» euroséisme  » : Ras-le-bol de la crise ?

Rézonances 27 octobre 2011

 Ras-le-bol de la crise ?

« Le terme crise n’est plus approprié. Une crise indique quand même un changement brutal et soudain de situation », estime un internaute. Cette remarque sémantique qui nous invite à revoir certains vocables de nos articles cache un certain agacement, voire un ras-le-bol, des internautes face à la déprimante actualité économique.
A l' »euroséisme », vous répondez scepticisme, fatalisme ou pessimisme.
« Rien n’a été décidé pour rompre avec un système qui continue à spéculer sur les dettes souveraines », avance l’un d’entre vous au sujet de l’accord intervenu à Bruxelles dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 octobre. « Pourquoi parler d’un sauvetage de l’euro ? On sait tous que l’euro est mort », prédit un autre. Cette situation n’est que le résultat de « cinq années de laisser-faire, d’escroqueries, de truandage, de non-action », déplore un troisième. A l’instar de la presse européenne, vous êtes au minimum à demi-soulagés par l’évolution de la situation.
Dès lors point besoin de désigner des coupables. Statut que Nicolas Sarkozy partage selon vous avec les banques. Le président de la République aurait commis une « erreur incommensurable » en demandant à la Chine de participer au fonds européen de stabilité financière. « Sarkozy a vendu la France et l’Europe aux Chinois… Une fois qu’ils seront en position de force, ça va faire mal », écrit un internaute
Le monde de la finance n’est pas en reste, alors que les grandes banques indiquent qu’elles n’ont pas besoin d’aides publiques, l’une d’entre vous assure que l’accord est« une justification de plus pour engraisser les banques… L’Europe n’est que financière ».
Volontiers critiques, vous n’êtes cependant pas avares de conseils. Ainsi « Bulle » conseille aux banques en mal d’argent d’aller « taper dans les dizaines de milliers de milliards de dollars qui travaillent au noir dans leurs succursales des paradis fiscaux ».
Seul Valery Giscard d’Estaing, qui considère que la gravité de la crise est exagérée, trouve grâce aux yeux de certains : « On a beau dire, ce VGE est d’une intelligence et d’une lucidité rares. Et pourtant, je suis de gauche », explique un lecteur du Monde.fr.
Prenant des accents giscardiens, l’un d’entre vous relativise : « Dans l’histoire, il y a toujours eu des cycles ; aujourd’hui, on se trouve dans un mauvais cycle. Attachez vos ceintures ! »

En attendant, pour rendre cette actualité plus comestible, Le Monde a réalisé de nombreux décryptages dont voici les plus récents:
La réforme du FESF, l’arme anti-crise qui divise les Européens (décryptage)
De la crise de l’euro à celle de l’Europe politique (analyse)
Des subprimes à la crise de la dette, cinq années de crises mondiales (infographie)
« L’accord européen n’est pas une garantie tous risques » (chat avec Philippe Ricard, journaliste au Monde)
Simon Piel
Dette : la note des Etats européens au mois d’Août 2011

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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