Le magazine Que Choisir dénonce une valse des étiquettes dans les grandes surfaces

France Info – 3 janvier 2012
Le magazine Que Choisir fait le point sur les prix dans la grande distribution : son chariot témoin a augmenté de 6.8% en un an, une hausse bien supérieure à l’inflation.
 
Dans son numéro de janvier, le magazine a relevé les prix d’un chariot rempli d’une trentaine de produits de marques pour pouvoir comparer d’une enseigne à l’autre. Ce sont des produits de grande consommation : des rayons épicerie, boissons, ultra frais, surgelés mais également des rayons hygiène-beauté, entretien, bébé et animaux domestiques.
Avec cette liste de courses, Que choisir a relevé les prix dans plus de 1.700 grandes surfaces, aussi bien des hypers que des supermarchés, dans pratiquement toute la France. Au final, plus de 120.000 prix ont été décortiqués.
Entre 2010, date d’un précédent relevé, et 2011, les prix ont augmenté de 6,8 %. Alors que le chariot coûtait en moyenne 46,74 € en 2010, en 2011, il a fallu débourser 49,93 € pour acheter les mêmes produits.
Comparé à l’inflation officielle calculée par l’Insee qui est de l’ordre de 2,5 % en 2011, c’est plus du double.
Parmi les produits ayant le plus augmenté, on peut citer la viande, surtout la viande bovine, mais aussi le café, l’huile, les produits laitiers, les céréales, les biscuits, les boissons aux fruits et sodas. Avec pour certains de ces produits des hausses à deux chiffres : + 23 % pour certaines marques de café, + 15 % pour de l’huile de tournesol ou de colza, + 12 % pour certains desserts lactés ou des pâtes à tartiner aux noisettes.
Quelques baisses aussi, moins de 1 % de diminution, donc il vaudrait mieux parler de prix qui stagnent. La seule véritable baisse relevée concerne de la charcuterie, des rillettes du Mans, en baisse de 4 %.
L’envolée des cours de certaines matières premières ces deux dernières années a indiscutablement renchéri le coût de fabrication. C’est le cas pour le café, le blé… Pour autant les industriels n’en ont-ils pas profité pour accroître leur prix de vente ? La grande distribution l’affirme. Et Michel-Edouard Leclerc a été le premier à monter au créneau pour dénoncer ces hausses inadmissibles qui venaient amputer le pouvoir d’achat des ménages. Et, pour rendre encore plus crédibles ces propos, il a refusé par exemple de vendre dans ses magasins les produits Lactalis, c’est-à-dire le lait Lactel, le beurre et le camembert Président.
Mais la grande distribution ne mérite pas pour autant un prix de vertu. Que choisir constate que dans un contexte de hausse des prix de fabrication, l’occasion est trop belle pour les grandes surfaces d’en profiter pour pousser les étiquettes et accuser l’industrie agro-alimentaire.
Le rapport Chalmin remis d’ailleurs en juin dernier au Président de la République ne fait que confirmer les analyses de Que Choisir : Quand les prix augmentent au niveau de la production, la grande distribution profite de l’aubaine pour accroître ses marges. Quand les prix baissent à la production, les prix dans les grandes surfaces baissent rarement, au mieux, ils stagnent.
Il s’agirait des premiers signes d’une flambée des prix générale. Mais pour éviter les chutes de ventes, les distributeurs tentent de masquer les augmentations… avec des promotions.
Une année de hausses de prix
Une des méthodes utilisées par la grande distribution : l’inflation masquée. Il suffit de modifier le poids d’un produit, ou d’appauvrir sa recette et de conserver le même prix au paquet : Surveillez de près les prix au litre et au kilo, car ils peuvent s’envoler sans que le prix unitaire bouge”, prévient le magazine.

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