Greenpeace – centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine : Les neuf militants ont été libérés

Interpellés lundi pour leur intrusion dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, neuf militants, des hommes et femmes âgés de 25 à 60 ans, ont été déférés mardi matin au parquet de Troyes. Ils ont tous été remis en liberté mardi en début d’après-midi, après une nuit en garde à vue, pendant laquelle ils ont gardé le silence, selon le procureur Alex Perrin.
Placés sous contrôle judiciaire, les activistes de Greenpeace n’ont pas le droit de se rendre à proximité d’une installation nucléaire, ils ne peuvent pas non plus se rencontrer entre eux dans l’attente de leur comparution.
Selon le procureur, ils seront convoqués devant le tribunal correctionnel de Troyes le 20 janvier 2012. « Ils vont faire l’objet d’une convocation devant le tribunal » correctionnel pour « violation de locaux professionnels », « dégradation, destruction de biens d’utilité publique en réunion » pour avoir découpé un grillage afin de s’introduire dans l’enceinte de la centrale, selon le magistrat.
Par aillleurs, cinq d’entre eux seront également poursuivis pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN.
En revanche, les deux autres activistes qui se sont introduits dans l’enceinte de la centrale de Cruas étaient toujours en garde à vue mardi après-midi, pour « s’être introduits sans autorisation sur un terrain clos intéressant la défense nationale », selon un porte-parole du ministère de l’intérieur.
Après s’y être cachés durant quatorze heures, au nez et à la barbe des agents d’EDF, nargue Greenpeace, ils ont finalement été remis aux autorités lundi soir. EDF a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « comprendre les circonstances qui ont permis » aux deux militants de Greenpeace d’y pénétrer.
L’IRSN MINIMISE LA PORTÉE DE L’ACTION
L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a de son côté demandé que la sanction soit « proportionnée aux risques encourus, aussi bien pour l’installation que pour les personnes en cause. » « En l’occurrence, l’intrusion était une opération de communication militante et elle a donc été traitée comme telle », analyse l’IRSN, dans un communiqué. Mais de préciser plus loin qu’ « une telle opération de communication militante court toujours le risque d’être confondue avec une action malveillante plus sévère ».
L’IRSN, de toute façon, minimise l’impact de l’action coup de poing menée par l’ONG environnementale, arguant que « les clôtures » ceignant les centrales nucléiares françaises ont « rempli le triple rôle qui leur est assigné : caractérisation – du fait de leur détérioration – d’une agression pénalement répréhensible, détection d’une intrusion par les services de sécurité, retard à la pénétration vers d’autres zones protégées du site ».
EDF défend la même ligne. Selon l’exploitant de la centrale de Nogent-sur-Seine, les militants qui sont entrés sur le site « ont été immédiatement détectés par le dispositif de sécurité », sans « aucun dysfonctionnement » notable.
Toutefois, le ministre de l’industrie, Eric Besson, a « demandé à ses services une enquête approfondie sur l’intrusion », ajoutant que cela signifie qu’il y a eu des « dysfonctionnements ».
 LEMONDE avec AFP | 06.12.11
 

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