Toulouse – La direction policière conteste l’instauration d’une nouvelle politique visant à « faire du chiffre ».

Sud-Ouest avec AFP 07 septembre 2011

Des « quotas » ? A Toulouse, les motards de la police doivent délivrer plus de PV

 Les motards de la police à Toulouse ont récemment reçu des objectifs chiffrés et écrits d’amendes à infliger et d’interpellations à effectuer, a rapporté le syndicat Unsa Police ce mercredi.
Pour le syndicat, il s’agit de quotas inacceptables et dangereux. C’est aussi une première, déclare Cédric Delage, secrétaire régional de la troisième force syndicale au sein de la police.
La direction policière conteste l’instauration d’une nouvelle politique visant à « faire du chiffre ». Le syndicat majoritaire Unité-SGP Police, évoque, lui, une controverse qui n’a pas lieu d’être.

Dans une lettre dont la Dépêche du Midi a révélé l’existence, un haut responsable policier en Haute-Garonne demande aux chefs des deux brigades de motards (50 hommes au total) de « développer l’activité d’interpellation en matière de lutte contre la délinquance, notamment routière, ainsi que celle de verbalisation, et ce de manière significative »; 50 timbres-amendes et deux interpellations par motard et par mois « constituent des minimums ».

« Vous n’hésiterez pas à me signaler les personnes de votre équipe qui, de manière déloyale, n’exécuteraient pas les instructions demandées », ajoute le chef du Service d’ordre public et de sécurité routière.

Le courrier date du 23 juin. Au cours des cinq premiers mois de 2011, chaque motard a distribué chaque mois en moyenne 42,27 amendes et procédé à une interpellation.

« Pour qu’il y ait une interpellation, il faut qu’il y ait un délit. Et lorsqu’on se retrouve en fin de mois avec des fonctionnaires qui n’ont pas le nombre d’interpellations demandées, on peut arriver à des dérives très graves », s’indigne le secrétaire régional d’Unsa Police.

« La politique du chiffre existe depuis 2006, mais là, elle arrive à son paroxysme », s’émeut-il.

« L’objectif n’est pas de faire du chiffre, mais bien de lutter contre l’insécurité routière et de sauver des vies », réplique dans la Dépêche le directeur départemental de la sécurité publique, Lucien Pourailly.

Le premier syndicat policier, Unité-SGP Police, a jugé « malvenu de soulever (ce) lièvre ».

« Le principe même des quotas, de la pression, du chiffre, on est fondamentalement opposé », dit Didier Martinez, son secrétaire régional.

Mais il explique qu’un changement de rythme de travail imposé aux motards en juin a provoqué chez eux « une réaction épidermique » et une baisse notable de leur activité.

L’administration n’a pas décidé brutalement de fixer des quotas qui n’existaient pas, et de tirer l’activité vers le haut, mais de « reprendre les choses en main », dit-il. Elle a adressé des « messages individuels aux deux chefs de brigade, qui leur disaient: +ressaisissez-vous, revenez à une activité normale et minimale+ », a-t-il dit. 

A propos kozett

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