Clermont-Ferrand – Décès de l’homme interpellé lors de la nuit de la Saint Sylvestre

LEMONDE | 09.01.12

A Clermont-Ferrand, l’homme dans le coma à la suite de son interpellation est mort

 L’homme tombé dans le coma depuis son interpellation mouvementée lors de la nuit de la Saint-Sylvestre est mort lundi 9 janvier, a annoncé son avocat, alors que plusieurs centaines de membres des forces de l’ordre sont déployées par crainte de nouvelles violences dans son quartier de Clermont-Ferrand.
Avant sa mort, un lourd dispositif de sécurité était déjà maintenu lundi, à la suite des tensions ce week-end. Dans la nuit de dimanche à lundi, trois personnes ont été interpellées et quelques voitures brûlées. Un niveau de vandalisme « nettement inférieur aux nuits précédentes », selon la préfecture. Entre vendredi et dimanche, ce sont en effet une cinquantaine de véhicules qui sont partis en fumée. Six personnes avaient été interpellées, et leur garde à vue a été prolongée dimanche soir. 
Face aux dégradations, qui durent depuis quatre nuits, le préfet du Puy-de-Dôme, Francis Lamy, avait averti qu’il ne laisserait « pas s’installer de zone de non-droit à Clermont-Ferrand ». Dimanche, le dispositif de sécurité a donc été considérablement renforcé : deux cent cinquante hommes étaient prévus sur le terrain, mais « on est monté au cours de la nuit jusqu’à quatre cent vingt », épaulés par deux hélicoptères, selon la préfecture.
UNE INTERPELLATION « MUSCLÉE »
Ces événements font suite à l’interpellation « musclée », durant la nuit de la Saint-Sylvestre, de Wissam El-Yamni, un homme de 30 ans, dans le quartier de la Gauthière, classé « zone urbaine sensible ». Selon la version des forces de l’ordre, l’homme s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule. Très « excité », il était, toujours selon eux, sous l’emprise de cannabis, d’alcool et de cocaïne. Après une course-poursuite, il aurait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il est tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport selon la police. Il n’avait pas d’antécédents médicaux. Wissam El-Yamni présentait des fractures et des lésions au cou lors de l’arrivée des secours.
« L’interpellation a été musclée car l’homme était très excité », a admis le procureur. Après enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), une information judiciaire pour coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation.
TÉMOIGNAGES
Un reportage de Mediapart (lien payant) rapporte le témoignage d’une personne qui a assisté à la scène de sa fenêtre. Elle raconte : « On l’a vu couché sur le ventre, les menottes dans le dos avec une patrouille de police. On s’est dit ‘c’est bon, il s’est fait attraper, encore un qui va commencer la nouvelle année en garde à vue’. Sauf que suite à ça, nous avons vu une dizaine de voitures de police arriver, en une minute, dont quatre banalisées. Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte ‘Trois-deux-un go’ et ils lui ont mis des coups. »
Le quotidien régional La Montagne retrace également le fil des événements cette nuit de la Saint-Sylvestre : selon eux, les policiers seraient arrivés vers 2h30, à la suite d’un coup de téléphone les alertant de  la présence au sol d’un homme inanimé. Or, lorsqu’ils arrivent, nul homme au sol mais quelques jeunes assis sur un banc, dont Wissam El-Yamni, qui leur lance des projectiles. Après une course-poursuite, « il est mis au sol par le chien, menotté, placé dans le véhicule puis aspergé avec une bombe de gaz lacrymogène », raconte le quotidien.

Samedi après-midi, environ cinq cents à six cents personnes ont défilé silencieusement  à Clermont-Ferrand pour réclamer justice pour la victime. Les organisateurs avaient demandé qu’il n’y ait « pas de violence » dans la soirée.
 
 

A propos kozett

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