La déconstruction d’une centrale nucléaire

France InfoGilles Halais Radio France/ edf
 
 Programme de déconstruction d’ici 2030
Neuf réacteurs, répartis sur six sites, sont à l’arrêt en France (voir notre carte). Leur déconstruction, prévue d’ici 2030, se fait en trois phases (source : edf) :
Phase 1 : mise à l’arrêt définitif de la centrale _ Déchargement du combustible et vidange de tous les circuits (99,9% de la radioactivité présente sur le site est éliminée), puis mise à l’arrêt définitif (démontage d’installations non nucléaires définitivement mises hors services).
Phase 2 : démantèlement partiel _ Démontage des équipements et de tous les bâtiments (à l’exception du bâtiment réacteur), conditionnement et évacuation de l’ensemble des déchets vers les centres de stockage agréés et mise sous surveillance du bâtiment réacteur. _ Ces deux premières phases sont effectuées au cours des dix années qui suivent l’arrêt de la centrale. Une période d’attente peut ensuite s’avérer nécessaire pour permettre la décroissance radioactive dans le bâtiment réacteur. – A l’origine, il était prévu d’attendre 40 à 50 ans après l’arrêt de la centrale. En Grande-Bretagne, 100 ans ! (ndlr).
Phase 3 : démantèlement total _ Démontage complet du bâtiment réacteur, ainsi que des matériaux et équipements encore radioactifs et évacuation des déchets. A la fin de cette étape, qui dure environ 10 ans, la surveillance n’est plus nécessaire. Le site peut être réutilisé. Combien ça coûte ? _ Environ 3 milliards d’euros pour l’ensemble des 9 centrales nucléaires de première génération (toujours d’après edf).
Et les déchets ?  Comme les déchets des centrales en fonctionnement. Ils sont transportés vers des centres de stockage. La déconstruction des neuf installations nucléaires actuellement à l’arrêt produira : – 800.000 tonnes de déchets “conventionnels”, exempts d’éléments radioactifs, – 165.000 tonnes de déchets radioactifs destinés à un stockage définitif après conditionnement, dont 2,5% sont des déchets radioactifs à vie longue.

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La centrale de Brennilis était supposée être la première centrale nucléaire à subir un « démantèlement total » en France sous le contrôle d’EDF et du CEA.
La CRIIRAD a réalisé en mars 2006 des prélèvements de mousses aquatiques à proximité de la centrale, derrière la STE (Station de Traitements des Effluents). On y trouve plusieurs éléments radioactifs provenant incontestablement de la centrale : césium 137 et cobalt 60, mais aussi, dans une concentration anormalement élevée, de l’actinium 227 (très radiotoxique) d’origine indéterminée.
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De fait, les gouvernements successifs retardent  les travaux comme ils le peuvent afin de ne pas avoir à financer le coût énorme du démantèlement d’une ou plusieurs centrales. Et la France ayant opté pour le tout nucléaire, les dossiers repassent d’un gouvernement à l’autre, comme une patate chaude.

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