Syrie – Le bilan de la répression s’élève à 5 000 morts selon l’ONU

 LEMONDE.FR avec AFP | 12.12.11 | 22h09
« Probablement plus » de 5 000 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations en Syrie, selon une dernière estimation donnée, lundi 12 décembre, par la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay.

Dans le village de Dar Al-Kabiré, près de Homs le 3 novembre, l’enterrement d’un jeune homme se transforme en manifestation contre le pouvoir.MANI /
Celle-ci a présenté ce bilan devant le Conseil de sécurité, selon des diplomates qui ont assisté à la réunion. Dans le texte de son discours, la responsable onusienne parlait encore de « près de » 5 000 morts. L’ONU a des informations selon lesquelles plus de 200 personnes ont été tuées depuis le 2 décembre par les forces du président Bachar Al-Assad.
Avec les morts de ce week-end, « mon estimation est que le nombre total de personnes tuées depuis le début des manifestations est maintenant de probablement plus de 5 000. Cette situation est intolérable », a-t-elle dit, selon des diplomates. Plus de 14 000 personnes ont en outre été arrêtées et 12 400 ont fui le pays depuis le début des troubles en mars dernier, selon le bilan donné par Mme Pillay.
« LES ENFANTS N’ONT PAS ÉTÉ ÉPARGNÉS »
Citant des sources « dignes de foi », Mme Pillay a indiqué que plus de 300 mineurs avaient été tués par les forces syriennes, dont 56 pour le seul mois de novembre. Les écoles ont été utilisées comme centres de détention, démontrant « un dédain complet » pour le droit à l’éducation et à la sécurité des moins de 18 ans.
« Les enfants n’ont pas été épargnés. Les forces de l’Etat ont négligé les droits des enfants lors de leurs agissements pour réduire au silence la dissidence », a assuré Mme Pillay. « Tuer des enfants en les frappant ou en leur tirant dessus pendant les manifestations » est une pratique qui a été « largement répandue », tout comme « la torture et les mauvais traitements », a-t-elle ajouté. « L’inaction de la communauté internationale va enhardir les autorités syriennes et assurer l’impunité aux auteurs » de ces tueries, a-t-elle encore dit.
PAS D’ACCORD SUR UNE RÉSOLUTION DE L’ONU
Le dernier bilan de l’ONU était jusque-là de plus de 4 000 morts, tués par les forces de sécurité syriennes depuis le début des manifestations. M. Assad, interrogé sur ce bilan la semaine dernière, avait mis en doute la crédibilité de l’ONU.
Mme Pillay, en s’exprimant devant le Conseil de sécurité, répondait ainsi aux vœux de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. Le Conseil de sécurité n’arrive pas à se mettre d’accord sur une résolution qui condamnerait la répression dans le pays. Un double veto, russe et chinois, a torpillé le 4 octobre un projet en ce sens.
« L’histoire jugera le silence des uns et l’indifférence des autres », a réagi pendant la réunion l’ambassadeur de France, Gérard Araud. Avant la réunion du Conseil de sécurité, le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, avait souligné qu’il était temps pour le conseil de condamner la Syrie. « Je pense qu’il est nécessaire pour les pays au Conseil de sécurité qui hésitent encore de changer d’avis. Je suis réellement choqué par ce que j’ai entendu des atrocités en Syrie », a-t-il dénoncé.
VIOLENCES ET ÉLECTIONS
Les violences n’ont pas cessé lundi 12 décembre : les opérations des forces de sécurité ont fait au moins 15 morts dans les régions de Homs (Centre), Idleb (Nord-Ouest) et Hama (Centre), selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Pendant ce temps, plus de 14 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour désigner leurs représentants dans les municipalités, le premier scrutin organisé depuis le début du mouvement de contestation sans précédent contre le régime. « Les élections se déroulent dans le calme, dans un climat démocratique et il y a une bonne affluence », a déclaré le chef du Haut Comité des élections, Khalaf Al-Ezzawi, alors que les opposants ont lancé une campagne de désobéissance civile commencée dimanche par une grève générale.
 

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