France 3 – Louis XI : Un thriller historique jubilatoire sur lequel règne en majesté Jacques Perrin

Louis XI (Jacques Perrin), dit  » le Prudent « , fut diplomate, rusé, sournois, cruel et… méfiant.
 FRANCE 3 à  20.35 |TÉLÉFILM| DAVID HELMAN/ALCHIMIC FILMS
 Le roi a peur. En cet été 1483, aucun étranger ne doit entrer dans le château de Plessis-lès-Tours, en Touraine. Lorsqu’un messager débarque pour prévenir d’un complot fomenté contre le roi, il se fait contrôler et mettre à l’épreuve. Quand le duc Louis d’Orléans vient rendre visite au souverain, accompagné de son épouse Jeanne la Boiteuse (fille du roi) et de ses gens, il se voit placé sous haute surveillance et privé de ses valets, tous renvoyés. Sécurité oblige.
Le roi Louis XI (1423-1483) fut, dit-on, un grand diplomate, rusé, sournois, cruel et perpétuellement malade. Hypocondriaque ? Probablement. Paranoïaque ? Disons plutôt avisé des vilainies et des convoitises que le pouvoir suscite, et de la vigilance qu’il nécessite. Dit  » le Prudent « , surnommé par ses ennemis  » l’universelle aragne « , celui qui régna de 1461 à 1483 ne s’en laissait pas conter. En témoigne la lutte qu’il mena contre le puissant duché de Bourgogne et son représentant, Charles le Téméraire.
UN JOLI LOT DE TRAÎTRES
Dans Louis XI, le pouvoir fracassé, en tout cas, Louis XI (Jacques Perrin) n’invente rien. On veut bel et bien attenter à ses jours. Pour preuve, ce messager venu révéler au roi que son cousin et gendre, Louis d’Orléans (Bruno Debrandt), a prévu de le faire assassiner lors du prochain conseil des ministres. Il pourra ainsi succéder à Louis XI dont le fils Charles est encore trop jeune pour régner. Commence alors une magnifique joute à fleurets mouchetés entre le duc d’Orléans, soutenu par un joli lot de traîtres, et le roi, qui peut compter sur quelques proches. Car Louis XI, plutôt que de punir à la hâte, préfère prendre ses ennemis sur le fait, s’amuser un peu :  » Faire emprisonner les conseillers ? Non, entrer dans leur jeu. Je connais le leur, ils ignorent le mien. «  Fidèle à la métaphore de l’araignée, le roi tend sa toile :  » Les imbéciles de bestioles qui s’y laisseront prendre n’y échapperont pas. « 
Produit par Dominique Antoine (Alchimic Films), Louis XI, le pouvoir fracassé est réalisé par Henri Helman qui, comme l’ont prouvé ses précédents téléfilms (Cartouche, le brigand magnifique et Charlotte Corday), sait mettre en scène les films historiques. Mieux. Il sait respecter les codes, donner du panache et introduire, sans en avoir l’air, un souffle de modernité au genre. De son côté, le scénariste Jacques Santamaria, qui a le goût des mots, sait reproduire la langue des siècles passés, ainsi qu’il a pu l’illustrer dans la série des  » Maupassant  » ou encore dans le téléfilm La Reine et le Cardinal (2009). Pour Louis XI, il s’en donne à coeur joie, déroule de longues tirades sans jamais endormir. Et pour cause.
Construit comme un thriller, ce Louis XI-là nous tient en haleine mieux que bien des polars. Et les dialogues sont servis par des comédiens au sommet. Jacques Perrin en tête, délicieux en vieille canaille que ce complot transforme en jeune garnement et ranime une dernière fois.
Véronique Cauhapé
 Henri Helman
(France, 2011, 95 minutes). Avec Jacques Perrin, Florence Pernel, Bruno Debrandt, Gaëlle Bona…
Le Monde 04/12/2011

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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