Débat : Comment sauver la protection sociale ?

Des idées pour financer la protection sociale

Sept think tanks analysent le modèle social et proposent des ajustements et alternatives à son financement.
Pour Henri Sterdyniak et Vincent Touzé (OFCE), « il n’existe malheureusement pas de réforme miracle du financement qui améliorerait la compétitivité des entreprises françaises sans dégrader à court terme le pouvoir d’achat des ménages ».
Mais face à « cette équation qui semble insoluble » dans la « situation de surendettement public », Nicolas Bouzou (Fondapol), propose d' »optimiser les coûts » dans le domaine de la santé, en concentrant les financements publics « sur les pathologies les plus lourdes » – les autres devant sortir du champs de la solidarité, pour entrer dans celui de l’assurance.
« La compétitivité étant la clé du financement de la protection sociale », Alexia de Monterno (Institut Montaigne) préconise elle aussi de « distinguer ce qui relève de l’assurance » – ce qui doit « peser sur le coût du travail » – et ce qui relève de la solidarité – du « contributif ».
Olivier Ferrand (Terra Nova) rejoint le diagnostic de Nicolas Bouzou et Alexia de Monterno sur le caractère « anti-économique » du financement de la protection sociale française. Mais, selon lui, la réforme de la protection sociale doit viser, en plus de « la neutralité économique », « la neutralité au regard du travail et une plus grande solidarité sociale ».
La « solution idéale » étant alors, selon lui, la fusion des impôts sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG) évoquée dans le programme du Parti socialiste. A l’inverse de la TVA sociale qui « revient à remplacer des cotisations patronales, aujourd’hui payées par les employeurs, par de la TVA payée par les ménages », Marisol Touraine (Fondation Jean-Jaurès) propose de « mettre à contribution l’ensemble des revenus de la même manière, en particulier les revenus du patrimoine et les revenus de placement ». Elle préconise également d’élargir l’assiette de la CSG, et de maîtriser les dépenses sociales par des réformes structurelles.
Pour Jean-Marie Harribey et Vincent Drezet (Attac), le cœur d’un nouveau dispositif de financement se situe dans « un remodelage important du partage de la valeur ajoutée, à la source de la répartition des revenus – et non de la consommation – en élargissant l’assiette des cotisations sociales à l’ensemble de la valeur ajoutée ».
Enfin, Baptiste Petitjean (Res Publica) affirme qu' »on ne peut pas financer la protection sociale sans base productive ». Il s’agit donc, selon lui, de « réindustrialiser la France pour stimuler la croissance et la création d’emplois, et financer la protection sociale ».
Le Monde  15 décembre 2011

>>> Lire aussi : Financer la protection sociale, casse-tête de 2012, par Jean-Baptiste Chastand.

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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