Rase-mottes électoral

France Info – 9 janvier 2012 – Patrice Bertin
A première vue, à une centaine de jours du premier tour, la pré-campagne présidentielle a déjà battu tous les records d’approximations, de gaffes, lapsus, boulettes, fautes de goût, invectives ou insultes. 
Ca vole bas, comme si le niveau du débat démocratique devait être inversement proportionnel à la gravité des enjeux.

Au hit-parade du rase-mottes électoral, les dernières prouesses viennent d’Eva Joly qui invite la gauche à se rassembler autour de… François Mitterrand; et de Jean-Luc Mélenchon qui rembarre un contradicteur avec ce bon mot : « j’ai un problème avec les cons » avant de s’apercevoir de la présence des journalistes et de s’exclamer  « merde, ils sont là ! »

Hélas ils sont partout les journalistes ! Ils sont là quand Nadine Morano s’engueule avec une humoriste de France Inter ou se fait moucher par l’animateur de RMC sur le taux de TVA en Allemagne. Quand Sarkozy qualifie Hollande de « François le petit » ou le compare à Guy Bedos. Quand son entourage appelle le candidat socialiste « Mimolette ». Quand, en face, François Hollande, pour faire un bon mot, présente Sarkozy comme un « sale mec », etc…

Bien sûr, aucun de ces dérapages plus ou moins contrôlés n’a valeur d’argument. Et c’est bien ça le problème. L’électorat est pour l’instant coincé entre le flou de Hollande et les zigzags de Sarko. Entre un candidat déclaré au programme virtuel et un candidat virtuel au programme non déclaré.

Pardon, mais il ne suffit pas d’appeler Jeanne d’Arc à la rescousse pour réveiller les électeurs de droite, ni d’invoquer les « forces de l’esprit » chères à feu Mitterrand pour rallumer la flamme vacillante des électeurs de gauche. Comme pourrait dire Montebourg, il serait temps pour les « impétrants » de ranger les slogans et de sortir les idées.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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