Claude Margat et la quête du  » Tao  » : « l’énigme impénétrable du réel »

Un poème qui dit ce que jamais les mots n’ont vu

L’écrivain rochefortais, Claude Margat, publie « Matin de silence ». Par le regard et le dépouillement, ce long poème invite le lecteur à percer le mystère du réel. Superbe
 « Ici/en ne regardant rien que l’air/on change aussi de ciel », écrit Claude Margat. PHOTO K.C.
Le poème s’appelle « Matin de silence ». Le dernier livre de Claude Margat réveille le lecteur, en douceur, mais en conscience. Dans des mots aussi simples qu’éblouissants, il l’invite à arrêter le temps pour mieux comprendre la complexité du rapport au monde.
Le poète et peintre rochefortais, amoureux de la vie et ascète à la fois, a fait du tao sa quête et sa raison d’être voilà quarante ans. Et aujourd’hui, reconnu en France comme en Chine, il est considéré comme un taoïste confirmé. Quand il ne peint pas, il calligraphie. Quand il ne trace pas l’un des 15 000 idéogrammes, il écrit ou lit.
État de silence
Il sort aussi dès le lever du jour, mais seul et dans la nature, pour arpenter mille fois ce marais qu’il affectionne tant. « C’est la meilleure façon d’aller vers un état de silence qui fut celui de la terre au début », raconte cet esthète de la méditation. Son œil scrute, observe et cherche à se déjouer de la réalité immédiate et de « l’évidence trompeuse » : « Beaucoup d’images parlantes ne disent rien/ou se dessèchent peut-être/de trop dire ».
Qu’il peigne ou qu’il écrive, Claude Margat cherche sa voie pour percer « l’énigme impénétrable du réel » : « Ce signe/tu ne le vois pas/mais l’œil de ton désir l’appelle ».
Voilà pourquoi avant d’entrer en poésie, l’intellectuel donne « congé à l’évidence trompeuse » pour redonner vie et sens aux choses.
Liberté de penser
Pour cet homme libre qui cherche à atteindre l’équilibre, il en va d’une reconquête de la liberté de penser. Ce long poème, qui s’étire en douceur sur 74 pages, sans rime ni ponctuation, invite à prendre le temps d’oublier pour mieux penser, à fermer les yeux pour mieux voir et ne rien savoir pour mieux apprendre. En toute humilité, mais avec intelligence, finesse et générosité, Claude Margat essaie encore et toujours par ses poèmes de « délivrer/ce que jamais encore les mots n’ont vu », car, écrit-il encore « en changeant de pensée/on change tout naturellement de vie ».
Matin de silence de Claude Margat aux éditions L’Escampette. Préface de Bernard Noël. 13 euros. Sortie en librairie le 16 novembre.
Sud-Ouest dimanche 13 novembre 2011 Par Kharinne Charov

L’horizon des cent pas

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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