Les Tiberi, encore plus rapides que les neutrinos

Le Post -27/09/11 –
Xavière et Jean Tibéri
La semaine dernière s’est achevée avec cette surprenante nouvelle : on a découvert des particules (les neutrinos) qui voyagent plus vite que la lumière. Le monde de la physique a été tout en émoi. Maintenant, nous dit-on, il faut vérifier tout ça.
Mais cette semaine, un autre phénomène aurait pu attirer l’attention des scientifiques : il existe d’autres particules extrêmement rapides ; des particules plus grosses, nommées Jean et Xavière Tiberi : grâce à l’efficacité de leur avocats, ces deux particules ont réussi à battre le record du procès (ou de l’audience) la plus rapide du monde : 15 minutes.
15 minutes, pourquoi ?
Expliquons. Sinon ça fait mauvaise langue, et je ne voudrais pas.
Lundi matin, les Tiberi, bras dessus bras dessous, ou tout comme, se rendent à leur procès en appel.
Tout le monde entre et s’assied, voilà, on va commencer.
Et soudain, les avocats des Tiberi se lèvent … et déposent quatre questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sur des points de droit.
Quatre ; pas une, pas deux, pas trois, mais bel et bien QUATRE QPC.
Du coup,  le président de la cour a renvoyé l’ouverture réelle du procès à mardi après-midi et la cour devrait dire mercredi si elle les transmet ou non à la Cour de cassation. Et si c’est le cas, le procès sera renvoyé. En effet, il s’agissait de points de droit dont le parquet général et les parties civiles n’ont pas eu le temps de prendre connaissance. Impossible donc de répondre sur le champ.
Si la cour d’appel considère que ces quatre questions ne présentent pas de caractère « nouveau et sérieux », les débats se poursuivront.
Ces questions prioritaires de constitutionnalité constestaient la constitutionnalité de certaines dispositions relatives au délai raisonnable de jugement ou à la prescription des infractions en droit électoral.
« C’est se moquer du monde et tout le monde le voit ! », s’est écrié, à la sortie de l’audience, l’avocat de la ville de Paris,  Me William Bourdon. Un homme qui n’a aucun sens de l’expérimentation.
Par ailleurs, quel serait l’intérêt de se moquer du monde, si personne ne le voyait.
Ça ne serait pas drôle du tout.
L’effet serait gaché.
Maître, voyons, réfléchissez un peu.
Une conseillère municipale socialiste prend également la chose assez mal :
« C’est absolument détestable », dit Lyne Cohen-Solal. Ces QPC, « ça voudrait dire que la loi n’est pas constitutionnelle, mais alors qu’est-ce qu’il a fait comme parlementaire durant 45 ans ?! »
Et elle ajoute : « J’ai vraiment l’impression que ce sont des manoeuvres dilatoires pour reporter d’éventuelles sanctions ». Des maneuvres dilatoires ! Quelle mauvaise foi !
Pendant ce temps là, détendus et souriants, les époux Tiberi ont quitté le Palais de Justice.
Jean, « par respect pour la justice », n’a fait aucune déclaration. La justice a-t-elle poussé un soupir de soulagement ?
Xavière, en tailleur-jupe bleu satiné, a seulement dit qu’elle était venu « dire qu'(elle) étai(t) innocente ».
Sources : Libération – Le journal de Fadette
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Rappelons qu’il s’agit du procès en appel de Jean et Xavière Tiberi : Jean avait été condamné à trois ans d’inéligibilité, dix mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende, et Xavière à neuf mois avec sursis et 5.000 euros d’amende dans l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris. Cependant, ils ont toujours clamé leur innocence.
Rappelons que ce digne successeur de Chirac à la mairie de Paris, député de la 2e circonscription de Paris depuis août 1968, est toujours maire du Ve arrondissement de Parisdepuis 2001 !
Proche adjoint de Jacques Chirac dès la fondation du RPR et à la Mairie de Paris, Jean Tiberi a été soupçonné et accusé par d’anciens collaborateurs et par ses opposants d’avoir participé à des opérations frauduleuses menées entre 1977 et 1995 par la Mairie de Paris.
Jean Tiberi a été impliqué dans un système de fraude électorale dans le Ve arrondissement de Paris, responsabilité sanctionnée par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 27 mai 2009. Si la peine d’inéligibilité prononcée était confirmée en appel, Jean Tiberi serait obligé de démissionner sans délai de ses mandats de maire et de député. Il y aurait donc une justice à deux vitesses ? Non !

A propos werdna01

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