Affaire Bettencourt – Journalistes espionnés : le procureur Courroye convoqué en vue d’une mise en examen

Nouvel Obs  28-09-11

Que risque-t-il ?

 Le procureur de Nanterre est soupçonné d’avoir supervisé les écoutes de journalistes dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Par Céline Rastello
Un policier affirme que les fadettes de journalistes du « Monde » ont été demandées « très précisément » par le procureur, qui évoque une « mise en cause calomnieuse ».
Le procureur de Nanterre Philippe Courroye a été convoqué par la juge d’instruction parisienne Sylvia Zimmermann en vue d’une mise en examen dans l’affaire des fadettes, annonce « Le Monde » mercredi 28 septembre.
Dans un communiqué, le magistrat s’est immédiatement « indigné » d’une « mise en cause calomnieuse ».
Suite à une plainte du Monde, partie civile dans ce dossier, la juge Sylvia Zimmermann mène une information judiciaire pour « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions ». Lors de son enquête, la magistrate parisienne a notamment interrogé un enquêteur de l’Inspection générale des services (IGS), dont les locaux ont été perquisitionnés mardi, rapporte Le Monde.
L’audition de ce policier, dont le quotidien publie des extraits, risque de s’avérer compromettante pour Philippe Courroye, un magistrat réputé proche du président Nicolas Sarkozy, ce dont il se défend.
« Demande très précise »
Le policier explique que la surveillance téléphonique avait été menée par son service en 2010 à l’instigation du cabinet de Philippe Courroye qui « demandait très précisément les fadettes des deux journalistes » du quotidien.
L’IGS a alors « rendu compte à sept reprises au parquet de Nanterre entre le 9 septembre et le 6 octobre 2010 » et « à chaque fois, les magistrats nous demandaient de pousser nos investigations », a expliqué le policier.
La juge devrait également entendre comme témoin assisté Marie-Christine Daubigney, bras droit de Philippe Courroye au parquet de Nanterre.
Péchenard assume
Elle entendra également en octobre comme témoins assistés les patrons de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, et du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, selon une source proche du dossier.
Les deux hommes sont pour l’heure soutenus par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, qui a rappelé qu’il n’était pas place Beauvau au moment des faits, le poste étant alors occupé par Brice Hortefeux.
« Je condamnerai ce qu’a fait la DCRI si la justice dit que c’est irrégulier » et pour l’heure elle « ne l’a pas dit », a récemment répondu le ministre aux députés socialistes qui l’interrogeaient sur le sujet.
Début septembre, Frédéric Péchenard a assumé avoir ordonné l’enquête visant à identifier la source des fuites au quotidien Le Monde dans l’affaire Bettencourt.
Le Nouvel Observateur – AFP

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