La contestation contre les antennes-relais :  » On n’est pas des fanatiques… On veut de la transparence « 

Varades (Loire-Atlantique) Envoyé spécial Le Monde

Varades (Loire-Atlantique), une antenne-relais surplombe le groupe scolaire municipal. FRANCK TOMPS POUR  » LE MONDE « 
Depuis le mois de juin, elle est installée au sommet d’un mât d’éclairage, qui borde le complexe sportif de Varades, commune de 3 700 habitants située à 50 km de Nantes (Loire-Atlantique).
Perchée à une vingtaine de mètres de hauteur, la cinquième antenne de téléphonie mobile de la bourgade n’effraie visiblement pas grand monde. Samedi 24 septembre, un couple et ses enfants pique-niquent joyeusement à son pied :  » Il paraît qu’on ne risque rien lorsque l’on est sous l’antenne car il y a moins d’ondes, plaisante la mère de famille, membre du conseil municipal. Cela fait l’effet d’un parapluie. « 
Même décontraction sur la pelouse du stade, où des footballeurs de moins de 10 ans débutent leur échauffement.  » On ne peut pas dire que l’antenne nous gêne, résume Mickaël, membre du club local. De là à dire que c’est sain… Mais bon, si on n’en veut pas, il faut être honnête et supprimer toutes les télécommandes dans une maison et dire adieu au four à micro-ondes. « 
Pourtant, le 6 septembre, les élus de la commune ont adopté, à l’unanimité, une délibération visant à limiter les émissions d’ondes électromagnétiques. Invoquant  » l’application du principe de précaution, gravé dans la Constitution « , le maire (PS) Dominique Tremblay, aussi conseiller régional, entend fixer le seuil d’exposition aux ondes à 0,6 volt/mètre sur l’ensemble de la ville. La délibération, précise-t-il, est  » bordée «  puisque  » rigoureusement calquée sur les préconisations édictées par le Conseil de l’Europe le 27 mai « .
La fronde vise tous les opérateurs et entend dissiper  » le flou artistique entourant la réglementation actuelle « .  » Les normes en vigueur, rapporte M. Tremblay, concernent la puissance d’émission des antennes, limitée à 41 volts/mètre. Ce qui importe, c’est de mesurer la valeur d’exposition quotidienne des citoyens. «  L’initiative est une  » première en France «  selon Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des Toits, qui dénonce les dangers du portable et des antennes-relais. M. Tremblay se défend  » d’avoir voulu faire un coup médiatique « . Il avoue s’être trouvé  » démuni «  face aux doléances d’habitants, surtout des parents d’élèves, venus l’interroger, en mars, sur les risques potentiels de ces antennes pour la santé.  » Le danger est indéniable, estime Isabelle Pinard, directrice de l’école élémentaire. L’école n’est éloignée que de 100 m de la nouvelle antenne Orange. Il ne s’agit pas de supprimer les portables. Mais il apparaît logique de privilégier des antennes de puissance modérée. « 
 » Il n’y a pas eu de panique mais un questionnement légitime, reprend Christophe Barbin, père de deux garçons en maternelle. Bien malin qui peut aujourd’hui déterminer la nocivité, ou non, de ces ondes. L’objectif, c’est de protéger la population plutôt que de se mordre les doigts plus tard. « 
 » On n’est pas des fanatiques, acquiesce Patrice Bertaud, président d’une association de parents d’élèves. On a juste une exigence d’information et de transparence. « 
Pour l’heure, relève M. Tremblay, la résolution municipale n’ordonne pas aux opérateurs de réviser à la baisse la performance de leurs émetteurs.  » Et pour cause : on ne dispose d’aucune donnée précise. «  La ville, qui a mis en place un comité local d’information sur les relais téléphoniques (Clirt), procède depuis quelques jours à des mesures de champs électromagnétiques.  » Les premiers résultats sont plutôt positifs, affirme M. Tremblay. On ne dépasse le niveau d’exposition souhaité qu’en de rares endroits. Ces données sont à nuancer, car la connexion 3 G – troisième génération – n’est pas encore branchée. « 
Au terme de la campagne d’analyses de deux mois, l’élu verra s’il y a lieu de réclamer une diminution de la portée des ondes. Le risque de voir surgir des zones où la couverture serait moins bonne est balayé d’une boutade :  » Il n’y a pas lieu d’exiger de pouvoir téléphoner depuis une cave, à trois mètres de profondeur. «  Orange, tout comme ses concurrents, redoute une propagation du mouvement.
Et mise sur l’invalidation, par la préfecture, de la délibération du conseil municipal de Varades. Contacté par Le Monde, le pôle régional d’Orange stipule qu’il s’en tiendra  » aux seules normes françaises et européennes « . Un recours devant le tribunal administratif semble probable. Le ton pourrait se durcir.  » On ne veut pas d’un nouveau scandale type amiante ou Mediator, déclare Christian Forir, antiquaire, membre du Clirt. Si les opérateurs ne jouent pas le jeu, on se fera entendre. On est prêts à démonter des antennes… « 
Yan Gauchard
28 septembre 2011 © Le Monde   Le Monde 28 septembre 2011
 Sur Inventerre :
La bataille des ondes entre opérateurs et riverains se joue de plus en plus devant les tribunaux.
La contestation contre les antennes-relais s’étend, à la ville comme à la campagne Des Pyrénées-Orientales au Maine-et-Loire, de Montreuil (Seine-Saint-Denis) à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), à Lyon et Paris, des riverains se mobilisent contre les antennes-relais de téléphonie mobile qu’ils estiment implantées trop près d’une école ou de chez eux.  Lire la suite
 
 

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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