Grèce : la troïka des créanciers fraichement accueillie à Athènes

M6 AFP 29 septembre 2011

 Les représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce sont de nouveau à pied d’oeuvre jeudi à Athènes, où ils ont été fraichement accueillis par des fonctionnaires occupant les ministères pour s’opposer à la nouvelle cure de rigueur prescrite.
 Jeudi matin, la plupart des ministères grecs étaient occupés par des manifestants, en protestation la Confédération des syndicats du secteur public Adedy, contre les « nouvelles mesures barbares » décidées par le gouvernement sous la pression de ses créanciers pour réduire les dépenses publiques.
Les syndicalistes envisagent de poursuivre le blocage des ministères (Finances, Justice, Travail, Santé, Intérieur et Agriculture notamment), jusqu’à vendredi, alors que se multiplient les mouvements de résistance ponctuels pour ne pas payer les nouvelles taxes imposées au pays pour éviter la faillite.
C’est dans ce climat que les chefs de mission de la troïka des créanciers, qui regroupe la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds Monétaire International, devaient reprendre leurs entretiens avec les responsables du pays en vue du bouclage final du projet de budget 2012.
Ils doivent également parler du programme de privatisations, que la Grèce peine à faire démarrer et des mesures à envisager ou à avancer après 2012 pour réaliser les objectifs du plan budgétaire pluri-annuel voté fin juin, qui prévoit 28,4 milliards d’euros d’économies d’ici 2015.
Le 2 septembre, les auditeurs de la troïka avaient soudainement quitté Athènes devant l’important dérapage constaté dans les comptes publics du pays, et notamment l’impossibilité pour la Grèce de respecter son objectif de réduction du déficit public à 7,4% du PIB.
Depuis, le gouvernement a ajouté des mesures d’austérité pour tenter de rester dans les clous budgétaires, notamment une nouvelle taxe immobilière fortement impopulaire, la mise en chomage partiel de 30.000 fonctionnaires, une réduction des pensions de retraites supérieures à 1.200 euros par mois, et des salaires dans la fonction publique.
Jeudi après-midi, un conseil des ministres devait se tenir sous la présidence du Premier ministre Georges Papandréou pour examiner les mesures touchant la fonction publique -grille des salaires, chômage partiel- même si plusieurs médias grecs rendaient compte du refus de beaucoup d’organismes para-publics de founir les listes requises du personnel jugé surnuméraire.
Du verdict de la troïka sur les finances de la Grèce dépend le versement vital pour le pays de la nouvelle tranche de 8 milliards d’euros, sur un prêt total de 110 milliards d’euros mis en place en mai 2010, pour assurer ses paiements en octobre.
Une décision sur ce sujet est attendue le 13 octobre, a indiqué le ministre allemand des Finances jeudi Wolfgang Schäuble.
Mais l’avis de la troika sur l’avancement du plan de redressement est aussi crucial pour la mise en place du deuxième plan d’aide à la Grèce décidé par la zone euro le 21 juillet pour un soutien financier de près de 160 milliards d’euros.
Pour la première fois, ce plan prévoit la participation des créanciers privés, qui doivent accepter de perdre volontairement 21% de leur mise sur les obligations grecques qu’ils détiennent, pour éviter de tout perdre en cas de faillite du pays.
Mardi soir, la chancelière allemande Angela Merkel a indiqué attendre les conclusions de la troïka pour savoir s’il faudrait ou non renégocier les modalités de ce plan.
« Devons nous renégocier, ou ne pas renégocier? Nous préférerions bien sûr que les chiffres restent inchangés, mais je ne peux pas anticiper » a-t-elle déclaré sur la télévision publique grecque NET.
M. Papandréou, qui s’est entretenu de toutes ces questions mardi avec Mme Merkel envisage de rencontrer vendredi à Paris le Président français Nicolas Sarkozy.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Economie, Europe, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.