Social – Les syndicats sceptiques sur le sommet sur l’emploi annoncé par M. Sarkozy

Après le discours du chef de l’Etat, CGT et CFDT redoutent une tentative d’instrumentalisation

C’est avec beaucoup de scepticisme que les syndicats ont accueilli l’annonce par Nicolas Sarkozy d’un sommet sur l’emploi en janvier 2012. Dans son discours de Toulon, jeudi 1er décembre, le président de la République a invité  » tous les partenaires sociaux à participer à un sommet sur l’emploi, pour que chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions « . M. Sarkozy veut  » lever les tabous sur les freins à la compétitivité française « .
La CGT a fait savoir, vendredi 2 décembre, qu’elle déciderait, en janvier 2012, de sa participation, accusant le chef de l’Etat de vouloir imposer  » une nouvelle phase de déréglementation sociale « .  » On ira car on est républicain, a indiqué Stéphane Lardy, secrétaire confédéral de FO. Mais ce n’est pas en une demi-journée qu’on va régler la problématique de l’emploi. «  Même son de cloche à la CFTC, qui prône  » un dialogue social permanent « . Secrétaire nationale de la CFDT, Véronique Descacq a averti qu’elle attendait un  » sommet avec esprit d’ouverture et pas pour la galerie « . En août, la CFDT avait demandé un sommet social. Une proposition restée sans réponse.
Dans l’entourage du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, on n’hésite pas à parler de  » manoeuvre de communication « .  » Cette réunion n’a pas de sens au moment où Sarkozy déclarera sa candidature « , souligne un dirigeant de la centrale qui se demande ce  » qu’il pourrait y avoir de positif «  pour la CGT. Si elle accepte cette  » convocation « , elle ne sera probablement pas représentée par M. Thibault.
Le secrétaire général avait déjà boycotté les voeux du chef de l’Etat en janvier, et la réunion à l’Elysée, fin octobre, avec la Confédération syndicale internationale (CSI). M. Thibault, qui affiche une posture de plus en plus anti-sarkozyste, devrait soigneusement éviter de s’afficher avec le président, en pleine campagne électorale.  » Nous ne sommes pas dupes ; ni du calendrier ni des intentions, affirme de son côté un proche de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. On n’est pas naïf, Il nous met au défi de lever des tabous mais le risque d’instrumentalisation est assez gros. « 
Jeu de dupes
La CFDT souligne que ce sommet interviendra à trois mois de la présidentielle, au pire moment conjoncturel, avec des chiffres du chômage, fin décembre, qui risquent d’être calamiteux.  » On ne voit pas sur quoi cela peut déboucher, ajoute-t-on. S’il s’agit de rechercher des solutions structurelles, cela n’aboutira à rien, car on ne va pas apporter notre concours au programme du candidat. « 
La CFDT ne pratiquera pas la politique de la chaise vide. M. Chérèque devrait y réitérer la demande de l’intersyndicale CGT-CFDT-Unsa-FSU-Solidaires – qui appelle à manifester le 13 décembre – de renoncer à la défiscalisation des heures supplémentaires.  » On se sentira très libre, affirme-t-on dans l’entourage de M. Chérèque. On ne sera pas dans la position partisane, proche du PS, dans laquelle Sarkozy essaie à tout prix de nous rejeter. «  Les syndicats ne veulent pas se prêter à un jeu de dupes à l’occasion d’un sommet inattendu qui leur apparaît déjà mort-né.
Michel Noblecourt
Le Monde 04/05/12/2011

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, Politique, Social, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.