Deux Français sur trois affectés par la crise dans leur vie personnelle : emploi, surendettement, dépenses contraintes …

Deux Français sur trois (68%) déclarent subir actuellement les effets de la crise économique dans leur vie personnelle et dans celles de leurs proches, un chiffre stable par rapport aux études précédentes, selon un sondage Ifop paru dans Sud Ouest Dimanche.
TV5 Monde 6/11/11

Les difficultés n’épargnent pas les Français

Sud-ouest dimanche 06/11/2011 Par Bernard Broustet
Les trois années écoulées ont été marquées par une réelle détérioration de la situation de nombreux Français.
La situation française n’a pas pour l’heure le degré de gravité de celle de l’Espagne ou de la Grèce. Mais la crise est bel et bien présente dans l’esprit des Français et dans la vie quotidienne de beaucoup d’entre eux, comme l’indique le sondage Ifop ci-dessous. Et de nombreux éléments montrent que notre pays n’échappe pas à la détérioration qui frappe la plupart des économies occidentales. Parmi les multiples symptômes du mal, en voici quelques-uns.
1 L’emploi en berne
Une réalité pour 68 % des ménages
 La crise n’est pas qu’un mot. Elle semble être, pour une très grande majorité de Français, une réalité plus que tangible. Selon l’enquête réalisée par l’Ifop pour « Sud Ouest Dimanche », 68 % des sondés déclarent subir actuellement les effets de la crise financière mondiale dans leur vie personnelle et dans celle de leurs proches. 32 % estiment au contraire ne pas être touchés, ou très peu. Seulement 7 % disent ne pas se sentir affectés.
Ces résultats sont à peu près similaires à ceux d’enquêtes réalisées en 2009 et 2010, avec 68 % et 65 % de personnes qui considéraient alors que cette crise les touchait. La différence aujourd’hui porte, en fait, sur une part non négligeable de la population française, 30 % selon l’échantillon du sondage, qui ressent « beaucoup » les effets de cette récession. Ils n’étaient que 21 % en février 2009, 25 % en avril de la même année et 20 % en septembre 2010 à exprimer un sentiment si marqué.
Cette perception d’un déclassement économique est cependant moins forte du côté des sympathisants UMP (60 % estiment subir les effets de la crise), peut-être en raison de leur profil social ou parce qu’ils soutiennent la majorité. À gauche, le résultat est le même que pour la moyenne des Français. C’est du côté des sympathisants du Front national, dans un électorat populaire, que la crise est la plus ressentie (77 %).
Depuis le début de la crise, qu’on peut choisir de dater à l’été 2008, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois et n’ayant pas travaillé dans le mois (catégorie A) a fait un bond de 48,9 %. On compte 904 000 demandeurs d’emploi de plus qu’en juin 2008.
Dans une région comme la nôtre, aucun territoire n’est épargné. En témoigne l’évolution du taux de chômage dans les diverses zones définies par l’Insee. Pour la période comprise entre fin juin 2008 et fin décembre 2010 – date des dernières statistiques disponibles sur ce point -, le taux de chômage a augmenté partout de deux points au moins, sauf en Béarn, où la bonne tenue de l’aéronautique a sans doute permis de limiter les dégâts.
Cette montée du sous-emploi n’épargne pas les territoires ruraux comme le Terrassonnais (Dordogne), où le taux de chômage est passé en 30 mois de 6,7 à 10, 1 %. La vallée de l’Isle et la basse vallée de la Dordogne sont également très touchées, mais le Sud-Gironde, le pourtour nord de l’agglomération bordelaise (Bordeaux-Cubzacais) paient eux aussi un fort tribut au marasme économique.
2 Générations victimes
Les classes d’âge sont affectées de façon plus inégalitaire que les territoires par la dégradation du marché du travail. La tranche des 25-49 ans, qui forme le gros bataillon de la population active, n’est certes pas épargnée, puisque de juin 2008 à septembre 2011, le nombre des personnes sans travail (catégorie A) y a augmenté de 38 %. Mais, dans la même période, l’envolée du chômage est encore beaucoup plus spectaculaire pour les moins de 25 ans et les plus de 50 ans. Il a fait sur trois ans et trois mois un bond de 69 %.
Le phénomène n’est pas radicalement nouveau : chaque crise accroît les difficultés de nombreux jeunes à s’insérer sur le marché du travail, où l’accès à l’emploi stable est de plus en plus tardif. Et, à l’autre bout de l’arc démographique, la plupart des entreprises n’ont pas tendance à embaucher en priorité quinquagénaires et sexagénaires. Il semble que, sur ce point, le recul progressif de l’âge de la retraite et la quasi-disparition des procédures de préretraite, qui jouaient un rôle d’amortisseur, n’aient pas arrangé les choses.
3 Le révélateur du surendettement
Cette évolution est confirmée par les observations de la Banque de France sur le surendettement des ménages, qui a fortement augmenté au cours des huit premiers mois de l’année (+ 7 %).
Des chiffres d’autant plus inquiétants que le surendettement a profondément marqué la dernière décennie. Ainsi, de 2001 à 2010, la part des plus de 55 ans dans le total des surendettés est-elle passée de 13 % en 2001 à 23 % en 2010 (dont 8 % de plus de 65 ans).
Cette étude révèle également que la boulimie de consommation est de moins en moins la cause de l’endettement. C’est plutôt l’appauvrissement des ménages qui pèse de plus en plus lourd dans la balance. Il faut d’ailleurs souligner que 65 % des foyers en difficulté sont des personnes vivant seules (célibataires, séparés, divorcés, etc.).
Parmi cette population, 54 % ne disposent que de revenus égaux ou inférieurs au smic. Et, dans 84 % des cas, la capacité de remboursement, c’est-à-dire ce qu’il est possible de consacrer au paiement de la dette une fois payées les dépenses de subsistance (loyers, chauffage, alimentation, etc.) ne dépasse pas 450 euros par mois.
4 Dépenses contraintes
Cet exemple est une confirmation supplémentaire de l’importance que prennent les dépenses incontournables dans le budget des ménages les moins favorisés. Ceux qui ont voulu devenir propriétaires ont ainsi dû faire face à une hausse moyenne de plus de 100 % du prix de l’immobilier entre 2000 et 2010.
De plus, alors que la moyenne des prix recensés par l’Insee a augmenté de quelque 24 % entre 1998 et 2011, celui du gaz a bondi de 98 % au cours de la même période, et celui des carburants de 82 % (dont 14 % entre septembre 2010 et septembre 2011).
Dans ces conditions, il est presque surprenant que la consommation de produits fabriqués (automobiles, électroménager, etc.) se soit bornée à vaciller, sans vraiment dégringoler au cours de ces derniers mois.
Mais, avec les ponctions fiscales annoncées (taxe sur les mutuelles santé, par exemple) et à venir (TVA), il serait étonnant que ce moteur déjà un peu encrassé puisse éviter à l’économie française de sombrer dans la stagnation, voire la récession.
 Une réalité pour 68 % des ménages

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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