Sénatoriales : le scrutin reste incertain

 Nouvel Obs  le 23-09-11   par Estelle Gross   

Les grands électeurs opteront-ils pour le vote sanction?

  Réforme territoriale, suppression des dotations, la grogne des élus locaux pourrait peser sur le scrutin.
 Le scrutin reste incertain. Au-delà des nombreuses listes dissidentes, plusieurs raisons pourraient pousser, dimanche 25 septembre, les grands électeurs à faire basculer le Sénat à gauche.
Les élus grognent. Et ce depuis plusieurs années maintenant. Au premier rang des crispations, la suppression de dotations par l’Etat et la réforme territoriale. « Il y a d’abord eu la suppression de la taxe professionnelle », pointe Philippe Laurent, maire centriste de Sceaux et vice-président de l’Association des maires des France, puis « dans la plupart des cas, on voit les dotations diminuer », poursuit-il.
Dans le cadre de la rigueur budgétaire, l’Etat a en effet décidé un gel de la dotation financière aux collectivités locales entre 2011 et 2013.
« L’Etat ferait mieux de nous encourager »
La réforme des collectivités territoriales, engagée en 2008, vise notamment à réorganiser le territoire autour de deux pôles : un pôle départements-région et un pôle communes-intercommunalité. Elle provoque également des remous.
« Pour un tiers des départements, la réforme territoriale passe mal », reconnaît le maire de Sceaux.
« Il y a beaucoup d’interrogations au de la de la question de la délimitation des territoires », explique Cédric Szabo, président de l’Association des Maires Ruraux de France.
« Le climat n’est pas bon »
Au-delà des mesures, c’est aussi le discours qui agace les élus. « Depuis des années on entend ‘les collectivités dépensent trop' », explique Philippe Laurent, « les élus pensent qu’à un moment ‘Ca va ! L’Etat ferait mieux de nous encourager.’ Le climat n’est pas bon », résume-t-il.
« Avec quelles finances les collectivités locales se développent ? Comment maintenir les services publics dans les communes rurales ? Il y a un mouvement en décalage avec la réalité », ajoute Cédric Szabo précisant que ce sont des sujets « permanents » et non électoralistes. « Ca pose question, est ce que ce sera visible dans le vote, je ne peux pas vous le dire. »
« L’étiquette UMP n’est pas la meilleure dans cette élection »
Le président du groupe UMP au Sénat, Jean-Claude Gaudin, lui, est confiant : « Nous avons encore un bon ancrage rural. »
« L’étiquette UMP n’est pas la meilleure dans cette élection », contraste Philippe Laurent, « pas mal d’élus vont décider de voter pour la dissidence ».
Les relations conflictuelles qu’entretiennent les élus avec la majorité ne sont toutefois pas gages de basculement à gauche.
Bien que l’opposition ait gagné du terrain lors des dernières élections locales, gérant désormais 20 régions sur 22, 60% des départements et 1.500 communes de plus de 3.500 habitants, le corps électoral reste très divers. Mais les députés, conseillers régionaux et généraux, clairement étiqueté, ne représentent que 5% des 71.890 grands électeurs. 40% de ce collège électoral se déclarent apolitiques.
A gauche ou à droite, le budget des finances 2012 et la poursuite de la réforme des collectivités seront observés de près. « Nous continuerons d’interpeler les sénateurs », prévient Cédric Szabo.
Estelle Gross – Le Nouvel Observateur 

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