LGV Rhin-Rhône – Collectivités locales : Plainte des élus franc-comtois privés de parole

 08-09-11 par Le Nouvel Observateur avec AFP

 Inauguration de la LGV Rhin-Rhône : « Sarkozy monopolise la parole »  

Pierre Moscovici et 12 autres élus de la région estiment qu’ils sont privés de parole alors que les collectivités locales financent la ligne « autant que l’Etat ».
Treize élus franc-comtois de gauche se sont plaints mercredi dans un communiqué d’être « privés de parole lors de l’inauguration de la LGV Rhin-Rhône« , jeudi 8 septembre en présence de Nicolas Sarkozy, alors que les collectivités locales « la financent autant que l’Etat ».
Parmi eux, Pierre Moscovici (PS), député du Doubs et président de Pays de Montbéliard agglomération, Marie-Guite Dufay (PS), présidente de la région Franche-Comté, et les présidents PS des quatre conseils généraux de la région.
« Nous ne comprenons pas que les élus locaux ne puissent s’exprimer pour célébrer cette réussite, qui leur est en grande partie imputable. La parole sera monopolisée par le chef de l’Etat », écrivent-ils.
D’après le maître d’ouvrage Réseau ferré de france (RFF), les travaux de la branche Est ont coûté 2,3 milliards, financés par l’Etat (32,5%), l’Europe (8,5%), la Suisse (3%), RFF (27,8%) et les 16 collectivités de Franche-Comté (13,7%), de Bourgogne (5,5%), et d’Alsace (9%).
« L’engagement financier, avec près de 714 millions d’euros apportés par les collectivités territoriales (…), représente 27% du budget, soit un niveau sensiblement équivalent à celui de l’Etat qui apporte 31% », soulignent les élus. 
« L’ambition de la France en matière ferroviaire »
Ils demandent par ailleurs au chef de l’Etat de prendre position concernant le financement des travaux de la deuxième phase de la branche Est, et de la ligne Belfort-Delle, et souhaitent un « engagement précis sur la réalisation de la branche Sud » de la LGV Rhin-Rhône.
Nicolas Sarkozy inaugurera jeudi le premier tronçon, entre la Côte-d’Or et le Territoire de Belfort, de la ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône qui doit relier à terme Strasbourg à Lyon.
Le chef de l’Etat doit parcourir ce tronçon de 140 km entre Villers-les-Pots (Côte-d’Or) et Petit-Croix (Territoire-de-Belfort), avant de l’inaugurer en gare de Besançon, puis de prononcer à la gare TGV de Belfort-Montbéliard un discours sur « l’ambition de la France en matière ferroviaire ».
La première partie de cette LGV doit entrer en service commercial le 11 décembre, reliant Dijon à Strasbourg en deux heures seulement (contre 3 heures 40 actuellement).
« On se fout du monde »
Dominique de Villepin a lui aussi vivement réagi à cette inauguration, parlant de campagne type IIIème République et lançant : « On se fout du monde ! »
Sur France Culture, l’ancien Premier ministre était convié à réagir au déplacement du président de la République près de Besançon sur le tronçon d’une ligne à grande vitesse (LGV). « La politique dont on vient de parler, c’est celle de la IIIème République ! », s’est exclamé le président de La République solidaire et ex-UMP.
« Le monde a changé ! Qui peut croire qu’on peut encore faire campagne en allant inaugurer des trains, des routes… On se fout du monde, ce n’est pas sérieux », a-t-il ajouté.
« Nous faisons face à une crise financière majeure », l’Europe « joue sa survie », « on attend de nos dirigeants qu’ils prennent des décisions, pas qu’ils se fassent prendre en photo en inaugurant je ne sais quelle nouvelle installation », a poursuivi l’ex-chef de gouvernement.
Pour lui, « il faut faire de la politique différemment, elle ne se fait plus individuellement. Aucun d’entre nous n’a la solution ».
« La seule bonne surprise de 2012, c’est si des bonnes volontés étaient capables de se mettre ensemble pour faire un travail d’équipe », a poursuivi Dominique de Villepin. « Ca fait 40 ans que ça ne marche pas. Pourquoi voulez-vous que ça marche à partir de 2012 ? Il faut être d’une naïveté absolue pour croire cela ».

A propos kozett

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