Sarkozy perd son Sénat

Sarkofrance – 25 septembre 2011 – Juan

Dimanche 25 septembre, le Sénat est passé à gauche pour la première fois depuis 1958. Merci qui ? Merci Sarko !
La claque est une nouvelle fois pour le Monarque élyséen. Depuis juin 2007, il a perdu, sans interruption, tous les scrutins intermédiaires. On dirait qu’il s’en fiche. Il ne réagit plus, préfère câliner les pompiers ou les harkis. Pour cette semaine, il s’est inventé un agenda surchargé de multiples déplacements pour éviter de parler des affaires.
Ignorer la débâcle
Ce scrutin sénatorial est une curiosité. Quelque 71.000 grands électeurs seulement étaient appelés aux urnes. La réaction UMPiste fut tout autant curieuse.
« La poussée de l’opposition est réelle et plus forte que je ne l’avais prévu » a déclaré Gérard Larcher, l’actuel président UMP. « Un coup de tonnerre », commentait Claire Chazal sur TF1 dimanche soir. « Une victoire historique » confirmait le Figaro. La réforme des collectivités territoriales n’a pas plu. Election locale après élection locale, la gauche a progressé. Jean-François Copé arrive bien tard au siège de l’UMP. Il refuse le constat d’échec de Nicolas Sarkozy.
Le rejet est pourtant personnel. A Paris, le symbole était encore plus fort. Pierre Charon, ancien fidèle du Premier Cercle, ancien conseiller de l’Elysée, a été élu malgré toutes les pressions élyséennes contre sa dissidence.
A l’Elysée, on « prend acte ». Sarkozy a l’habitude de la joue rouge. Il n’était même pas dans son palais dimanche soir.  Il était revenu en France vendredi matin.  Samedi, il est parti à Nantes rencontrer des pompiers. Il avait raison. Il y a le feu à l’Elysée. Mais pas sûr que les pompiers pouvaient lui être d’une grande utilité cette fois-ci.
Jeudi, Sarkozy avait célébré l’anniversaire d’une statue, avant de filer sans prendre de questions de journalistes. Vendredi, il revenait difficilement de son inutile périple new-yorkais. Il n’avait pas voulu attendre l’historique  discours de Mahmoud Abbas à l’ONU. Il avait plus important à faire : ce soudain intérêt pour l’avenir préfectoral des pompiers.
Et surtout le besoin d’éviter de discourir de la terrifiante affaire Karachi.
Faire comme si…
Plus que jamais, Nicolas Sarkozy veut montrer qu’il a autre chose à faire que de commenter le climat en cours ou s’expliquer sur son rôle dans ce scandale. La semaine dernière, la tactique a relativement échoué. Dimanche, il s’est brièvement montré à un hommage aux Harkis aux Invalides. Pour cette nouvelle semaine, cela faisait bien longtemps qu’on n’avait vu un calendrier présidentiel aussi rempli. Depuis le printemps 2009, l’omni-président s’était progressivement effacé, pour frôler la disparition médiatique depuis un an. Mais puisque l’actualité vient brutalement à lui, il a fallu réagir. Jugez plutôt : lundi matin, après son traditionnel petit-déjeuner politique avec quelques pontes de l’UMP, il débute sa journée officielle à 10h avec une intervention dans un colloque sur la réforme des universités, à la fac d’Assas, à Paris. Pourquoi n’a-t-il pas choisi une université plus populaire, en banlieue parisienne par exemple ? Une heure après, il file à l’Elysée retrouver Lula l’ancien président du Brésil. Ensuite, il aime consacrer ses déjeuners à des artistes. A 17h, le voici avec des syndicats de médecins, signataires de la nouvelle convention médicale. Puis, une heure trente plus tard, il s’exprime devant les ministres du travail et de l’emploi du G20.
Mardi, c’est visite de terrain, comme chaque mardi. Il ira parler biocarburants et chimie verte » dans l’Oise, le département de son ancien fidèle et protégé Eric Woerth. L’après-midi, il rencontrera le prince héritier d’Abou Dabi. Mercredi, Conseil des ministres, puis « Réunion de mobilisation des préfets de région sur l’emploi » et déjeuner le premier ministre d’Arménie. Jeudi, il file l’espace d’une journée à Tanger, au Maroc. Vendredi, c’est Alzheimer. Sarkozy anime une réunion de travail dès 9 heures du matin à l’Elysée, avant de remettre quelques médailles de la famille à l’Elysée l’après-midi même.
Fichtre ! Il va frôler le surmenage.

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