Copwatch – Surveillance de la police : plainte déposée par des policiers

  Police : des plaintes contre un site qui « surveille la police »

 Les policiers veulent la fermeture d’un site qui, depuis 10 jours, publie des photos de policiers, mais aussi certaines identités et commentaires à charge. Par Céline Rastello
« Nous recommandons la plus grande vigilance vis-à-vis de ces 2 policiers. Ils traînent au sein du métro Barbès et n’hésitent pas à harceler les marchands » : telle est la légende d’une photo de policiers en fonction, publiée mercredi 28 septembre sur le site « Copwatch Nord Ile-de-France » sous le titre « les chiens s’ennuyaient. »
Vendredi 30 septembre, le syndicat de police Alliance annonce les dépôts de plainte de plusieurs policiers « fichés » sur ce site dont l’intitulé comprend « copwatch » pour « surveiller la police », créé mardi 20 septembre et sur lequel des fonctionnaires subissent des « commentaires injurieux. »
« On met en danger les policiers et leurs familles »
« Une dizaine d’entre eux, qui se sont vus sur le site, ont porté plainte » précise au « Nouvel Observateur » le secrétaire général d’Alliance police Jean-Claude Delage, qui n’y est pas épargné : on peut notamment lire aux côtés de sa photo et son nom « donne régulièrement des interviews afin de défendre le travail des forces de sécurité même lorsque celles-ci commettent les actes les plus ignobles. » Le représentant syndical, qui juge ce site « inacceptable et inadmissible », pense avant tout à ses collègues qui « n’ont pas l’habitude d’être exposés » et « ont eu la surprise de découvrir qu’ils y étaient ».
« On ne peut pas laisser faire tout et n’importe quoi » tempête-t-il, avant de rappeler que la police dispose « de suffisamment d’organes de contrôle », ce qu’il estime « normal ». Il cite « l’IGS et les magistrats », et poursuit : « on ne peut pas jeter ainsi en pâture les fonctionnaires de police en divulguant leurs photos trouvées sur les réseaux sociaux, leurs numéros de téléphone, leurs adresses… On les met en danger eux et leurs familles. »
Dans un autre post intitulé « à l’attention des syndicats de police », un auteur du site lui répond : « Alliance tente une stratégie de communication que nous connaissons que trop bien. D’abord on fait passer le site pour anti-flic puis on fait croire que les familles de policiers vont être mises en danger. (…) Ce site ne diffuse et ne diffusera jamais une seule donnée concernant les familles des policiers et comme nous l’avons dit précédemment, toutes ces informations récoltées sont basées sur un travail de terrain, d’observation, de contre-renseignement mais aussi de ruses. »
« La police est fourbe, maligne et rusée »
Le site « Copwatch Nord Ile-de-France », qui invite ses lecteurs à se servir « de caméras vidéos et d’appareils photos numérique pour (se) protéger des violences policières », revendique une filiation avec le mouvement américain du même nom. « On pense que la police est fourbe, la police maligne, la police est rusée, la police fait ses coups par derrière. On pense qu’en renseignant les gens ça évitera peut-être une interpellation » explique vendredi 30 septembre un de ses auteurs à « France 3« , sous couvert d’anonymat.
« Nous ne diffusons aucune photo dont nous ne sommes pas certain de la fiabilité » assurait par ailleurs un peu plus tôt à « OWNI » un porte-parole de Copwatch, ajoutant « dans une ville comme Lille, par exemple, nous faisons ça depuis plusieurs années. Nous sommes allés filmer sur le terrain, avons fait des filatures à la sortie des commissariats et épluché les procès-verbaux des ‘copains’ passés en garde-à-vue. »
« Une pseudo démarche citoyenne »
« On peut faire dire tout et n’importe quoi à des photos et vidéos » commente aussi pour « Le Nouvel Observateur » le secrétaire général du syndicat SGP-Unité Police FO Nicolas Comte. Celui qui a lui aussi sa photo sur le site confie son inquiétude quant à toute volonté de faire justice soi-même : « ceux qui font cela, sous couvert d’une pseudo démarche citoyenne, nourrissent une haine viscérale pour la police, et ce type de comportement peut inciter d’autres à commettre des actes mettant en danger des collègues. » Il en profite pour rappeler aux fonctionnaires de police de faire preuve d’un maximum de discrétion sur Facebook.
De nombreuses photos de policiers (et certaines de gendarmes buvant de l’alcool), en uniformes et en civils, sont publiées sur le site accompagnées alternativement de leurs noms, fonctions et/ou observations à charge et/ou accusatoires. On y trouve des représentants syndicaux, des responsables hiérarchiques parisiens (dont le préfet de police Michel Gaudin « adepte de la tolérance zéro »), la BST (brigade spécialisée de terrain) Belleville (dont un des membres « n’hésite pas à faire tabasser des personnes du marché des biffins, les placer en garde à vue ») et des policiers en civils (pour certains plusieurs photos sont publiées, l’un d’eux « se montre en spectacle dans des reportages de TF1 »).
Manuel de survie en garde à vue
Par ailleurs, Copwatch Nord Ile-de-France propose également des informations sur les armes utilisées, des conseils pour repérer des policiers en civils dans les manifestations ainsi qu’un manuel de survie en garde à vue. « Ça me rappelle les sombres heures de l’histoire de France, quand les gens étaient fichés » ajoute aussi le secrétaire général d’Alliance police, pour lequel aucune comparaison n’est possible avec les fichiers police et gendarmerie : « On ne va pas comparer des fichiers contrôlés et normés et juridiquement encadrés avec un fichage sauvage. »
Les plaintes de policiers, vendredi 30 septembre, s’ajoutent à celle pour diffamation annoncée mercredi par le ministre de l’Intérieur. Claude Guéant a précisé avoir « demandé à la justice d’envisager la possibilité de fermer le site. » Ce qu’attendent les policiers.
capture d’écrans 
 Nouvel Obs  le 30-09-11 Céline Rastello

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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