Amboise – Entreprise de plomberie-chauffage : faillite après le refus bancaire de 10.000 € de trésorerie, 30 ans de travail balayés

La nouvelle République 13/10/2011
L’entrepreneur perd tout pour un besoin de 10.000 €Une entreprise de Lussault est contrainte à la faillite après le refus de 10.000 € de trésorerie par sa banque et un incident de paiement.
Martine et Luc Darnault devant leur entreprise. – (dr)
Ils sont écoeurés, désemparés, anéantis. Martine et Luc Darnault sont aujourd’hui bien seuls devant un grand atelier désert et silencieux. Pourtant, il y a peu, « Avenir entreprise » fonctionnait sans souci. Luc a racheté début 2008 cette entreprise de plomberie-chauffage après une période de chômage et des formations. Son épouse Martine s’occupe de la comptabilité et lui gère le travail et la recherche de marchés. L’objectif d’un chiffre d’affaires de 200.000 € est atteint chaque année. Deux ouvriers et un technicien chauffage sont employés.
 
 » On est au fond du précipice  »
Mais tout bascule en 2011. L’entreprise se restructure avec le départ du technicien chauffage, qui devient prestataire de service. Un des employés suit une formation longue carrelage pour développer la réalisation de cuisines et salles de bains. Plusieurs événements grippent la bonne marche de l’entreprise. Pour passer cette restructuration, L. Darnault se tourne vers son nouveau conseiller bancaire, un salarié de la Banque Populaire à Amboise. Il demande un crédit de 10.000 € pour assurer sa trésorerie. Il est refusé.
Dans le même temps, Avenir entreprise se met d’accord avec un fournisseur pour étaler le paiement d’une traite de 13.000 €. Mais trop tard : la traite arrive à la banque, qui la refuse par manque de trésorerie. L’entreprise est immédiatement fichée avec un code Banque de France suite à l’incident de paiement. Les époux Darnault trouvent alors un autre établissement bancaire, prêt à les suivre, mais ce code bloque tout.
« On pensait avoir tout connu mais ce n’était pas vrai, dit aujourd’hui L. Darnault. On est au fond du précipice. Cela s’est passé très vite et c’est difficile à vivre. » Mme Darnault ajoute : « En cinq ans, c’est la première fois que je demande à repousser une traite. On a toujours été honnêtes et courageux. Cette traite, je l’ai payée en plusieurs fois jusqu’à maintenant. Le fournisseur, lui aussi, ne comprend pas pourquoi nous avons été bloqués. La Banque Populaire n’a pas voulu revenir sur sa décision ».
Au début de l’été, les deux ouvriers quittent l’entreprise pour créer leur propre structure. Cela devient difficile de recruter en plein été. « Il n’y a pas de main-d’oeuvre qualifiée sur le marché » explique L. Darnault. Tout s’enchaîne rapidement, dépôt de bilan, cessation de paiement et liquidation judiciaire prononcée la semaine dernière. « Il y a des devis signés qui arrivent encore, sexaspère Luc Darnault. On serait passé avec 10.000 € de trésorerie en plus ».
Les Darnault ont tout perdu. Leur statut d’Entreprise individuelle, recommandé au moment où ils se sont installés, les rend responsables sur leurs biens propres. « On a tout perdu, pour 10.000 € regrettent-ils. Ce sont 30 ans de travail balayés. » Au final, tout disparaît pour un passif de 80.000 €.
 nr.amboise@nrco.fr
en savoir plus
Secret professionnel – Contactée, l’agence bancaire d’Amboise n’étant pas habilitée à communiquer sur ce genre de dossier, nous a renvoyés vers le service communication de la banque. Celui-ci n’a pas apporté plus d’éléments en soulignant que ce service n’a pas d’accès à ces dossiers et qu’il n’y aura « aucun service » susceptible de donner un renseignement sur un contentieux avant de conclure : « Cela fait partie du secret professionnel ».
I. R.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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