11 septembre, de la cave au grenier

Ruminances – 12 septembre 2011 –
Le 11 septembre, de la cave au grenier ! Comment y échapper ? Comment trouver la ressource pour éviter de dégobiller les rogatons de cette orgie… Les morts comme justification, l’alibi d’un non lieu pour un crime parfait. Couper les ponts ! Même fermer les oreilles devient impossible, tant le matraquage prend des allures d’entreprise de lobotomie généralisée. Ambiance warriors dans les tours de contrôles. Les larbins, les malades, les compulsifs, les frustrés, les tarés, main dans la main, pour une surenchère dans laquelle le mort joue son propre rôle ! Le cycle et le cyclique à l’heure de la décadence. Le ponctuel et la ponction !
Mais l’excès a toujours son effet pervers. A force, l’opinion, trouvant la chose suspecte, finit par se détourner de la « sainte parole » et à instinctivement s’en méfier…

La vérité ? Elle ressemble à ceci : « Un mensonge peut faire le tour de la terre le temps que la vérité mette ses chaussures. »

Avec tout ça on oublierait presque ce qui s’ourdit dans les coulisses. Et là ce n’est pas choucard choucard !

Combien sommes-nous à avoir eu connaissance, en ce week-end de célébration, de la démission de son poste de Jürgen Stark, membre du Conseil exécutif et du Conseil d’administration de la Banque Centrale Européenne, chef économiste ?… Dans un communiqué, succinctement, on annonce à la BCE que cette démission est liée à des « raisons personnelles ». Personnellement, tout comme vous, je suis open !

Allons plus loin. Aussitôt cette démission connue, les spéculateurs on entamé une ronde de la sinistrose, plongeant les places fortes boursières de Francfort, Paris et Milan dans une spirale de la chute qui, foi de béotien, n’a pas dû être négative pour tout le monde : moins 3% à la clôture !

En fait de raisons personnelles, ce type, dont le mandat expirait en 2014, a rendu son tablier pour désaccord profond avec la Banque Centrale Européenne sur le programme de rachat d’obligations publiques pour « soulager » les pays victimes de la spéculation, comme la Grèce. Programme auquel personne n’y croyait, puisque le mal est ailleurs. Donner de l’argent sans arrêter la piraterie financière, c’est bien la peine ! La bêtise a des limites.

Autre explication et elle n’est pas moindre, l’Espagne et l’Italie étant à leur tour menacées, pas nouveau non plus, par une aggravation de la dette, comment leur appliquer un remède qui s’avère inefficace chez les grecs malgré des piqûres répétées ?…

Pour info, c’est sans grande conviction et à « contrecœur » que la BCE avait adopté ce programme-placebo en 2010. Comme aveu d’impuissance, il est difficile de faire plus net. On ne peut dès lors que comprendre Jürgen Stark. Qui n’est pas humain ?… Repose-toi bien Jürgen ! Des années durant à trafiquer du chiffre, à fabriquer du tableau, à faire croire à des gogos que le chiffres et le tableau ça va de pair, alors que c’est du blaireau qu’on abat à la chevrotine, ça finit par user…

Bon vent, Jürgen ! T’en fais pas, tu seras remplacé par un suivant-suiviste. Nous le savons de Marseille. Le G7 bosse de son côté à savonner sans laver plus blanc, à concilier ce que tu trouvais inconciliable et pourtant séduisant : relance et rigueur. Même si ça relève de effet secondaire aggravé, ils n’ont pas de honte à l’annoncer, surtout quand des ministres travaillent avec des banquiers pour trouver la bonne équation : rassurer les marchés !

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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