Retrait de Borloo : le travail de sape de l’Elysée

Le petit Jean-Louis n’est pas rentré de son plein gré (El Camino)

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Le Parisien – FRÉDÉRIC GERSCHEL ET NATHALIE SCHUCK | 04.10.2011
Nicolas Sarkozy avait fait de la candidature de Jean-Louis Borloo une véritable obsession. Il est aujourd’hui « ravi ».
Lundi à l’Elysée, devant ses conseillers, Nicolas Sarkozy savourait son plaisir après le retrait de Jean-Louis Borloo, dont la possible candidature devenait chez lui une vraie fixation! La première bonne nouvelle depuis des semaines. « Le président est très zen, ravi, mais pas euphorique », témoigne un proche. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Elysée n’a pas ménagé sa peine pour dissuader Borloo. « C’est un travail de sape, de longue haleine. On a fait le job! » raconte un conseiller. « Depuis des semaines, on a convaincu les élus un par un de la nécessité de ne pas s’engager dans l’aventure », raconte le même.

Entre Borloo et Sarkozy, le fil n’a pourtant jamais été rompu. Ils se sont même vus discrètement il y a une quinzaine de jours. Régulièrement, l’ex-ministre de l’Ecologie appelait l’Elysée, s’inquiétant de l’écart entre Sarkozy et Marine Le Pendans les sondages, soucieux de ne pas porter le chapeau d’un « 21 avril à l’envers ». Vendredi soir, Borloo avait même contacté le conseiller politique de Sarkozy, Olivier Biancarelli, laissant transparaître ses « hésitations ».

La prochaine cible : Hervé Morin

Y a-t-il eu contrepartie ? « Il y a forcément eu un échange », suspecte un ministre. «  A l’UMP, on laisse miroiter à Borloo un atterrissage en douceur à Paris pour les municipales de 2014. « Ce serait un excellent candidat », glisse un dirigeant du parti… peut-être pour ennuyer François Fillon. « On n’a rien à proposer de spécial. La mairie de Paris, c’est très, très loin », dément l’Elysée. Quant aux amis déçus de Borloo, ils seront vite recyclés, hormis les « irréductibles » Rama Yade ou Dominique Paillé. Hier matin, sans attendre, Sarkozy a fait appeler Yves Jégo.

Déterminé à être le seul candidat de droite, Sarkozy va continuer son entreprise de dissuasion. Sa prochaine cible : l’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin. « On ne va pas lui lâcher les mollets », prévient l’Elysée. Ainsi Sarkozy va-t-il recevoir bientôt les députés de son parti, le Nouveau Centre, pour les sermonner. « On n’oublie pas Boutin ni Villepin », ajoute l’Elysée. Message transmis…

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