordome et de la comptable de la milliardaire. Prévost-Desprez, qui a signé récemment le livre « Une juge à abattre« , s’attend aux pires coups bas. « On veut me faire passer pour une hystérique, on évoque mes amants, on m’en invente, a-t-elle déploré auprès d’une collègue. On utilise ma vie privée pour me discréditer : les affaires de mon ex-mari, la santé fragile de l’un de mes trois enfants pour dire que je suis sur les nerfs. Ca ne me fera pas renoncer. »
On dit que le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, la protège. Il l’apprécie et redouterait l’effet dévastateur d’une mise à l’écart. La juge pourrait balancer de plus belle.
Stéphane Arteta – Le Nouvel Observateur Publié le 8 juillet 2010.
NDLR: Prévost-Desprez a été dessaisie du dossier à l’automne 2010. Le parquet avait préalablement accusé la juge de parler à la presse après l’examen de factures téléphoniques de journalistes. 

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Lire Nouvel Obs 31 août 2011

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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