Débats 2012 – Terra Nova décortique le bilan de Sarkozy – les bilans, thème par thème sur le site : Débats2012.

 Par Le Nouvel Observateur Créé le 15- Mis à jour le 19-12-2011

 Sécurité, déficit, emploi, retraites, éducation… En partenariat avec « le Nouvel Observateur », le site Débats2012 analyse les résultats de cinq ans de sarkozysme.

Après la primaire socialiste et la victoire de François Hollande, la fondation Terra Nova, en partenariat avec « le Nouvel Observateur », relance le site Debats2012 pour suivre l’élection présidentielle. Retrouvez dès maintenant le bilan complet de Nicolas Sarkozy : thème par thème, les experts de Terra Nova ont analysé les engagements du chef de l’Etat et les résultats obtenus cinq ans après.
1. Les moyens de l’Education nationale
Budget
Le budget du ministère de l’Education nationale ne représentait plus que 21% du budget de l’Etat en 2010 contre 28% en 2007.
Moyens humains
Depuis 2002, la baisse a aussi été notable en ce qui concerne les moyens humains consacrés à l’éducation : plus de 154.700 postes d’enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2011. Ces suppressions de postes se sont accélérées avec Nicolas Sarkozy au nom du principe de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique : près de 16.000 postes budgétaires ont été supprimés en 2010 et 2011 contre 8.700 en 2007. Seuls 5% des suppressions d’emploi ont enfin affecté l’enseignement privé sous contrat entre 2004 et 2009 alors qu’il scolarise 20% des élèves, plutôt socialement favorisés.
Statut des enseignants
A côté de cette baisse des effectifs, la politique de la droite n’a pas permis de revaloriser le statut des enseignants. Selon une étude récente de l’OCDE, leur rémunération a connu un déclin relatif en comparaison européenne. En ce qui concerne la formation des enseignants, Nicolas Sarkozy a mené une réforme très contestée : la « masterisation » du métier a suscité un mouvement de protestation, du primaire à l’enseignement supérieur et la recherche. Car cette réforme a posé rapidement plusieurs problèmes. Le vivier de candidats aux métiers enseignants a fortement régressé en 2010 et 2011 : ils étaient ainsi 18.000 candidats au professorat des écoles en 2010, contre 34.952 en 2009.
> A lire : Tous les bilans sur l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche et la jeunesse 
  2. La lutte contre le chômage
Le dernier gouvernement de gauche avait ramenéle taux de chômage de plus de 10 à 7,8% de la population active. Mais il est fortement reparti à la hausse depuis 2002, à 9,1% de la population active au deuxième trimestre 2011. Malgré la multiplication des effets d’annonce, la droite a échoué à faire redescendre le taux de chômage sous la barre des 9%. Pourtant, Nicolas Sarkozy avait annoncé le retour au plein emploi avant la fin de son quinquennat.
Politique de l’emploi
Nicolas Sarkozy restera finalement le recordman de la hausse la plus brutale du taux de chômage depuis trente ans avec une augmentation de 2,1 points en 2 ans. La spectaculaire remontée du chômage de longue durée depuis 2008 est aussi à mettre à son actif. Le nombre de chômeurs de longue durée a augmenté de 500.000 en 2 ans et a atteint des niveaux proches de ceux que la gauche avait trouvés en arrivant au pouvoir en 1997.
Baisse des moyens
Ce bilan négatif s’explique d’abord par une baisse des moyens accordés aux politiques de l’emploi. De 2002 à 2012, le budget de l’Etat en matière d’emploi est passé de 16,8 à 10,2 milliards d’euros, soit une baisse de 40%. Le taux de chômage, de son côté, a augmenté sur la période de plus de 1,3 point. Sur la nature des dépenses engagées, le gouvernement a privilégié la création d’exonérations de cotisations sociales, pour les entreprises, comme sur les heures supplémentaires, mais sans réelle contrepartie avec des effets d’aubaine significatifs et coûteux.
> A lire : Tous les bilans de la politique de l’emploi 
 3. La politique du logement
En 2007, Nicolas Sarkozy souhaitait instaurer une « France de propriétaires ». Cinq ans après, le logement est loin d’avoir été sa priorité. Si un effort a été réalisé sur la rénovation du bâti, l’Etat s’est largement désengagé de la construction de logements sociaux et le gouvernement n’a pas apporté de réponse à la hausse déraisonnable des prix.
Rénovation urbaine
Dans la continuité de la politique de la ville, le programme national de rénovation urbaine (PNRU), lancé en 2003, a conduit à un véritable effort pour la transformation des quartiers populaires. Cet effort souffre toutefois d’une incertitude sur la pérennité de son financement. Et si le bâti a évolué sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, les problèmes de qualité urbaine et d’égalité des chances dans les quartiers populaires n’ont cependant pas été résolus.
Construction de logements sociaux
Hors programme de rénovation urbaine, le nombre de logements sociaux réalisés a augmenté en continu depuis 10 ans : près de 55.000 en 2002, 104.000 en 2008 et un peu plus de 130.000 en 2010. Cette hausse n’est cependant pas liée à une politique particulière de l’Etat mais à un effort des collectivités locales. Les pouvoirs publics se sont même désengagés de la construction de logements sociaux. La subvention de l’Etat pour construire un logement social ordinaire a ainsi diminué de 60% entre 2009 et 2010.
Accès à la propriété
Malgré les promesses de Nicolas Sarkozy, le pourcentage de Français propriétaires de leur résidence principale n’a quasiment pas évolué entre 2007 et 2010, à 57% selon l’Insee. La politique du gouvernement pour faire augmenter ce chiffre a cependant eu un fort impact budgétaire.
> A lire : Tous les bilans sur le logement et la politique de la ville
> Retrouvez tous les bilans, thème par thème, du quinquennat de Nicolas Sarkozy sur le site  Débats2012.
 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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