France – O secours ! les éléments de langage arrivent : La perte du triple A serait imminente, le gouvernement dédramatise

Nouvel Obs Créé le 16-12-2011

 Le gouvernement prépare l’opinion à la perte du triple A

 Après avoir dramatisé la possible perte de la note française durant des semaines, Sarkozy et ses ministres préparent l’opinion aux « secousses ».

Du chef de l’Etat au Premier ministre en passant par le ministre des Affaires étrangères, l’exécutif était plus que jamais sur le pont jeudi 15 décembre pour tenter de déminer les effets d’une éventuelle dégradation du précieux « triple A » de la France, que certains considèrent comme imminente.
Depuis Sao Paulo, au Brésil, François Fillon a jugé probables de nouvelles « secousses », même si « ce qui importe, ce n’est pas (le) jugement d’un jour » des agences de notation mais « la trajectoire politiquement structurée et budgétairement rigoureuse » suivie par Paris et Bruxelles.
Après avoir dramatisé la possible perte du « AAA », qui se traduirait vraisemblablement par une hausse des taux d’intérêt pesant sur les plus de 1.650 milliards d’euros de dette publique française, le gouvernement s’emploie désormais à la dédramatiser.
Le président Sarkozy a donné le ton lundi dans une interview au Monde, assurant que « ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable. »
Le verdict approche
L’agence de notation américaine Standard & Poor’s (S&P) a placé, le 5 décembre, le « triple A » français, la meilleure note possible, sous « surveillance négative », avec les notes de 14 autres des 17 pays de la zone euro, dont l’Allemagne. En clair, elle envisage de l’abaisser dans les prochains jours.
 La France se singularise: elle est la seule à être menacée d’une dégradation de deux crans de sa note. S&P a prévenu qu’elle ne tarderait pas à rendre son verdict, tirant les conclusions du sommet de Bruxelles de la semaine dernière, qui ne semble pas l’avoir convaincue, pas plus que ses consoeurs Moody’s et Fitch d’ailleurs.
Depuis, les déclarations des dirigeants français se succèdent et se ressemblent. « Vous aurez constaté que depuis le week-end dernier on a pris les devants », glisse une source proche du gouvernement.
« Pas un cataclysme »
La perte du triple A « ne serait pas un cataclysme » même si elle ne serait pas une « bonne nouvelle », a encore estimé mercredi le chef de la diplomatie française Alain Juppé, dans une interview aux Echos.
Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Ecologie, pourtant pas en première ligne sur ce dossier, a admis jeudi sur France Info qu’un abaissement de la note serait un « inconvénient en plus ». Mais, selon elle, l’exemple des Etats-Unis à montré que l’on « pouvait vivre avec » et que « l’économie continuait à tourner ». Comme les ministres des Finances et du Budget, François Baroin et Valérie Pécresse, elle s’est employée à minimiser la menace particulière qui pèse sur Paris. « C’est une crise de l’ensemble de la zone euro, contrairement à ce que voudraient faire croire certains en France, qui accusaient la gestion du gouvernement », a-t-elle répliqué à l’opposition socialiste.
« Un échec très grave pour Nicolas Sarkozy »
François Hollande, le candidat du PS à la présidentielle, a déclaré mercredi qu’il ne « souhaitait pas » une dégradation de la note de la France mais estimé qu’elle serait « un échec très grave pour Nicolas Sarkozy ». Quant à Laurent Fabius, il a fustigé le « bilan cataclysmique » du président de la République avec « un million de chômeurs » et « 500 milliards de dettes en plus » pendant son quinquennat.
Les propos rassurants du gouvernement sont jugés lénifiants par nombre d’économistes, qui redoutent une flambée des taux d’intérêt pesant sur la dette française, surtout si l’abaissement de la note devait être de deux crans.
La France, font-ils valoir, ne dispose pas, avec l’euro en partage, de la monnaie de réserve que constitue le dollar américain. Elle ne pourrait compter de la même manière sur le dynamisme de son marché intérieur. Quant à ses bons du Trésor, ils n’inspireraient pas la même confiance aux investisseurs que ceux émis par le Trésor américain.
Les plus pessimistes redoutent une spirale infernale comparable à celles que connaissent la Grèce ou l’Italie.
 

A propos kozett

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