Karachi : ce jeudi, Renaud Donnedieu de Vabres mis en examen

Nouvel Observateur 15-12-2011

Les juges enquêtent sur des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne de Balladur en 1995.

Renaud Donnedieu de Vabres (UMP), ancien ministre de la Culture sous Jacques Chirac, a été mis en examen dans l’affaire Karachi, ont indiqué les familles des victimes, jeudi 15 décembre. Il avait passé la nuit de mardi à mercredi en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur le volet financier de ce scandale lié à des ventes d’armes françaises.
Renaud Donnedieu de Vabres était le conseiller spécial de François Léotard, ministre de la Défense de 1993 à 1995. Les juges veulent savoir si des commissions, versées légalement en marge de contrats d’armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l’Arabie saoudite (frégates Sawari II), ont donné lieu à des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne présidentielle de l’ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995.
Les rétrocommissions pakistanaises pourraient être liées à un attentat en mai 2002 à Karachi, dans lequel 15 personnes dont 11 Français ont été tuées.
Des versements en espèces sur le compte de Balladur
Entendu comme témoin en novembre 2010, Renaud Donnedieu de Vabres avait réfuté tout lien dans la négociation du contrat de ventes de sous-marins au Pakistan avec le financement de la campagne Balladur en 1995. L’enquête a mis au jour le versement d’importantes sommes en espèces sur le compte de campagne d’Edouard Balladur, d’un total 20 millions de francs (3 millions euros) dont 10 millions en une seule fois au lendemain du 1er tour.
Selon des témoignages versés au dossier, deux intermédiaires, dont le Franco-libanais Ziad Takieddine inculpé dans ce dossier, auraient été imposés par le pouvoir politique, notamment par Renaud Donnedieu de Vabres, peu avant la conclusion du contrat Agosta conclu le 21 septembre 1994.
Ce dernier avait reconnu devant le juge avoir rencontré les deux intermédiaires au ministère de la Défense.
Dans cette affaire, deux proches du président Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire ont été inculpés. Nicolas Sarkozy était ministre du Budget et porte-parole de la présidentielle de 1995.
Lors d’une séance houleuse à l’Assemblée, mercredi, les députés socialistes ont mis directement en cause le président de la République. « Qui peut imaginer qu’un système aussi complexe (…) ait pu être monté sans que Nicolas Sarkozy, compte tenu de ses fonctions ministérielles et de ses fonctions au sein de la campagne de Balladur, n’ait pas été mis au courant ? », a demandé le socialiste Claude Bartolone.
Le Nouvel Observateur
 

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